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Rendez-vous experts

Alimentation et santé environnementale - 13/06/17

[ Publié le 13 juin 2017 ]

Expert : Cécile Marie-Magdelaine, diététicienne

 

picto-tchat N'est-ce pas risqué de manger 5 fruits et légumes non bios par jour au vu du nombre des traitements fongicides, pesticides et autres biocides qu'ils subissent ?

Cécile Marie-Magdelaine : Consommer 3 portions de fruits par jour et des légumes midi et soir est nécessaire à l’organisme. Les apports en fibres, vitamines et minéraux sont indispensables à son bon fonctionnement.
En dehors des productions bios, des producteurs se tournent vers une culture raisonnée ; leur objectif est de limiter la quantité d’intrants, notamment les pesticides et engrais chimiques afin de protéger l’environnement et la santé des consommateurs.
Les offres d’achats, dans les grandes surfaces, les marchés, les commerces de regroupement de producteurs, nous proposent un choix important de produits bios et issus de cultures raisonnées. La grande distribution fait des efforts pour proposer des fruits et légumes bios a des prix « raisonnables ». On trouve même ces produits dans les discounts alimentaires. Le choix est dans le camp du consommateur. Il n’y a donc plus aucune barrière, en termes de proposition, pour qu’un consommateur puisse manger des fruits et légumes tous les jours.
Quant aux risques de cancers, les produits cités ne sont pas les seuls à incriminer : tabagisme, consommation excessive d’alcool, surconsommation de charcuterie et viandes rouges, l’environnement… entre autres.

 

 

picto-tchat Consciente des ravages causés par l'industrie de l'huile de palme, j'essaie de la supprimer de mon alimentation. Pouvez-vous me dire quels sont les aliments qui en contiennent le plus s'il-vous-plait ?

Cécile Marie-Magdelaine : L’huile de palme est un produit intéressant pour les industriels : il est moins cher que les autres graisses végétales et semble avoir une bonne stabilité lors des cuissons. De ce fait, nous en retrouvons dans de nombreux produits alimentaires industriels :

  • biscuits industriels,
  • pâtisseries industrielles,
  • glaces industrielles,
  • margarine,
  • biscuits à apéritif,
  • pains, biscottes, pains de mie, brioches industrielles,
  • pâtes à tarte industrielles,
  • céréales pour petit déjeuner/goûter,
  • plats préparés industriels,
  • confiseries industrielles,
  • potages industriels,
  • produits avec du chocolat, de fabrication industrielle.

Je dis bien « dans de » et non « dans les » car tous les produits industriels n’en contiennent pas. Par exemple, tous les pains de mie ne contiennent pas de l’huile de palme.
MAIS, il y a des solutions ; parce que, comme vous pouvez le constater, la liste est longue et représente de nombreux produits. Je vous propose :

  • de réduire au possible l’achat de produits industriels comme les potages, pâtes à tartes, plats industriels et faire du « maison ».
  • Lire les étiquettes pour choisir les produits qui ne contiennent pas d’huile de palme. Tous les produits industriels ne contiennent pas d’huile de palme. Certains industriels en font même un argument de vente et indiquent en gros sur l’emballage « sans huile de palme ».
  • Tout dépend aussi de la quantité consommée régulièrement. Si votre consommation de ces produits est très occasionnelle et en petite quantité, je pense que l’impact sur la santé n’est pas néfaste à haut point. Par contre le consommateur qui mange très souvent, et en quantités importantes, des aliments qui contiennent de l’huile de palme verra un impact sur sa santé à long terme.

 

 

picto-tchat A part les épinards, quels sont les aliments qui concentrent le plus de nitrates ? Faut-il limiter leur consommation pour les enfants ?

