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Actualités santé

Troubles auditifs du nourrisson : ne fermez pas les yeux sur leurs oreilles !

[ Publié le 6 juin 2018 ]

En France, un enfant sur mille naît avec une surdité sévère ou profonde. Un dépistage précoce est essentiel pour lui éviter des difficultés d’apprentissage

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« Erwan est encore dans la lune ! » La petite phrase, lâchée sans malice par une tante goguenarde, vrille le cœur de Julie. La maman a déjà remarqué que son bébé ne réagit pas lorsque le téléphone sonne, lorsqu’une porte claque, lorsqu’on prononce son nom. Parce qu’il est « dans la lune » ou parce qu’il entend mal ?

 

Julie a raison de s’inquiéter. En France, un enfant sur mille naît avec une surdité sévère ou profonde. Si ce problème n’est pas dépisté suffisamment tôt, les risques sont multiples : retard d’acquisition du langage, troubles du comportement, de la communication, de l’intégration scolaire.

 

« De trois à douze mois, la disparition du babillage est un signe qui doit alerter », souligne le Pr Hung Thai-Van, ORL et chef du service d’audiologie et explorations oto-neurologiques au CHU de Lyon. « Tout comme, à partir du 6e mois, l’absence de réflexe acoutrope – le fait de se tourner instinctivement vers une source sonore. »

 

Des tests dès la naissance

Pour en avoir le cœur net, dès les premières semaines, les médecins oto-rhino-laryngologistes disposent de deux techniques : les potentiels évoqués automatisés (des écouteurs envoient des sons et des électrodes détectent si l’oreille les a captés) et les oto-émissions provoquées (un micro détecte la présence de sons émis par une oreille qui « entend bien » en réponse à des clics).

           

Lors des visites obligatoires, à quatre et neuf mois, le pédiatre se place derrière l’enfant et manipule des jouets sonore d’intensité différente – les uns après les autres.

 

Si ces tests révèlent un défaut d’audition, pas de panique : il peut s’agir d’une surdité dite « de transmission » provoquée par une infection ou par l’accumulation de liquide dans une partie de l’oreille. Cela se soigne, notamment, en associant des antibiotiques et des corticoïdes sur une courte période.

 

L’importance d’un dépistage précoce

Mais il est possible que la surdité soit due à des lésions définitives du nerf auditif ou de la cochlée - la partie auditive de l’oreille interne.  Dans ce cas, dès le quatrième mois, il peut être nécessaire d’équiper l’enfant de prothèses pour amplifier le son. Si cela ne suffit pas, un ORL pourra poser un implant cochléaire. Ce petit appareil, implanté dans la cochlée, stimule directement l’extrémité du nerf auditif en lui envoyant des signaux électriques.

Un suivi régulier par un orthophoniste est indispensable pour aider l’enfant à mieux tirer parti de ce qu’il entend.

           

« Un diagnostic et une réhabilitation précoce de l’audition ont un effet très bénéfique sur la qualité du langage oral et de la communication », conclut le Dr Françoise Denoyelle du service d’ORL pédiatrique de l’hôpital Armand-Trousseau à Paris. « Cela permet également de prendre en charge d’éventuelles pathologies associées. Les surdités ont des causes très variées : certaines peuvent être liées à des maladies ou malformations du cœur, des reins ou des yeux. »

 

Cédric Portal

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