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Les questions sociales vues sous un autre angle

Oui à la libéralisation du métier d'aide-soignant ! (1re partie)

[ Publié le February 15, 2012 ]

Depuis quelques années, nous entendons régulièrement parler du droit au « bien vivre chez soi » associé à la fameuse – ou fumeuse selon l’expérience – notion du « maintien à domicile ».

Que nous soyons une personne âgée, handicapée, malade ou invalide, le besoin d’aide à domicile pour une toilette, une aide à l’habillage ou une prise de repas, n’a jamais été aussi criant qu’aujourd’hui. Il va sans dire que, malheureusement, elle ne va pas aller en s’amenuisant !

Mais qui répond à cette demande ? Quelles sont les compétences  proposées ?

Pendant de nombreuses années, les cabinets infirmiers se sont chargés de cette mission, en complément des soins apportés aux malades, dans le cadre des SSIAD (Service soins infirmiers à domicile). Ils sont aujourd’hui débordés et ne sont plus en mesure d’assurer cette prestation qui, d’ailleurs, ne correspond pas à leur mission première.

Mais que se passe-t-il si nous ne sommes pas malades, stricto sensu, pour la CPAM ? Si on est, par exemple, usé par le temps ou assommé par les coups de la vie ? Le besoin d’aide est alors réel, mais la prise en charge limitée.

C’est pourquoi les SSAD (service de soins à domicile) ont fait leur apparition en nombre important, captant le potentiel de cette demande croissante. Qu’ils soient associatifs ou privés, la concurrence parmi eux fait rage, les tarifs explosent.

Alors qu’obtient-on vraiment lorsque l’on fait appel à ce service ? Quels professionnels se présentent à votre porte afin de partager ces temps intimes du réveil, du repas ou du coucher ? Les aides à domicile pourraient être classées dans 3 catégories de salariés précaires, à temps partiel :

1/ Les diplômés d’état auxiliaire de vie avec une expérience de terrain ;

2/ les personnes formées à l’AFPA ou au GRETA : elles suivent des cours théorique sur l’enfance, la psychiatrie adulte et la gériatrie pendant 6 à 8 mois. Trois stages pratiques de quelques semaines en maison de retraite médicalisée, à l’hôpital et en crèche doivent suffire à intégrer l’essentiel de la prise en charge d’un enfant ou d’une personne adulte vulnérable physiquement et psychiquement. Quelques cours théoriques sont aussi proposés afin de s’assurer de leur capacité à manipuler des produits d’usage dans les locaux collectifs et à respecter des règles d’hygiène et de sécurité. Elles officient sous le terme générique d’assistante de vie. Leurs missions consistent à aider à la préparation des repas, au ménage;

3/ les personnes « motivées », sans qualification particulière, mais volontaires pour trouver du travail dans un secteur qui n’en manque pas. On les qualifie généralement d’aide-ménagère ou d’aide à domicile.

 

Attention, il est important de rappeler ici que ce n’est pas le diplôme qualifiant qui fait le bon aidant professionnel, mais bien l’inverse : c’est la personne qui construit sa compétence professionnelle.

Cependant, la formation apporte un savoir-faire et un savoir être nécessaires dans le cadre de ce métier en contact interpersonnel constant.

Les personnes dépendantes le sont du fait d’un état de santé déclinant. Il est donc essentiel de bien comprendre l’environnement général dans lequel un professionnel va intervenir. Il n’est pas juste chez quelqu’un, il est avec quelqu’un, avec la maladie, dans son lieu de vie, avec une histoire et une trajectoire de vie, une identité personnelle en perpétuelles interaction et évolution.

Un meilleur encadrement de cette profession serait un gage de qualité majeur dans la prise en charge de la population dépendante, et permettrait aussi d’accéder à la reconnaissance de ces professionnels « négligés » du service à la personne, dont on ne peut plus se passer dorénavant.

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