Cécile Marie-Magdelaine : Les légumes les plus riches en nitrates, autre que les épinards sont le radis, certaines salades (la laitue, batavia, chicorée frisée) la betterave, les bettes et le céleri. Il ne faut pas oublier que la consommation régulière de fruits et légumes est conseillée, puisqu’ils sont sources, entre autres, d’antioxydants. Donc vous pouvez consommer ces légumes et les donner aux enfants.
Ce ne sont pas les nitrates mais les aliments sources de nitrosamines qui sont incriminés dans la prévention des cancers. Ils se forment dans certaines conditions. On peut lire que l’OMS a classé la nitrosamine comme composé chimique cancérigène.
Les informations scientifiques sur la nitrosamine qui suivent sont extraites du document établi par l’Institut National de l’EnviRonnement Industriel et des RisqueS (INERIS).

Page 34 – « Les nitrosamines ne sont pas ajoutées intentionnellement dans l’alimentation mais se forment spontanément à partir des substances qui y sont présentes. Ces substances sont soit présentes naturellement, comme les amines qui sont à la base des protéines de la viande et du poisson, ou ajoutées durant le procédé de transformation, comme les nitrates ou nitrites ajoutées aux viandes en tant que conservateurs. Les nitrosamines se forment lorsque les nitrites, qui peuvent se former à partir des nitrates, réagissent avec des amines secondaires ou tertiaires. La teneur en nitrosamine des aliments tend à augmenter dans le temps, et leur formation est favorisée par les températures élevées, notamment lorsque les aliments sont frits (HHS, 2011) ».

Page 12 – « D’après le Règlement (UE) N°1129/2011, le nitrite de sodium (E 250), le nitrite de potassium (E 249), le nitrate de sodium (E251) et le nitrate de potassium (E252) sont autorisés en tant qu’additifs alimentaires pour la conservation de certaines préparations à base de viandes, bien qu’ils puissent entrainer la formation de nitrosamines. La directive 2006/52/CE réglemente les doses maximales de nitrite de sodium (E 250), nitrite de potassium (E 249), nitrate de sodium (E251) et nitrate de potassium (E252) pouvant être ajoutées aux denrées alimentaires durant leur fabrication, allant de 100 à 500 mg/kg, et selon le produit concerné, la dose maximale résiduelle allant de 50 à 250 mg/kg. »

Page 35 – « Les nitrites et les nitrates utilisés pour la conservation des viandes ont pour but principal d’éviter la prolifération de Clostridium botulinum, la bactérie qui génère la toxine du botulisme (Mitch, Sharp et al., 2003). Selon Santé Canada (2011), les aliments conservés par l’addition de nitrate ou de nitrite, comme les salaisons (en particulier le bacon) et les fromages (ces méthodes de conservation introduisant des agents de nitrosation dans les aliments) sont sources de nitrosamines. De plus, leur cuisson favorise encore davantage la formation de NDMA (OEHHA, 2006). »

Mais dans l’industrie agroalimentaire, des techniques sont utilisées pour réduire la formation de nitrosamine
Page 57 – « L’agence américaine HHS (U.S. Department of Health and Human Services) mentionne l’acide ascorbique et ses isomères comme inhibiteur de formation des nitrosamines, et précise que ces composés sont souvent ajoutés aux préparations alimentaires pour éviter la formation des nitrosamines (HHS, 2011) ; (Mitch, Sharp et al., 2003). L’OMS précise qu’une consommation modérée de divers composés antioxydants comme l’acide ascorbique, la vitamine E et le thé vert permet de réduire la formation endogène de nitrosamines (WHO, 2011). La teneur en NDMA dans la bière a massivement chuté lorsque les fabricants de malt ont modifié leurs procédés de fabrication en utilisant des méthodes de chauffage indirectes pour éviter le contact entre l’orge et les gaz de chauffage. Une autre méthode consiste à appliquer du dioxyde de soufre en tant qu’agent d’extinction (Mitch, Sharp et al., 2003). Afin de réduire la teneur en nitrosamines dans les aliments, des efforts ont été menés en Europe pour réduire la concentration en nitrites et nitrates admissible pour la conservation des aliments. De plus, des inhibiteurs de nitrosation comme l’ascorbate et l’érythorbate sont utilisés. »

 

 

picto-tchat Faut-il privilégier la consommation de saumon d'élevage ou sauvage pour éviter de consommer trop de polluants ?

