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Interviews d'experts

Cancer colorectal : "Seulement un tiers des 50-74 ans se font dépister."

[ Publié le 26 mars 2012 ]

Mars bleu, 4e édition ! Ce mois est l’occasion de sensibiliser les Français au dépistage organisé du cancer colorectal. Comment se réalise-t-il ? Quels sont ses bénéfices ? Le Dr Jérôme Viguier, responsable du département dépistage à l'Institut national du cancer (INCa), répond à nos questions.

Pourquoi avoir mis sur pied une opération comme Mars bleu ?
Dr Jérôme Viguier
– Nous nous sommes inspirés d’Octobre rose contre le cancer du sein. Mars est "bleu" car, au niveau international, c’est la couleur du ruban symbolisant la lutte contre le cancer colorectal. Durant ce mois, tous les acteurs de santé se mobilisent encore davantage pour sensibiliser les hommes et les femmes entre 50 et 74 ans, et les motiver à se faire dépister tous les deux ans. Actuellement, seul un tiers de cette population a répondu à l’appel. Il y a plusieurs raisons à cela. D’abord, le dépistage organisé du cancer colorectal sous cette forme est relativement récent : il a été généralisé en 2009. De plus, ce cancer a une mauvaise image auprès du public, alors qu’il se soigne très bien s’il est pris à temps. Enfin, le mode de dépistage, qui se fait par recherche de sang dans les selles, est souvent vécu comme contraignant.

Malgré cela, pourquoi est-ce important de se faire dépister ?
Dr Jérôme Viguier
– Ce cancer est très fréquent en France : le 3e en nombre de cas chez l’homme et le 2e chez la femme. C’est aussi l’un des plus meurtriers. Le taux de décès dépasse 40% à 5 ans du diagnostic, parce qu’il est encore pris en charge trop tardivement. Or, un dépistage régulier permet de le détecter à un stade très précoce. Le traitement est alors nettement moins lourd et les chances de guérison dépassent 90% ! Le cancer colorectal survient parfois dans un contexte de prédisposition génétique, d’antécédent familial ou encore de maladie inflammatoire intestinale. Néanmoins, dans la plupart des cas, il n’y a aucun contexte particulier, ce qui justifie le dépistage. Dans 80% des cas, ce cancer se développe sur une tumeur généralement bénigne, appelée polype, et touche des personnes de plus de 50 ans dans près de 95% des cas. C’est pourquoi le dépistage organisé actuel est proposé aux personnes âgées de 50 à 74 ans. Chaque fois qu’il est réalisé, le risque individuel de mourir de ce cancer diminue de 33%. Pour les sujets dont le risque est plus élevé que la moyenne, le dépistage est fait de manière individuelle, par coloscopie.

Quelles sont les nouveautés en matière de dépistage ?
Dr Jérôme Viguier
– Le test actuel s’appelle Hemoccult. Il consiste à rechercher la présence de sang occulte dans les selles, tous les deux ans. Le médecin traitant confie au patient des plaquettes en carton sur lesquelles il devra déposer deux échantillons de selles sur trois passages consécutifs aux toilettes. L’ensemble est envoyé dans un laboratoire spécialisé. Si du sang est détecté, une coloscopie – exploration du côlon – est réalisée. Ce test est fiable et performant. Or, le ministère de la Santé a annoncé pour 2013 la généralisation de l’utilisation d’un nouveau test, dit immunologique. Plus simple et encore plus efficace, il ne nécessitera qu’un seul prélèvement de selles au lieu de six. Raison de plus pour y adhérer !

Propos recueillis par Alexandra Capuano

Mot-clef : Cancer colorectal

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