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Une réflexion sur l'équilibre alimentaire

Diabète : rencontres d'un troisième type

[ Publié le 9 janvier 2018 ]

galette-rois

Je dédie ce billet

Aux sujets âgés

Qui ont droit

A la galette des rois.

Sans doute allez-vous vous interroger sur le rapport entre le diabète, le troisième type, le sujet âgé et la galette des rois.

C’est comme pour la fève : c’est une surprise !

 

Le troisième type et le sujet âgé

En fait, ça, vous le savez déjà. Pour la très bonne raison que je l’ai déjà abordé dans un billet précédent : quand le diabète n’est pas de type 1 ; ce n’est pas, par défaut, un type 2 ou un type 2.

Car le diabète de type 2, c’est un diabète dit « de la maturité », un diabète qui est fortement lié au poids, mais un diabète qui maintenant survient de plus en plus tôt, à mesure précisément que le surpoids s’installe de plus en plus tôt.

Aussi, au lieu de parler d’âge, tout court, parlons plutôt de l’âge de l’obésité.

 

En revanche,  quand on parle d’un diabète survenant sur le tard, après ou même nettement après 70 ans, chez un sujet qui n’est plus nécessairement en surpoids, voire qui est plutôt malingre ; nous ne parlons plus de la même chose : nous parlons cette fois d’un diabète de type 3.

(Bon, ça, c’est fait…)

 

Et la galette des rois ?

C’est là que le débat se corse. Réellement.

Posons la question crûment : un sujet âgé diabétique peut-il manger de la galette des rois, oui ou non ?

Alors, toubib (or not toubib, car je pense aussi aux rôles des proches) ?

 

L’air de rien, il y a un enjeu médical. Un enjeu de santé publique même, à travers le risque de déséquilibre d’une maladie fréquente. Et encore un enjeu amical, social, familial, voire affectif, et ce à une époque où les liens sociaux et mêmes familiaux tendent à se distendre.

La fête serait bien meilleure si toutes les générations pouvaient se retrouver autour du partage de la galette !

 

Dur à avaler

Je ne vous cache que c’est pour moi une scène difficile, humainement.

Bien sûr, nous, soignants, vivons quotidiennement avec la douleur (physique), la souffrance (psychique), et/ou la précarité (sociale). Mais c’est notre lot, nous l’avons choisi ; ne nous en plaignons pas un instant. Car nous avons de belles rencontres humaines aussi.

 

Mais ce qui est vraiment dur, c’est quand il n’y a pas réellement de maladie, tout au moins de maladie impliquant des contraintes dures – et ce n’est pas difficile de faire attention à chaque repas ? – et quand, pour autant, on s’impose ou on impose des contraintes comme si la maladie était bien là. Avec le risque d’une certaine désocialisation à la clé.

 

Bien sûr, nous parlons avec le diabète d’une glycémie anormalement élevée. Mais ce, depuis quand, quand on sait qu’il faut de nombreuses années pour voir apparaître des complications du diabète, et de nombreuses années encore pour que ces complications soient réellement graves ?

Et encore, si un traitement simple peut prévenir une hyperglycémie à la fois importante et pérenne, quel serait véritablement le problème ?

 

Vous n’êtes pas enceinte ?

Voici une question à un sujet âgé plus qu’incongrue, déplacée même.

Mais c’est à titre pédagogique, justement : pour dire qu’il y a le diabète du sujet jeune, pour lequel la glycémie doit être en-deçà de 1,000 g/l ; voire assez nettement en-deçà du gramme quand il y a une grossesse ; et le diabète donc du sujet âgé, pour lequel les critères de normalisation de la glycémie (la fameuse « hémoglobine glyquée ») ne sont plus du tout, mais alors plus du tout les mêmes.

 

Intelligence pratique

Oui, j’ai envie de parler ainsi, d’intelligence pratique, pour nous qui sommes praticiens. Je voudrais que nous sachions nous adapter pertinemment :

  • Si les occasions de goûter, de repas, sont nombreuses, chez tel ou tel sujet âgé ; eh bien tant mieux ! Mais si cela a un impact fortement négatif sur les glycémies (enfin, négatif, on se comprend : les glycémies montent…) ; alors une simple injection d’insuline, avec une durée d’action limitée à la journée, fera très bien l’affaire ;
  • Si c’est très occasionnel, mais que l’on observe pour autant un décrochage glycémique seulement après la communion, le mariage, la fête de Noël, etc., on peut très bien procéder à une injection de quelques unités d’insuline… seulement le jour J. Et c’est ainsi que l’on peut très bien être un intermittent de l’insuline !

 

Alors, bonne dégustation !

Et très bonnes poursuite de fêtes à tous, avec vos proches, tous ceux que vous aimez !

NOTRE EXPERT

Photo-Dr-Lalau

  • Jean-Daniel Lalau, nutritionniste

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