Cécile Marie-Magdelaine : Il est vrai que l’on peut s’interroger sur le saumon d’élevage. Nous voyons des reportages depuis quelques temps sur les saumons d’élevage qui se passent de commentaires. Mais je pense que ce qui est montré sont des cas extrêmes et tous les saumons ne sont pas élevés de la même manière… Ce n’est pas le produit qui est à mettre en cause mais plutôt le producteur et ses méthodes de production. Tous les producteurs de tomates ou de fraises n’utilisent pas les mêmes pratiques non plus. Avez-vous vu certains élevages de poulets ? C’est la même chose ; il y a l’éleveur peu scrupuleux dont les poules sont maltraitées et l’éleveur dont les poules gambadent dans le pré.

Le saumon sauvage est peut-être plus recommandé mais il est aussi moins disponible dans les commerces car plus rare et son coût est également plus élevé. Si vous trouvez du saumon sauvage, celui-ci est préférable mais vous pouvez aussi consommer du saumon d’élevage. Les nouvelles recommandations de l’ANSES quant aux repères du PNNS sont de consommer du poisson deux fois par semaine, dont un poisson « gras » pour ses apports en oméga 3. Le saumon fait partie de ces poissons.

 

 

picto-tchat Quels sont les fruits et légumes de saison en ce moment en France ?

Cécile Marie-Magdelaine : Nous sommes sur la fin du printemps et aux portes de l’été. Je vais donc vous donner les fruits et légumes de chaque saison. La liste est présentée par ordre alphabétique. Il est bien entendu que certains fruits et légumes cités au printemps arrivent plutôt en fin de printemps, au mois de juin, comme le petit pois, la pêche, la pastèque, le melon… Une saison s’étale sur trois mois et les fruits et légumes n’ont pas les yeux rivés sur le calendrier pour arriver sur nos étals. Tout dépend aussi de la région dans laquelle vous vivez pour les produits locaux et du lieu de provenances quand les produits font plus de kilomètres. Par exemple, les melons du Maroc arrivent sur nos étals avant les melons de France.

LEGUMES DE PRINTEMPS
artichaut, aubergine, asperge, avocat, bette, betterave rouge, carotte, céleri rave, champignon, chou blanc, chou romanesco, chou rouge, chou vert(frisé), concombre, courgette, endive, épinard, fenouil, fève, navet, petit pois, poireau, pois mange-tout, poivron, radis rouge, salade verte, tomate

FRUITS DE PRINTEMPS
Abricot, ananas, banane, cerise, citron, fraise, framboise, fruit de la passion, groseille, kiwi, mangue, melon, nectarine, orange, pamplemousse/pomelo, pêche, pomme, poire, rhubarbe

LEGUMES D’ETE
Artichaut, aubergine, avocat, bette, betterave rouge, brocoli, carotte, céleri branche, champignon, chou-fleur, chou romanesco, chou rouge/blanc, chou vert(frisé), concombre, courgette, épinard, fenouil, fève, haricot vert, pâtisson, petit oignon blanc, petit pois, poivron, pois mange-tout, radis rouge, salade verte, tomate

FRUITS D’ETE
Abricot, banane, cerise, citron, fraise, melon, nectarine/brugnon, pastèque, pêche, prune, poire, raisin, mangue, framboise, fruit de la passion, figue fraîche, groseille, cassis, myrtille, mure

Vous pouvez retrouver tous les fruits et légumes par saison dans mon billet Ma liste de course bien pratique. J’ai réalisé 4 listes de courses, une par saison, en format imprimable.

 

 

picto-tchat En quoi les laits de brebis, de vache et de chèvre sont-ils différents ? Pourquoi conseille-t-on le lait de chèvre en cas d'intolérance au lait de vache ?

