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Rendez-vous experts

Comment arrêter de fumer - 21/11/16

[ Publié le 21 novembre 2016 ]

Expert : Dr Philippe Arvers, addictologue

 

picto-tchat Bonjour, avez-vous des pistes efficaces pour l'arrêt du tabac? Cela fait 15 ans que j'essaie d'arrêter...

Dr Arvers : Il ne faut jamais perdre espoir, car l’arrêt du tabac est possible ; voici 3 éléments de réponse :

  • Il faut être accompagné dans cette démarche par un tabacologue (cela double le taux de réussite) pendant plusieurs mois ;
  • Il faut parfois plusieurs tentatives pour que cela marche, et vous êtes dans cette situation ; votre motivation et la confiance en vos capacités pour arrêter de fumer sont primordiales ;
  • Il n’y a pas que la dépendance physique (à la nicotine) : il y a aussi la dépendance psychologique et comportementale, et les TCC, la relaxation, la sophrologie, la méditation pleine conscience sont efficaces.

 

picto-tchat La cigarette électronique peut-elle être une alternative à l'arrêt du tabac. Merci

Dr Arvers : Oui, à condition d’arrêter complètement de fumer, sinon il n’y aura pas de bénéfice pour la santé. Dès l’arrêt du tabac, même en vapotant, il n’y a plus de monoxyde de carbone (CO) et les irritants et substances cancérogènes sont moins nombreuses et à des doses moins élevées. C’est donc une manière de diminuer les risques pour sa santé, comme j’ai pu l’écrire sur le blog Addictions de Priorité Santé Mutualiste. L’association des utilisateurs indépendants de cigarette électronique (AIDUCE) vous apportera également des réponses aux questions que vous vous posez.

 

picto-tchat Bonjour, au bout de combien de temps sans cigarette on peut vraiment dire qu'on a arrêté de fumer ?

Dr Arvers : Tout de suite, car les effets bénéfiques peuvent observés au bout de 20 minutes (la tension artérielle et le rythme cardiaque reviennent à leur niveau de base ; 8 heures après l’arrêt du tabac, c’est le taux de monoxyde de carbone qui est divisé par deux. Le slogan du « moi(s) sans tabac », c’est : arrêter de fumer un mois, c’est 5 fois plus de chances d’arrêter pour de bon ».Ceci dit, il faut 3 mois pour que le cerveau ait oublié la nicotine ; cela explique que le traitement nicotinique de substitution (patchs et formes orales) est prescrit pour trois mois (au moins). Chaque jour sans fumer est une étape supplémentaire franchie, qui doit renforcer votre motivation à poursuivre, en identifiant tous les bénéfices associés à l’arrêt du tabac.

 

picto-tchat Existe-il des personnes pour qui c'est impossible d'arrêter la cigarette ?  Moi j'ai déjà essayé plusieurs fois, mais j'ai toujours repris.  Comment faire ?

Dr Arvers : Je serai moins pessimiste que vous : il existe en effet des fumeurs pour lesquels l’arrêt du tabac est difficile, les « fumeurs difficiles » (hard core smokers), mais pas impossible. Il y a une forte dépendance au tabac et une importante consommation de cigarettes, mais une prise en charge par un tabacologue et un suivi régulier permettront un arrêt du tabac. Le recours aux traitements nicotiniques de substitution (patchs associés aux gommes ou au spray buccal), ou bien des patchs associés au bupropion ou à la nortriptyline peut être proposé.

 

picto-tchat Quels sont les substituts les plus efficaces pour arrêter de fumer ?

Dr Arvers : Dans un premier temps, il est nécessaire d’évaluer la dépendance à la nicotine, en répondant aux questions du test de Fagerström : parfois, la dépendance à la nicotine est faible ou inexistante, et les substituts ne modifieront pas les autres aspects de la dépendance : psychologique et comportementale. L’important est d’associer les patchs et les formes orales, car pris séparément, ils sont moins efficaces ; quant au choix des formes orales, cela dépend de vous : les pastilles, les comprimés, les gommes à mâcher, ou bien le spray buccal (action plus rapide) ou l’inhaleur également sont efficaces. Il ne faudra pas hésiter à utiliser les formes orales encore et encore, au cours de la journée.

 

picto-tchat L’homéopathie est –elle efficace pour arrêter de fumer ?

