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Les perturbateurs environnementaux du système endocrinien 

Qu'est-ce qu'un perturbateur endocrinien ?

[ Publié le 4 novembre 2013 ]

Un perturbateur endocrinien est une substance chimique d'origine naturelle ou artificielle qui perturbe le système endocrinien et provoque des effets nocifs sur l'organisme.


Une prise de conscience récente

Dans les années 90, des études scientifiques ont montré que des molécules hormono-mimétiques étaient en partie responsables d'une baisse de la fertilité masculine, de la hausse des cancers hormono-dépendants ainsi que de l'augmentation des pubertés précoces chez les petites filles.

 

L'expression « perturbateur endocrinien » a été inventée en juillet 1991 au cours de la conférence de Wingspread dans le Wisconsin. Elle est la plus utilisée aujourd'hui, mais on peut aussi entendre parler de disrupteurs endocriniens, modulateurs endocriniens ou xénoestrogènes. Plus d'informations sur la naissance de ce concept en consultant le site du Sénat.

 

Nous retiendrons la définition qu'en a donnée l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) en 2002 qui est la plus couramment admise : « Un perturbateur endocrinien désigne toute substance ou mélange exogène Qualifie ce qui provient de l'extérieur de l'organisme. (Source : Larousse ©) Voir la définition  

[ Publié le 27 octobre 2011 ]
à un organisme modifiant la (les) fonction(s) du système endocrinien et provoquant ainsi des effets sanitaires nocifs sur l’organisme intact, sa descendance, ou sur des populations ».

En résumé, nous pouvons retenir que :

1.Le perturbateur endocrinien interfère dans le processus de sécrétion, mais aussi dans les processus de libération, de transport, de stockage, d'action et d'élimination de l'hormone.

2.Il a la particularité d'agir à très faibles doses, comme toutes les hormones.

3.Le moment de l'exposition est prépondérant (fœtus, enfant en bas âge).

 

 

Une multitude de substances dont les effets sont encore peu connus

Tous les perturbateurs endocriniens n'ont pas été identifiés à ce jour, et la liste s'enrichit constamment. Le règlement européen REACH (Enregistrement, évaluation, autorisation et restriction des produits chimiques) permet de classer les perturbateurs endocriniens comme des substances extrêmement préoccupantes.

 

Les perturbateurs endocriniens peuvent avoir une origine naturelle ou synthétique, conséquence d'une activité humaine (emballages alimentaires, ingestion d'animaux contaminés, résidus de pesticides, de médicaments ou de détergents, etc.).

Origine naturelle :

  • Phytoestrogènes contenus dans les plantes telles que le soja, le houblon, les lentilles, les pois chiches, les germes de luzerne, mais aussi dans les fromages. Ils s'accumulent rarement dans les tissus du corps humain et sont rapidement éliminés.
  • Les hormones naturelles émises dans les rejets tels que l'urine, que l'on peut retrouver dans l'eau de boisson. Ils n'ont pas tendance à s'accumuler dans l'organisme.

Origine synthétique :

  • Estrogènes médicamenteux comme l'estradiol et l'éthinylestradiol, qui peuvent être contenus dans les pilules contraceptives, les traitements de la stérilité ou les traitements substitutifs de la ménopause. Insuffisamment éliminés par les usines de retraitement des rejets, ces perturbateurs endocriniens peuvent se retrouver dans l'eau de boisson. Interdit aujourd'hui, le diéthylstilbestrol ou distilbène a été largement prescrit dans les années 60. Cette molécule a eu des effets reprotoxiques sur plusieurs générations. Elle entraîne des malformations à la naissance, des malformations de l'utérus…
  • Pesticides organochlorés tels que le DDT.
  • Plastifiants tels que le bisphénol A, appelé également BPA, ou les phtalates, qui entrent dans la fabrication de plastiques utilisés pour les emballages alimentaires et dans nombres d'objets du quotidien.
  • Les dioxines et apparentés tels que les PCB.
  • Les éthers de glycol qui sont des solvants organiques. Ils sont généralement présents dans les produits dits « à l'eau » comme les peintures, les encres, les colles, les vernis, les cosmétiques non bio (surtout les teintures pour cheveux), les produits d'entretien comme les lave-vitres et les médicaments. Ce sont des substances reprotoxiques.
  • Les métaux lourds tels que le plomb, soupçonné d'être un reprotoxique, ou le mercure.

Les perturbateurs endocriniens d'origine synthétique ont tendance à s'accumuler dans les tissus graisseux (lait maternel, cellules graisseuses…).

 

Certains perturbateurs endocriniens sont des polluants organiques persistants, ou POP. C'est le cas des dioxines ou des polychlorobiphényles (PCB), des pesticides comme le DDT... Ils circulent aussi bien dans l'air, dans les sols, dans l'eau…, persistent dans l'environnement pendant des décennies, contaminent les chaines alimentaires et s'accumulent dans les organismes vivants.

 

Le phénomène de perturbation endocrinienne est encore mal connu, car la recherche dans ce domaine est encore très récente et remet en cause l'approche classique de l'évaluation des risques chimiques. En effet, il est très difficile de prouver le lien de causalité entre le perturbateur et l'effet délétère, car à la différence d'une substance toxique, le perturbateur endocrinien n'a pas un impact immédiat, mais interfère de façon subtile dans le fonctionnement hormonal. L'effet induit peut ainsi être transgénérationnel. De plus, il existe une réponse adaptative de l'organisme. Les débats scientifiques sont encore acharnés concernant des sujets comme les effets des faibles doses, l'exposition à plusieurs substances combinées, l'exposition durant les périodes critiques du développement du corps humain… 

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