Cécile Marie-Magdelaine : Mon étude comparative porte uniquement sur les laits « entiers » afin que la comparaison soit juste. A ma connaissance, on ne trouve pas de lait de brebis écrémé ou demi-écrémé (par contre on trouve des yaourts au lait de brebis demi-écrémé).
Les laits de chèvre et de vache sont assez semblables sur les apports en calories, en calcium, en protéines et en lactose (glucides) ; la légère différence est dans les apports en lipides ; la teneur en acides gras saturés est légèrement inférieure dans le lait de chèvre.
Quant au lait de brebis, il est plus riche en protéines, en lipides dont les acides gras saturés, en calcium ; sa plus forte teneur en protéines et lipides augmente de beaucoup sont apport calorique par rapport au lait de vache ou de chèvre ; il apporte environ 60% de calories en plus que le lait de vache ou chèvre.

Voici un tableau récapitulatif fait à partir des informations du Ciqual 2016

 Lait de chèvre entier
UHT

Lait de vache entier UHT

Lait de brebis entier
Kcal

61

65130
Protéines (g)3,33,35,7
Lipides (g)3,43,67
... dont AGS2,152,44,8
Glucides (g)4,354,854,5
Calcium130120199

Certaines personnes allergiques au lait de vache peuvent aussi être allergiques au lait de chèvre ou de brebis. Pendant un temps, on conseillait aux personnes allergique à la protéine de lait de vache (PLV) de consommer du lait de chèvre ou de brebis ; mais ce conseil n’est plus du tout à l’ordre du jour. Actuellement, on déconseille même, en cas d’allergie au lait de vache, de consommer du lait de chèvre ou de brebis.

En fonction de l’âge de l’enfant ou de la personne allergique à la protéine de lait de vache, le pédiatre ou l’allergologue peut vous aider à trouver des substituts. Les conseils seront différents, s’il s’agit d’un nourrisson, d’un enfant de 10 ans ou d’un adulte (ce qui est plus rare). Les adultes « allergiques au lait de vache » sont en fait bien souvent intolérants au lactose (« sucre » du lait, ou glucide). On trouve des laits sans lactose dans les grandes et moyennes surfaces. L’intolérance au lactose peut provoquer des ballonnements, diarrhées, nausées, douleurs au niveau du ventre…

 

 

picto-tchat Mon fils a décidé de devenir végétalien à 11 ans. Comment faire pour qu'il ne souffre d'aucune carence et que sa croissance soit harmonieuse ?

Cécile Marie-Magdelaine : Cela ne va pas être simple compte tenu de son âge et du fait qu’il est en pleine croissance. L’alimentation végétalienne exclut tout aliment issu des animaux, ce qui exclut aussi les produits laitiers et les œufs.
Il faut donc aller chercher les protéines, le fer et le calcium dans d’autres aliments. Vous pourrez noter dans les listes suivantes que certains types d’aliments sont sources des 3 nutriments recherchés : protéines, fer et calcium. Ensuite, c’est une question de goûts.

Les aliments végétaux riches en fer sont :

  • Le son de blé, les graines de lin, le germe de blé, le sésame
  • Les légumineuses (haricots rouges et blancs, lentilles, pois chiches…)
  • Les épinards (les crus en contiennent plus que les cuits)
  • Le tofu
  • Le quinoa
  • Les oléagineux (amande, noix, pistache…) mais c’est souvent 50% du poids en lipides
  • Les fruits séchés (dates, pruneaux, abricots…) mais ils sont très riches en glucides (sucres)

Les aliments végétaux riches en protéines sont :

  • Le son de blé, les graines de lin, le germe de blé, le sésame
  • Les légumes secs (haricots rouges et blancs, lentilles, pois chiches…)
  • Les céréales (riz, blé…)
  • Les aliments à base de blé : pain, pâtes, semoule…
  • Le tofu
  • Les desserts et le lait de soja à consommer avec modération
  • Le quinoa
  • Les oléagineux (amande, noix, pistache…) mais c’est souvent 50% du poids en lipides

Les aliments végétaux riches en calciums ont :