Dr Arvers : En dehors des substituts nicotiniques et des médicaments, il n’y a pas d’autres méthodes qui aient été évaluées scientifiquement. Quand la question m’est posée, je précise que l’hypnose et l’acupuncture peuvent aider à renforcer sa motivation, et passer de la décision d’arrêt à l’arrêt proprement dit, par exemple.

 

L’homéopathie repose, entre autres, sur le principe de similitude, ce qui signifie qu’un remède efficace pour une personne ne le sera pas pour une autre (en effet, on ne prescrit pas le même remède à tout le monde, mais en fonction des symptômes observés, ce qui les améliore, ce qui les aggrave, …). On pourrait éventuellement prendre en compte certains symptômes du manque physique, mais absolument pas la dépendance psychique et comportementale.

 

Selon la Haute autorité de santé ( HAS ), « les méthodes alternatives telles que l’acupuncture, l’hypnothérapie, ou pour certains l’activité physique, n’ont pas fait preuve de leur efficacité. Pour autant, la HAS considère qu’il est important pour le professionnel de santé de ne pas casser la motivation d’un fumeur, ni de le décourager ou le culpabiliser et que ces méthodes peuvent trouver leur place dans une démarche d’arrêt du tabac en complément des méthodes recommandées. »

 

picto-tchat Beaucoup de connaissances autour de moi ont arrêté de fumer avec la cigarette électronique, les études ont-elles changé sur son intérêt ?

Dr Arvers : Une étude publiée en 2014 par l’Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT), l’étude ETICEL-OFDT nous apprend que l’« on compterait entre 7,7 à 9,2 millions d’expérimentateurs, plutôt jeunes et consommateurs de tabac. L’usage dans le mois précédant l’enquête concerne quant à lui 6 % de la population. Entre 1,1 et 1,9 million de personnes utiliseraient quotidiennement la cigarette électronique en France : il s’agit dans 67 % des cas de fumeurs de tabac, qui s’en servent majoritairement pour arrêter ou réduire leur consommation quotidienne, et donc potentiellement les risques sanitaires associés au tabagisme. »

 

Une nouvelle étude vient d’être publiée en novembre 2016, dans la revue Addiction, par K. Farsalinos et al. « Plus de six millions de fumeurs dans l'Union européenne ont arrêté de fumer et plus de 9 millions ont réduit leur consommation de tabac fumé avec la cigarette électronique » souligne Jacques Le Houezec, co-auteur de cette étude.

 

Un article récent (Wagener TL et al. Tob Control. 2016) compare des eCigarettes de deuxième et troisième génération sur la vitesse d’absorption de la nicotine. Comme le souligne Jacques Le Houezec, spécialiste de la nicotine et de la eCigarette, « On peut en conclure qu'afin d'inhaler moins de vapeur (pour réduire l'exposition aux substances toxiques, même si leur niveau est très faible), l'utilisation de systèmes intermédiaires (plus haute résistance, moindre puissance) avec un liquide plus dosé en nicotine pourrait permettre une optimisation des bénéfices et de la réduction du risque. »

 

picto-tchat Comment bien choisir un tabacologue pour arrêter de fumer ?

Dr Arvers Votre médecin, votre chirurgien-dentiste, votre sage-femme peuvent vous indiquer un tabacologue qu’ils connaissent.

Sinon, un annuaire des consultations de tabacologie est proposé par Tabac-Info-Service : il répertorie les consultations de tabacologie sur l’ensemble du territoire.

La société francophone de tabacologie (SFT) propose aussi un répertoire des tabacologues membres de la SFT.

 

picto-tchat Il existe une multitude de recharge pour les cigarettes électroniques, existe-t-il des différences ? Faut-il faire attention à certains composants ?

Dr Arvers Vous avez raison, et cela donne l’impression d’être perdu pour choisir un vendeur d’une part, et choisir d’autre part la vapoteuse (deuxième ou troisième génération, les mods) et  le eLiquide.

 

La Fédération Interprofessionnelle de la Vape (FIVAPE) représente les professionnels de la cigarette électronique en France. Les membres de la FIVAPE sont engagés dans la défense des intérêts de la cigarette électronique et de la Vape.

 

Le 2 avril 2015 : AFNOR publie les premières normes au monde pour les cigarettes électroniques et les e-liquides, sous l’impulsion du Pr Bertrand Dautzenberg.

