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Ma santé au quotidien

Le patient de la semaine : les non observants

[ Publié le 27 mai 2015 ]

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Une bonne observance, c’est quoi ?

Avoir une bonne observance signifie prendre correctement, régulièrement et rigoureusement son traitement comme votre médecin vous le prescrit ; mais aussi suivre ses conseils hygiéno-diététiques, effectuer les examens demandés, et aller aux rendez-vous médicaux de contrôle.

La mauvaise observance, c’est quoi ?

C’est quand on ne prend pas bien son traitement. Ne pas prendre correctement votre traitement peut vous mettre en danger. Voici quelques exemples à ne pas suivre…

Phrase n°1 : « J’oublie mon antihypertenseur régulièrement mais je ne vais pas le dire à mon médecin, il me gronderait. »
Surtout pas, il pourrait croire que le traitement prescrit est inefficace et ajouter une seconde classe pharmaceutique, avec donc un risque d’effets secondaires supplémentaire.

Il faut toujours dire la vérité à son médecin.

 

Phrase n°2 : « Je ne vais quand même pas prendre un médicament pour le cholestérol toute ma vie. Les analyses sont bonnes, je vais arrêter. »
Non, c’est parce que vous prenez bien votre traitement que les analyses sont bonnes.

Il ne faut pas arrêter de soi-même un traitement chronique sous prétexte que l’on va mieux.

Il faut toujours en discuter avec son médecin qui connait vos autres facteurs de risques, les dangers que vous courez à arrêter.

Attention, ce n’est pas parce que l’on a plus de symptômes que l’on est guéri.

 

Phrase n°3 : « J’en ai marre, je n’y comprends rien, j’ai trop de médicament, j’arrête tout. »
Non, surtout pas, certains de vos traitements sont essentiels.

N’hésitez pas à demander à votre pharmacien de vous faire un plan de posologie.

 

Phrase n°4 : « Cela me barbe, de toute façon, il faut bien mourir de quelque chose. »
Il est difficile dans certaines maladies chroniques sans aucun symptôme, avec aucune douleur d’accepter des contraintes pour des complications à long terme. Je pense en particulier au diabète, au glaucome.

Il faut comprendre l’enjeu de votre traitement, et les risques que vous prenez à ne pas le suivre.

Est-ce que cela ne vaut pas le coup de penser à mettre une goutte tous les soirs pour ne pas finir aveugle ?

 

Phrase n°5 : « Cinq jours que je n’ai pas pris mon comprimé ; j’avais la flemme de venir à la pharmacie. »
Phrase que j’entends souvent, alors que parfois mon patient habite à moins de 500 mètres de l’officine. Je lui explique à nouveau les risques qu’il prend en oubliant, en lui faisant parfois volontairement un peu peur.

Ne pas repousser le renouvellement, ne pas attendre qu’il ne reste qu’un comprimé dans la boite.

Vous pouvez venir chercher votre traitement renouvelable si 21 jours se sont écoulés depuis la dernière délivrance (sauf conditionnements trimestriels).


Phrase n°6 : « Le comprimé du matin, pas de soucis ; par contre avec les enfants, les bains à donner, le dîner à préparer, j’oublie toujours le comprimé du soir. »

Une seule prise, c’est l’idéal, quand cela est possible.

Discuter avec votre médecin ou votre pharmacien si vous ne pouvez pas prendre vos comprimés au même moment.

Vous pouvez également mettre une alarme sur votre téléphone, accompagner la prise d’un geste rituel (brossage de dent, coucher…), laisser la plaquette bien en évidence hors de portée des enfants.

 

Phrase n°7 : « Quand on est en vacances, j’oublie toujours ma pilule. »
Gare à vous, un seul oubli et vous pouvez être enceinte.

Attention aux périodes où le quotidien est bouleversé (décès, déménagement, week-end, vacances, arrivée d’un bébé…), les oublis sont fréquents.

Il faut anticiper le renouvellement de son traitement, mettre des alarmes, des post-it, impliquer ses proches, avoir une plaquette de secours dans son sac…


Phrase n°8 : « Je n’arrive pas à faire prendre son traitement à mon fils, il refuse de l’avaler. »

Votre enfant doit prendre son traitement, tous les moyens sont bons : la fermeté, le jeu, le chantage, la promesse d’un sucrerie… On peut masquer le goût dans un fond de lait, de jus de fruit ou de grenadine, un peu de compote ou de petit-suisse, ou bien sucer un bonbon juste après.

 

Phrase n°9 : « Mon fils va à l’école, est-ce que je peux seulement lui donner deux prises au lieu de trois ? »
Cela dépend : parfois on décalera (une prise le matin, une au goûter, l’autre au coucher), parfois on pourra se permettre d’enlever la prise du midi, parfois on ne donnera que deux prises mais plus concentrées.

Si votre enfant ne peut pas respecter le bon nombre de prise, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien qui trouvera des solutions.

 

Phrase n°10 : « J’ai peur des effets secondaires, j’ai lu sur internet que l’on pouvait gonfler. »

En cas d’inquiétude, s’adresser à des professionnels de santé et non surfer sur des forums incompétents.

Tous les médicaments peuvent avoir des effets secondaires, mais votre médecin les connait, et choisit le médicament le mieux adapté à votre pathologie et le mieux toléré. Il faut savoir que le corps s’adapte le plus souvent à un nouveau traitement, et que beaucoup d’effets secondaires disparaissent avec le temps.

Ecouter les conseils de votre médecin ou de de votre pharmacien pour diminuer au maximum les effets secondaires (s’il faut prendre le traitement plutôt le matin, ou bien en mangeant, ou au contraire loin des repas, s’il faut réduire le sel…).

 

Phrase n°11 : « Je ne prends que mon bronchodilatateur, l’autre aérosol ne me sert à rien, je ne sens rien. »

Faux, ce n’est pas parce que vous ne ressentez pas les effets du médicament qu’il ne vous soigne pas.

Dans ce cas particulier de l’asthme, beaucoup de malades ne suivent pas correctement leur traitement de fond. Lutter contre l’inflammation est tout aussi important, même si vous n’en ressentez pas les effets de suite. Ce traitement vous permet de diminuer la fréquence et la gravité des crises. Dans beaucoup de traitements chroniques, les effets positifs ne se manifestent que tardivement.


Phrase n°12 : « Les comprimés sont trop gros, c’est un calvaire de les avaler, j’arrête. »
De nombreux adultes ont des difficultés à avaler leur traitement, et les industriels ont élaborées de nombreuses présentations pour une même molécule.

Si vous avez des difficultés à avaler vos médicaments, parlez-en à votre pharmacien, il existe de nombreuses galéniques.

 

 

En conclusion : il est normal de se lasser, d’oublier son traitement, et cela d’autant plus qu’un traitement est compliqué ou mal supporté.
C’est pourquoi, il est important de se motiver régulièrement. Pour cela, il faut comprendre les enjeux de votre traitement chronique et voir les bénéfices à long terme. Votre médecin ou votre pharmacien peut vous y aider.

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