  • Les herbes aromatiques séchées ou fraiches mais les herbes séchées, à poids égal, sont beaucoup plus riches que les mêmes herbes fraîches ; après, c’est une question de goût : thym, menthe, origan, persil, basilic, marjolaine, herbes de Provence...
  • Les graines de fenouil, pavot, sésame, cumin, coriandre, carvi, lin…
  • Les épices : cannelle, 4 épices, clou de girofle, curry, poivres, noix muscade…
  • Les légumes secs (haricots rouges et blancs, lentilles, pois chiches…)
  • Les oléagineux (amande, noix, pistache…) mais c’est souvent 50% du poids en lipides
  • Les figues sèches (mais c’est un aliment riche en sucre, donc à limiter)
  • Les épinards crus et cuits, haricots verts, roquette
  • La tomate séchée, rhubarbe cuite
  • Certains choux : chou vert, chou blanc, chou frisé, chou chinois
  • Le « lait » d’amande ou de noisette
  • Le kéfir
  • Les desserts et le lait de soja à consommer avec modération

J’ai publié, en avril 2017, un billet sur Les menus végétarien ; vous pouvez les utiliser en supprimant les produits laitiers et les œufs des menus proposés.

Une surveillance régulière avec votre médecin traitant est à envisager. Grâce à un bilan sanguin et à un examen médical, celui-ci peut vérifier régulièrement si votre enfant ne présente pas de carences et si sa croissance se déroule bien.
Sans chercher à le faire changer d’avis, vous pouvez aussi discuter avec votre fils pour voir quelles sont ses réelles motivations. Vous pouvez ainsi en conclure si le régime végétalien définit bien ce qu’il recherche, ou ce qu’il ne veut plus consommer.

 

 

picto-tchat Si l'on épluche systématiquement tous les fruits et légumes, ne risque-t-on pas de souffrir de carences en vitamines et minéraux puisque la majorité se trouvent dans la peau ?

Cécile Marie-Magdelaine : Pour répondre à votre question, j’ai cherché les apports sur des fruits que l’on pouvait consommer avec et sans la peau. Les chiffres sont issus du Ciqual 2016 et les seuls fruits pour lesquels nous avons des données avec et sans la peau sont la pomme et la poire.
On note en regardant le tableau ci-dessous que le fruit épluché apporte un peu moins de fibres et de glucides. J’avoue être surprise quant aux chiffres sur la vitamine C : la pomme perd de la vitamine C à l’épluchage mais c’est le contraire pour la poire.
Il y a certes une différence d’apport avec ou sans la peau mais je pense que cette différence n’est pas assez grande pour installer des carences. Si vous souhaitez consommer la peau des fruits et des légumes, je vous invite à acheter des produits issus de l’agriculture biologique ou, au moins, de l’agriculture raisonnée, et de les laver avant consommation. Je vois sur le marché ou je fais mes courses des consommateurs qui pensent qu’un produit bio n’a pas besoin d’être lavé, ce qui est faux.

Pour 100 g à
consommer
GlucidesVitamine CFibresCalcium
Poire avec peau10,94,62,96,4
Poire sans peau10,462,511
Pomme avec peau11,66,31,45,3
Pomme sans peau10,741,34

 

picto-tchat Comment préparer les lentilles vertes? Doit-on obligatoirement les faire tremper ?

Cécile Marie-Magdelaine : Les lentilles vertes ne nécessitent pas de trempage avant la cuisson. Avant de les mettre dans la casserole, il faut les rincer sous l’eau, dans une passoire par exemple. Dans une casserole, mettre de l’eau froide et vos lentilles. On compte au moins 1 volume de lentilles pour 3 volumes d’eau. Vous pouvez ajouter du thym, du laurier, des cubes de carotte, de l’oignon, de l’ail, des épices… Surtout, on ne sale pas en début de cuisson car les lentilles deviendraient « dures » (on salera après la cuisson). Mettre à feu moyen. Quand l’eau frémit, vous pouvez compter environ 30mn de cuisson. Je vous invite à goûter pour voir si la cuisson est correcte. En fin de cuisson, vous égouttez les lentilles ; c’est à ce moment que vous pouvez les saler. On peut ajouter ce que l’on veut ensuite.