 

La première norme concerne les e-cigarettes. D’une part, son but est d’informer les consommateurs « sur les risques de surchauffe de la source d’énergie ou de la chambre de vaporisation ». D’autre part, il s’agit d’interdire la vente des e-cigarettes susceptibles de « couper, blesser ou brûler », ainsi que l’usage de « matériaux allergisants et toxiques ». Enfin, les risques chimiques devront être limités. Par exemple, « les métaux contenus dans la résistance de l’atomiseur ne doivent pas contenir de mercure. » 

 

La seconde norme est liée aux flacons de recharge. Les contrôles de la sécurité du flacon, de la qualité des ingrédients, de la teneur en propylène glycol, en glycérol, en nicotine et en impuretés contenues dans les e-cigarettes seront renforcés. Enfin une notice d’utilisation et une meilleure transparence sur l’étiquetage sont recommandées.

 

Certains eLiquides contenaient du diacétyle (étude américaine publiée en 2015) : la France avait déjà  interdit cette substance.

 

Avec une utilisation normale de sa vapoteuse, le taux de substances irritantes et cancérogènes est 9 à 450 fois moins élevé que dans la fumée de tabac, comme je l’avais signalé dans un billet sur le blog Addiction de PSM en 2014.

 

picto-tchat Que pensez-vous de l'hypnose pour arrêter de fumer ?

Dr Arvers : Cette question m’est souvent posée, et je réponds que l’hypnose et l’acupuncture peuvent aider à renforcer sa motivation à changer de comportement, à décider d’arrêter de fumer.

 

On ne dispose pas d’études scientifiques permettant de juger de l’efficacité de cette méthode, car il serait difficile d’avoir un groupe contrôle.

 

Cependant, ce sujet a fait l’objet du mémoire du diplôme interuniversitaire de tabacologie et d’aide au sevrage tabagique de la région Auvergne Rhône Alpes, présenté en 2015 par Ludivine Fages, infirmière hypnothérapeute. Cela concernait un petit échantillon de 10 patients suivis pendant un mois (3 consultations).

 

Associée aux traitements classiques, c’est – pour certains patients – une méthode à proposer.

 

picto-tchat Ma fille de 14 ans me parle beaucoup de la cigarette, quels arguments je dois lui donner pour ne pas qu’elle commence ?

Dr Arvers C’est très bien qu’un une discussion autour du tabac existe avec votre enfant, surtout qu’ « avant 14 ans, la consommation quotidienne de tabac reste rare, son usage augmente nettement ensuite. Dès la classe de 4e, 6 % des élèves se déclarent fumeurs quotidiens, avec un doublement de cette proportion en 3e (12 %). » comme le rappelle l’Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT).

 

Il faut lui expliquer les risques pour sa santé, pour son aspect extérieur (coloration du visage, de la peau, des mains) ; surtout si vous et/ou votre conjoint(e), vous ne fumez pas !

 

La peur n’est pas une solution, car elle peut au contraire induire de la résistance quant à l’arrêt du tabac.

 

« Les jeunes fumeurs ne pensent pas aux risques de cancers ou de maladies cardiovasculaires dans 20, 30 ou 40 ans. Ils se sentent en quelque sorte invulnérables et invincibles. Nous ne cherchons pas à les stigmatiser ou à leur faire peur. La démarche de l’Inpes est plutôt de susciter chez les jeunes un questionnement sur leur tabagisme et d'ancrer dans les esprits l'idée que le tabac, un symbole à leurs yeux d’émancipation, les prive en réalité de leur liberté. », précisait Thanh Le Luong, directrice générale de l’Inpes en 2013.

 

L’humour permet aussi d’aborder la question du tabagisme auprès des plus jeunes ; en 2003, nous avions fait « labelliser » par la MILDT (l’actuelle MILDECA) Clopin-clopant comme outil de prévention. Je l’ai ainsi utilisé en milieu scolaire auprès de collégiens et de lycéens pour échanger autour de cette pandémie.

 

Le « vrai-faux paquet de tabac » est également utile auprès des jeunes, pour aborder la question de la manipulation de des jeunes par l’industrie du tabac : le jeune est un client fidèle, dépendant de la nicotine précocement et jusqu’à son décès, qui concerne un fumeur sur deux.

Mot-clef : Addiction tabac

A propos de l'auteur

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