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Interviews d'experts

Ados accros aux écrans : trois questions au Dr Olivier Phan

[ Publié le 9 décembre 2011 ]

Télévision, Internet, réseaux sociaux, jeux vidéo : les Français, en particulier les jeunes, passent de plus en plus de temps par jour devant un écran. Pourquoi et comment bascule-t-on dans l’addiction ? Le Dr Olivier Phan, pédopsychiatre au Centre émergence – espace Tolbiac de l’Institut mutualiste Montsouris, fait le point.

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Pourquoi et comment devient-on "accro" aux écrans ?

Dr Olivier Phan – Télévision, Internet, réseaux sociaux, jeux vidéo, téléchargements, smartphones : à 13 ans, un jeune sur deux passe plus de trois heures par jour devant un écran. Bien sûr, tous les adolescents ne sont pas "addicts" ! L’addiction induit une perte de contrôle et l’impossibilité de se réfréner. La dépendance se traduit par une sensation de "sevrage" à l’arrêt. La limite est floue entre une utilisation normale des écrans et leur abus : elle dépend essentiellement de son retentissement sur la vie familiale et scolaire. Ainsi, un adolescent qui passe une heure par jour sur les réseaux sociaux, cela peut paraître anecdotique par rapport à celui qui joue en ligne sept heures par jour. Mais quand cette heure-là lui coûte cher au niveau scolaire ou qu’elle le fait rogner régulièrement sur son temps de sommeil, et qu’il en est conscient mais ne peut pas s’en passer, il y a un problème.

 


Quels sont les signes et les effets d’une dépendance aux écrans ?

Dr Olivier Phan – Le signe qui me paraît le plus révélateur est la chute du rendement scolaire, surtout après une scolarité normale. L’addiction se traduit aussi par un isolement affectif, avec un repli sur soi et la délitation des contacts familiaux, amicaux, sociaux. Mais ces signes sont aussi ceux de la "crise d’adolescence" : leur cause n’est donc pas toujours facile à déterminer. Le surinvestissement devant un écran provoque aussi des troubles du sommeil. De plus, en face d'un écran, votre enfant fait généralement preuve d'une attention superficielle alors que d’autres activités, comme l’étude ou le sport, nécessitent une concentration soutenue. Il présente aussi une imagination plus limitée et une grande intolérance à l’ennui : il ne supporte pas d’être désœuvré. Enfin, s’il "bloque" toute la journée devant un écran, il ne bouge pas assez et présente donc plus de risques d’être en surpoids.

 

Que faire pour aider son enfant ou son adolescent à se sevrer ?

Dr Olivier Phan – Etre accro aux écrans fait partie des addictions "comportementales". Cela révèle généralement une situation de crise sous-jacente que les jeux, ou les relations virtuelles, cherchent à couvrir. Il faut d’abord comprendre pourquoi les écrans ont pris une telle place dans la vie de votre ado. Est-il en souffrance à l’école ? Le lien familial est-il relâché, conflictuel, rompu ? Par ailleurs, s’il passe son temps à jouer seul, c’est plus inquiétant que s’il chatte ou joue en réseau avec ses copains. Avant d’impulser un changement d’habitudes, il faut s’attacher à retrouver une relation de qualité. Cadrez-le en l’accompagnant, intéressez-vous à son monde virtuel. Vous aurez ainsi moins de difficultés pour l’aider à contrôler le temps qu’il y passe. Chez un enfant plus jeune, l’addiction n’est pas encore installée : entraînez-le vers d’autres activités, faites-lui partager les vôtres si possible. Enfin, si vous estimez que la situation n’est plus gérable sans une aide extérieure, n’hésitez pas à consulter.

Propos recueillis par Alexandra Capuano

 

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