Les lentilles font partie des légumes secs donc ce sont des féculents. Elles sont une source importante de fibres, protéines, fer et calcium. Peu chère et facile à préparer, c’est probablement le légume sec le plus apprécié. Pourtant, les autres sont très bons aussi mais moins consommés je pense. On peut les consommer froides ou chaudes. On peut même faire des desserts avec des lentilles. J’ai trouvé une recette de « fondant au chocolat et lentilles » et il n’y a même pas de beurre dans cette recette (nos artères vont être contentes).

 

 

picto-tchat Peut-on cuisiner avec l'huile de coco? Peut-on la faire chauffer ?

Cécile Marie-Magdelaine : L’huile de noix de coco a le vent en poupe depuis quelques temps. Son côté « exotique », le packaging attrayant, les allégations sur la santé (qui restent à vérifier avec le temps) … font que ce produit a du succès.
L’huile de coco se fige à température ambiante et elle devient encore plus dure si on la stocke au réfrigérateur ; elle peut donc être utilisée sur des tartines et elle peut aussi être utilisée en pâtisserie pour remplacer le beurre. On peut également la faire chauffer et l’utiliser pour les cuissons et les fritures (le point de fumée semble dépendre de la marque). Par exemple, vous pouvez l’utiliser à la poêle pour préparer des légumes, de la viande, du poisson… Il faut juste aimer le goût de coco dans les plats.
Attention, je ne fais que répondre à votre question sur les utilisations culinaires de l’huile de coco mais je ne fais absolument pas la promotion de ce produit. Environ 90% des lipides de l’huile de coco sont sous forme d’acides gras saturés (même si une grande partie sont sous forme d’acide laurique). Nous avons que très peu de recul sur les effets bénéfiques de l’huile de coco sur la santé. Ce qui n’est pas le cas sur l’huile de colza ou l’huile d’olive. Je vous conseille donc de l’utiliser avec modération.
Je n’ai trouvé aucune information sur le Ciqual 2016, quant aux apports nutritionnels alors je m’en réfère aux informations des fabricants.

Le point de fumée d’une huile est la température à partir de laquelle l’huile fume et ne devient plus consommable… donc à jeter si cela vous arrive et recommencez !

picto-tchat Le pain blanc est-il considéré comme un féculent ou comme des sucres rapides ?

Cécile Marie-Magdelaine : Le pain blanc est considéré comme un féculent (forte teneur en amidon) mais il est moins riche en fibres que du pain aux céréales, du pain complet, du pain de seigle… Il est donc « digéré » plus rapidement. Pour une même quantité de pain, le pain riche en fibres est plus intéressant que le pain blanc : il « cale » plus longtemps.

 

Par exemple (chiffres du Ciqual 2016) :

Pour 100g d’aliment

Glucides

Amidon

fibres

Baguette courante

Pain blanc

57 g.

51 g.

3 g.

Pain, baguette, boule aux céréales de fabrication artisanale

49 g.

40 g.

8 g.

picto-tchat Faut-il privilégier l'eau du robinet, l'eau de source ou l'eau minérale pour préserver sa santé?

Cécile Marie-Magdelaine : L’eau potable du robinet, bien qu’elle inspire un peu de méfiance, est une eau très contrôlée. Elle  doit répondre à des critères sanitaires qui sont définis par décret. L’eau du robinet est régulièrement contrôlée sur 54 paramètres différents.

