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Budget de la Sécu de 2015 : focus sur les maladies cardio-neurovasculaires

[ Publié le 23 février 2018 ]

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Le budget de la Sécurité sociale représente plus d'un dixième de la richesse nationale de notre pays. Voici la cartographie médicalisée des dépenses de 2015 venant du rapport "Améliorer la qualité du système de santé et maîtriser les dépenses" paru le 7 juillet 2017.

Notre système de sécurité sociale prend en charge vingt millions de patients ayant une maladie chronique et trente millions de personnes pour des soins courants grâce à plus d'un million de professionnels de santé. Les maladies cardio-neurovasculaires, les traitements du risque vasculaire (hypertension artérielle, cholestérol) et le diabète ont coûté en 2015 trente milliards d'euros et touchent 14,4 millions de personnes ce qui représente le deuxième poste de dépenses et touche un quart de la population des bénéficiaires de notre sécurité sociale.

 

Quelles sont les pathologies et leur coût en 2015 ?

Le régime général de la Sécurité sociale représente 134 milliards d'euros et l'ensemble des régimes 158 milliards d'euros.

Les cinq premières dépenses sont : 

1) Hospitalisations ponctuelles : 30,7 milliards d’euros (régime général) / 36,7 milliards d'euros (ensemble des régimes)

2) Maladies cardio-neurovasculaire, traitements du risque vasculaire (hypertension artérielle, cholestérol) et diabète : 25 / 30 milliards d'euros  

3) Maladies psychiatriques ou psychotropes : 19,3 / 22,5 milliards d'euros

4) Cancers : 14,1 / 16,8 milliards d'euros

5) Soins courants : 13,5 / 15,8 milliards d'euros

 

Quelles sont les répartitions des dépenses par pathologie ?

Sur l'ensemble des régimes, soit 158, 397 milliards d'euros, les dépenses sont réparties de la façon suivante :

  • 65,9 milliards d’euros (41,6%) pour les soins de ville (médecins, médicaments...).
  • 71,944 milliards d’euros (45,4%) pour les hospitalisations.
  • Les consultations médicales représentent un coût de 14,4 milliards d’euros (8,8%) et les médicaments 3,633 milliards d’euros (2,3%).

 

Le top 10 des dépenses :

1) Maladies psychiatriques ou psychotropes : 22,476 milliards d’euros (14%) avec 6,709 milliards pour les soins de ville et 10,881 milliards (48,4%) pour les hospitalisations.

2) Cancers : 16,77 milliards d’euros (11%) avec 6,373 milliards pour les soins de ville et 9,344 milliards (55,7%) pour les hospitalisations.

3) Maladies cardio-neurovasculaires : 15,786 milliards (10%) avec 6,804 milliards pour les soins de ville et 7,91 milliards (50,1%) pour les hospitalisations.

4) Diabète : 8,068 milliards (5%) avec 6,738 milliards pour les soins de ville (84%) et 810 millions pour les hospitalisations.

5) Maladies neurologiques ou dégénératives : 6,665 milliards (4%) avec 4,249 milliards pour les soins de ville (64%) et 1,885 milliard pour les hospitalisations.

6) Maladies inflammatoires ou rares ou sida : 5,9 milliards (3,7%) avec 4,074 milliards pour les soins de ville (69%) et 1,361 milliard pour les hospitalisations.

7) Traitements du risque vasculaire : 5,893 milliards (3,7%) avec 4,65 milliards pour les soins de ville (79%) et 333 millions pour les hospitalisations.

8) Insuffisance rénale chronique terminale : 4,055 milliards (2,6%) avec 1,227 milliards pour les soins de ville et 2,748 milliards (68%) pour les hospitalisations.

9) Maladies respiratoires chroniques : 3,4 milliards (2,1%) avec 2,116 milliards (62%) pour les soins de ville et 978 millions pour les hospitalisations.

10) Maladies du foie et du pancréas : 2,099 milliards (1,3%) avec 1,36 milliard pour les soins de ville (65%) et 578 millions pour les hospitalisations.

 

Quel est le nombre de bénéficiaires pour chaque pathologie ?

