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Rendez-vous experts

Déprime, idées noires... Comment gérer son mal être ? - 27/02/17

[ Publié le 27 février 2017 ]

Expert : Paolo Antonellipsychologue

 

picto-tchat  Bonjour, je voulais savoir, comment fait-on la différence entre une déprime et une dépression ? Merci

Paolo Antonelli : Si parfois le terme de « déprime » est utilisé juste pour indiquer l’état de tristesse d’une personne (ce qui ne relève pas donc d’une pathologie), d’une façon plus précise la « dépression » renvoie à la présence de plusieurs symptômes, persistants au-delà d’une quinzaine de jours. Ces symptômes sont : humeur triste, idées noires, perte de l’appétit, troubles du sommeil, troubles de la concentration, perte des envies par rapport aux activités habituelles, isolement (ce sont là les plus fréquents et les plus représentatifs). Il est par ailleurs possible de parler de « déprime » lorsque ces mêmes symptômes apparaissent, mais d’une façon fluctuante et pour des durées inférieures à 15 jours.

 

picto-tchat  Bonjour, je n’arrive pas à mettre de côté mes soucis, je suis très anxieuse. Mais à côté de ça, je n’ai pas envie de me faire suivre par un psy ?

Paolo Antonelli : Il est peut-être possible, dans un premier temps, d’évoquer ces difficultés d’anxiété avec le médecin référant, pour envisager des possibles approches adaptées (relaxation, gestion du stress, médication, etc., …). La rencontre avec un « psy » (psychologue, psychothérapeute, psychiatre) peut d’ailleurs éventuellement être envisagée dans le même sens : quelques rencontres ponctuelles pourraient permettre de « débloquer » le vécu anxieux ou de trouver des pistes de solution, sans forcément déboucher vers un « suivi psy ». Ces rencontres pourraient par ailleurs permettre de réfléchir à ce qui empêche « d’avoir envie de se faire suivre par un psy »… 

 

picto-tchat  Bonjour, est-ce vrai qu’il y aurait une part de génétique dans la dépression ?

Paolo Antonelli : Oui, effectivement. On parle d’une « vulnérabilité génétique » à la dépression. Ceci veut dire que - par rapport à une même situation - la personne porteuse de cette vulnérabilité génétique aura plus de risque de se déprimer, par rapport à une autre personne n’ayant pas cette même vulnérabilité.

 

 picto-tchat  Bonjour, quels sont les remèdes pour éviter les rechutes chez une personne dépressive ? 

Paolo Antonelli : Il n’y pas forcément de « remèdes » au sens strict du terme. Cependant, pour quelqu’un qui a déjà été confronté à des épisodes dépressifs, il est important - pour lui et pour sont entourage - de rester attentif à la possible réapparition des symptômes, de manière à les prendre en compte le plus rapidement possible. Il est également utile de pouvoir repérer - d’une façon quasiment préventive - les situations à risque dépressif, pour pouvoir définir des attitudes et des stratégies adaptées (avec l’entourage et /ou avec des référents sanitaires).

 

picto-tchat  Est-ce que c’est normal d’avoir souvent des idées noires ?

Paolo Antonelli : La question de la « normalité » d’une idée ou d’un « acte » pose toujours problème, et il est difficile d’y répondre dans l’absolu par un simple « oui » ou « non ». Il est cependant possible de dire que le fait d’avoir tout le temps des idées noires témoigne d’une existence probablement « pas très rose », avec une certaine souffrance personnelle certainement pas très agréable pour la personne. Ces « idées noires » nécessitent donc d’être prises en comptes, écoutées, discutées, et éventuellement « traitées ». Il me semble nécessaire d’insister sur le fait qu’elles ne doivent surtout pas être ni banalisées, ni éludées. 

 

picto-tchat  Combien de temps la dépression dure-t-elle ?

Paolo Antonelli : En dehors de tout traitement, la communauté scientifique semble s’accorder aujourd’hui autour du fait qu’une dépression dure en moyenne 6 mois.

 

picto-tchat Quels sont les symptômes de la dépression ?

Paolo Antonelli : Voir réponse à la question N° 1. D’une façon plus précise, on distingue des troubles psychiques : humeur triste, douleur morale, perte de l’élan vital, perte du plaisir, idées noires ;  et des troubles physiques : fatigue, troubles de l’appétit, troubles du sommeil, troubles de la concentration.

 

picto-tchat  Existe-t-il une ou plusieurs types de dépression ?

Paolo Antonelli  : Il existe principalement deux types de dépression : la dépression réactionnelle (survenant, justement, en « réaction » à un événement particulier : deuil, séparation, perte, etc.,…) ; et la dépression endogène (en l’absence de facteurs environnementaux évidents et repérables), qui fait partie des troubles de l’humeur.

 

picto-tchat   La dépression ne cache-t-elle pas une autre maladie ?

Paolo Antonelli : Face à la suspicion d’un état dépressif, il est nécessaire de procéder à une bilan organique afin d’éliminer de possibles causes organiques. Les plus fréquentes : causes métaboliques (anémie, carences vitaminiques) ; causes hormonales (thyroïde) ; autres causes (comme, peut-être, certains cancer). Par ailleurs, ces mêmes éléments peuvent apparaître comme étant des facteurs aggravant la dépression. 

 

picto-tchat  Peut-on guérir de la dépression ? Quels sont les traitements les plus efficaces ?

Paolo Antonelli : Oui, il est tout à fait possible de guérir d’un état dépressif. Pour cela, toutes les études montrent la nécessaire et utile conjonction d’une approche psychothérapeutique et d’une approche médicamenteuse.

 

picto-tchat  On parle de la méditation pour guérir la dépression, qu’en pensez-vous ?

Paolo Antonelli : La méditation peut-être une activité s’intégrant dans une qualité de vie tout à fait aidante pour la prise en compte thérapeutique de la dépression.

 

picto-tchat  Est-ce que la dépression chez un adolescent est différente de celle d’un adulte ? Si oui, de quoi fait-il se méfier ? Merci

Paolo Antonelli : Il peut effectivement y avoir des différences notables dans la dépression de l’adolescent, qui peut -dans une grande majorité des cas - l’exprimer plus par une dimension de rupture comportementale que par l’humeur triste et dépressive. Les comportements à risque de l’adolescent (addiction, alimentation, fugues, désinvestissements scolaires, phobies, …) doivent faire rechercher une possible dépression, plutôt « réactionnelle », à comprendre comme une sorte de vécu logique dans la situation d’adolescence, où il s’agit de devoir gérer beaucoup de changements (bouleversements physiologiques, psychologiques, relationnels et sociaux).

Mot-clef : Dépression

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