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Désensibilisation : dites au revoir aux allergies !

[ Publié le 25 avril 2018 ]

En cas d'allergie, il est possible d'évincer les allergènes ou d'opter pour des médicaments permettant de limiter les désagréments. Mais la maladie persiste et revient alors régulièrement. Pour s'en débarrasser durablement, la seule solution reste la désensibilisation. Mode d’emploi.

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Le nez qui coule, les yeux qui piquent, la gorge qui gratte, les lèvres qui enflent, des éternuements, des quintes de toux : les manifestations des allergies prennent des formes variées, inconfortables et pénibles au quotidien.

 

Chez certaines personnes, elles peuvent même se caractériser par des réactions beaucoup plus sévères, de l'œdème de Quincke au choc anaphylactique, le stade le plus critique. Les uns réagissent au contact de pollens, d’autres ne supportent pas la présence d’un animal, l’ingestion d'un aliment ou la piqûre d'un insecte.

 

Dans tous les cas, « la réaction montre que le système immunitaire reconnaît de façon abusive un allergène, c'est-à-dire une substance qu'il devrait normalement tolérer mais qu'il prend pour un ennemi à combattre », explique le Dr Luc Colas, immuno-allergologue au centre hospitalier universitaire (CHU) de Nantes.

 

Pour limiter, voire éviter l'apparition de ces signes, l'éviction et la prise de médicaments (antihistaminiques ou corticoïdes par voie locale) suffisent parfois. Mais s'ils permettent de cohabiter avec son allergie à moindres frais, ils ne la font pas disparaître. Pour cela, une seule solution : une immunothérapie spécifique, plus fréquemment appelée désensibilisation. « L’objectif est de moduler le système immunitaire, autrement dit de l'habituer à la rencontre des allergènes, et de développer des stratégies pour que ses réponses inadaptées cessent durablement », décrit le Dr Colas.

Une évaluation systématique


Il n’est pas question de démarrer une désensibilisation sans une évaluation complète par un allergologue. Les tests cutanés constituent un préalable indispensable. Ils consistent à appliquer sur la peau des extraits d'allergènes et à observer une éventuelle réaction.

 

Mais attention, avertit le Dr Colas, « ce n'est pas parce qu'ils sont positifs que la personne est nécessairement allergique. Ils peuvent simplement montrer une sensibilisation à un allergène sans pour autant présenter de symptômes. À l'inverse, un patient peut exceptionnellement présenter un test négatif et être pourtant allergique ».

 

Le choix de mettre en place un protocole de désensibilisation repose donc, avant tout, sur l'interrogatoire du patient : son environnement, la période à laquelle ses symptômes apparaissent, les moments où ils sont le plus intenses… « On ne traite pas un test mais un patient, résume le Dr Colas. L’examen clinique est primordial» 

 Pour quelles allergies ?

Celles qui se prêtent le mieux aux traitements d'immunothérapie spécifiques sont les allergies dites respiratoires. Elles sont provoquées par le contact d'allergènes présents dans l'air, comme les pollens ou les acariens. Les allergies aux venins d'hyménoptères (guêpes, abeilles, frelons) sont également accessibles à une désensibilisation.

 

L’immunothérapie est, en revanche, plus compliquée à mettre en place dans le cadre des allergies alimentaires. Seules celles au lait, au blé, aux œufs et aux arachides font l'objet de protocoles de traitement.

 

Quant à la désensibilisation aux poils d'animaux (typiquement de chat), elle ne fait pas l’unanimité parmi les allergologues en raison de résultats jugés inconstants, et seuls certains spécialistes la proposent.

 

Pour qui et quand ?

Tous les allergiques, enfants comme adultes, sont théoriquement éligibles à une désensibilisation. Les allergies respiratoires commencent souvent à se manifester entre 4 et 7 ans, une fourchette dans laquelle le traitement peut être mis en place. Deux stratégies sont possibles, avec des résultats comparables : soit commencer le traitement douze semaines avant la saison des pollens et le poursuivre jusqu'à la fin de celle-ci ; soit le prendre quotidiennement, sans interruption, tout au long de l'année. Les allergies aux venins d'insectes apparaissent généralement plus tard dans la vie, mais l'immunothérapie peut être démarrée, si besoin, dès 4 ou 5 ans.

 

Enfin, les allergies alimentaires sont à étudier au cas par cas. L'induction de la tolérance au lait est possible après la première année de vie, il faut attendre 2 ou 3 ans pour celle aux œufs, et 7 ou 8 ans pour l'allergie aux arachides. Quant aux patients polyallergiques, un choix devra être fait car il est impossible de lancer plus de deux désensibilisations en parallèle.

 

Comment se passe la désensibilisation ?

L'objectif est de présenter des doses croissantes d'allergène au système immunitaire pour l'y habituer. Si les premières désensibilisations étaient réalisées uniquement par voie injectable, aujourd’hui beaucoup de traitements se présentent sous forme de gouttes sublinguales, en particulier dans le cadre des allergies respiratoires. Tous les jours pendant la durée de son traitement (soit de quatre à cinq ans), le patient place quelques gouttes de produit sous la langue durant deux minutes, puis les avale ou les recrache.

 

Plus simple encore, la désensibilisation des allergies aux graminées – et bientôt aux acariens – peut se faire par la prise d'un comprimé qui fond sous la langue en une dizaine de secondes.

 

Les désensibilisations aux allergies alimentaires et aux venins d'hyménoptères sont, quant à elles, mises en place en milieu hospitalier pour prévenir d'éventuelles réactions sévères. Les premières consistent à faire ingérer des quantités croissantes d'aliments. Ces prises doivent être poursuivies plusieurs fois par semaine – et parfois toute la vie – afin que l'efficacité perdure.

 

Les secondes ne se pratiquent que sous forme injectable, en trois phases : le rush (ou ultra-rush) avec 6 injections de doses croissantes sur une journée, un rappel deux semaines plus tard, puis une injection mensuelle pendant cinq ans.

 

La désensibilisation est-elle efficace ?

Les immunothérapies spécifiques destinées à lutter contre les allergies aux venins d'hyménoptères, aux pollens et aux acariens sont certainement les plus efficaces. « Bien menés, ces traitements permettent la guérison de 80 à 90 % des patients, souligne le Dr Colas. Avec une efficacité qui persiste au moins cinq ans d'après les études, mais parfois beaucoup plus. »

 

En ce qui concerne les désensibilisations des allergies alimentaires, les résultats sont plus aléatoires. « Certains patients ont acquis une tolérance après plusieurs années et peuvent consommer les aliments problématiques même de manière occasionnelle. En revanche, d’autres ont besoin d'une consommation régulière (plusieurs fois par semaine) pour maintenir la tolérance. »

 

Vincent Delfau (Tribune Santé)

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