Le régime général bénéficie à 57,1 millions de personnes :

  • hospitalisations ponctuelles : 7,827 millions (13,7%) ;
  • traitements du risque vasculaire : 7,527 millions (13,2%) ;
  • traitements psychotropes : 5,343 millions (9%) ;
  • maladies cardio-neurovasculaires : 3,766 millions (6,6%) ;
  • diabète : 3,107 millions (5,4%).

 

Les pathologies et traitements chroniques représentent 60% des dépenses et concernent 35% de la population soit près de vingt millions de personnes

 

Quel était le coût moyen annuel par pathologie en 2015 ?

Le top 5 des dépenses moyennes annuelles (en 2015) avec répartition entre soins de ville ou d'hospitalisation était :

1) Insuffisance rénale chronique : 43.549 euros par patient, 68% d'hospitalisation

2) Cancers actifs : 11.420 euros par patient, 60% d'hospitalisation

3) Maladies cardio-neurovasculaires aiguës : 9.815 euros par patient, 82% d'hospitalisation

4) Maladies psychiatriques : 7.097 euros par patient, 67% d'hospitalisation

5) Maternité : 6.152 euros par patient, 45% d'hospitalisation

 

Le diabète coûte annuellement par patient 2.177 euros (83% de soins de ville) et le traitement du risque vasculaire (HTA et cholestérol) 665 euros par personne (78% de soins de ville).

 

Quelle est l'évolution des effectifs par pathologie entre 2012 et 2015 ?

Le top 5 d'augmentation des effectifs par pathologie entre 2012 et 2015 est :

1) Les hospitalisations ponctuelles : + 335.000 patients (+1.5%)

2) Les maladies cardio-neurovasculaires : + 332.000 patients (+3.1%)

3) Le diabète : + 254.300 patients (+2.9%)

4) Les maladies respiratoires chroniques : + 134.600 (+1.5%)

5) Les maladies inflammatoires ou rares ou sida : + 104.300 (+3.8%)

 

Et 4 groupes ont des effectifs qui diminuent entre 2012 et 2015 :

1) Les traitements du risque vasculaire : - 245.500 (-1.1%)

2) Les maladies psychiatriques ou psychotropes : – 102.600 (-0.5%)

3) La maternité : - 55.200 (-1.4%)

4) Les traitements antalgiques ou anti-inflammatoires : - 58.000 (-1.3%)

 

Quelle est l'évolution des dépenses par pathologie entre 2012 et 2015 ?

Le top 5 d'augmentation des dépenses par pathologie entre 2012 et 2015 est :

1) Les hospitalisation ponctuelles : + 2,12 milliards (+2,4%)

2) Les cancers : + 1,568 milliard (+4%)

3) Les maladies psychiatriques ou psychotropes : + 1,279 milliard (2,3%)

4) Les maladies cardio-neurovasculaires + 1,206 milliards (+3,3%)

5) Les soins courants : + 941 millions 

 

Et seuls les traitements du risque vasculaire baissent en coût : - 325 millions (-2,1%).

 

Que retenir de tous ces chiffres faramineux pour un cardiologue ?

Le budget "maladies cardio-neurovasculaires, traitement du risque vasculaire (hypertension artérielle et cholestérol) et diabète" a coûté en 2015, 30 milliards d'euros, c'est le deuxième poste budgétaire de la sécu.

 

7,5 millions de patients ont un traitement du risque vasculaire, près de 4 millions ont une maladie cardio-neurovasculaire et plus de 3 millions sont traités pour un diabète. Le coût annuel par patient d'une maladie cardio-neurovasculaire aiguë est d'un peu moins de 10.000 euros, celui du diabète de plus de 2000 euros et celui du traitement du risque vasculaire de moins de 700 euros.

 

Entre 2012 et 2015 le nombre de patients ayant une maladie cardio-neurovasculaire a progressé de 332.000, celui de diabétiques de 254.300 alors que celui du traitement du risque vasculaire a diminué de 245.500.

Les médecins spécialistes en prévention cardiovasculaire s’inquiètent de cette baisse de la prise en charge qui est un indicateur très significatif de la mauvaise observance des traitements antihypertenseurs et des statines.

Les conséquences de ce désintérêt des pouvoirs publics et de la population pour la prévention des maladies cardiovasculaires devraient conduire à observer une augmentation des pathologies cardio-vasculaires dans les années à venir. 

 

Pour en savoir plus : 

NOTRE EXPERT

Gallois

  • Hervé Gallois, cardiologue

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