Concernant les nitrates et les pesticides, les stations de traitement se sont multipliées. Les pratiques changent et de ce fait les captages d’eau potable polluée sont régulièrement délaissés. On ne note que très rarement une pollution de l’eau du robinet par les nitrates ; on note aussi que la teneur en pesticide de l’eau du robinet dépasse rarement les normes.
Depuis décembre 2013, la teneur maximale en plomb de l’eau potable est celle fixée par l’Organisation mondiale de la santé (l’OMS), soit 10 µg/l. Le problème peut encore perdurer dans d’anciens immeubles, avec des conduites d’eau en plomb qui desservent les cuisines. Pour remédier à cela il est conseillé de ne pas consommer la première eau en début de journée. Il faut juste laisser couler l’eau quelques instant avant de la consommer.

Les eaux minérales ne répondent pas aux mêmes critères que les eaux du robinet.
Les eaux minérales sont soumises à des normes spécifiques : de ce fait les eaux minérales peuvent avoir des teneurs qui ne seraient pas acceptées dans l’eau potable. Les eaux minérales ne peuvent bénéficier que de peu de traitement  et elles ne subissent aucun traitement de désinfection. Elles doivent rester stables.
Quant aux eaux de source, elles sont régies par la même réglementation que l’eau potable. Par contre, tout comme les eaux minérales, elles ne peuvent subir aucun traitement de désinfection. La composition des eaux de source peut varier.
Après cette petite présentation, on peut en conclure que l’eau du robinet est tout à fait recommandée : elle est très contrôlée. Elle coûte moins cher que l’eau en bouteille et pour la protection de l’environnement, pas de bouteille en plastique à recycler. On réserve l’eau en bouteille pour reconstituer les biberons des nourrissons, en regardant bien les étiquettes : elles ne sont pas toutes adaptées à cet usage.


Sources : E. Chesnais, G. Landry. Quelle eau boire ? Que choisir ?

 

picto-tchat Que pensez de la méthode de la chrono-nutrition vulgarisée par le docteur Delabos?

Cécile Marie-Magdelaine : Ne connaissant pas tous les détails de ce régime, j’ai fait des recherches. Difficile d’avoir des informations très complètes de l’auteur, le Dr Delabos, puisque le but est de vendre son livre qui lui, nous donnent toutes les informations. Je ne trouve donc que des propos et informations éparpillés sur plusieurs sites internet.
A priori il s’agit de consommer :

  • gras le matin,
  • dense le midi,
  • sucré l’après-midi, 
  • léger le soir.

En ce qui concerne le dîner qui apporte moins de calories que le déjeuner, cela se rapproche assez de l’alimentation équilibrée classique. Ce régime préconise aussi un goûter pour « recharger les batteries » et avoir moins faim le soir. Pas besoin de chrono-nutrition : ce conseil alimentaire existe depuis déjà bien longtemps.
Pour ce qui est du petit déjeuner, quand il dit « gras le matin », on est loin du compte : 100 g. de fromage, de la charcuterie, du beurre. On frise l’hypercholestérolémie sous peu ! Cela va à l’encontre des conseils nutritionnels donnés pour prendre soin de son système cardio-vasculaire. Les recommandations du programme national nutrition santé (PNNS) sont bien mises à mal.
J’ai vu des menus qui font « froid dans le dos » avec une consommation de fromages, de matières grasses, de viande/poisson qui est bien au-dessus des besoins nutritionnels. Cette alimentation est trop riche en protéines : pas étonnant que l’on vous invite à boire beaucoup.

D’autre part, le petit déjeuner est très gras donc la digestion doit être difficile. Les apports en fruits et légumes semblent insuffisants. On vous propose même de « sauter »  des repas alors que l’on sait que cela est néfaste pour l’organisme puisque les apports se décalent ensuite dans le temps. On voit bien comment les personnes qui travaillent en horaires décalés peinent à « caler » 3 repas par jour et tombent dans le grignotage avec un tour de taille qui change.
Pour résumer, les bons conseils de ce régime sont déjà des conseils donnés dans une alimentation équilibrée classique.

Quant aux autres pratiques alimentaires de ce régime, elles vous amènent à des apports excessifs en protéines, en lipides (et surtout en acides gras saturés). On déplore également le manque de fruits et légumes qui sont une source très importante d’eau, de fibres, de vitamines et de minéraux.

 

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