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Interviews d'experts

Handicap et insertion sociale : trois questions à Pascale Stephan

[ Publié le 5 décembre 2011 ]
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Comment reprendre une vie ordinaire après une maladie ou un accident ayant occasionné un handicap ? Pascale Stephan est responsable du "service de réadaptation et insertion sociale et professionnelle" (Srisp) au Centre mutualiste de rééducation et de réadaptation fonctionnelles (CMRRF) de Kerpape, en Bretagne. Elle répond à nos questions.

Quelles formes de handicap traitez-vous à Kerpape et comment accompagnez-vous vos patients pour leur insertion sociale et professionnelle ?

Pascale Stephan – Nous sommes spécialisés dans l’exercice de la  médecine physique et de réadaptation. Nous accueillons donc des personnes présentant un handicap moteur et/ou neuro-moteur, brûlées ou amputées suite à un accident ou une maladie, ainsi que des personnes avec des atteintes cardiaques ou respiratoires. Notre spécificité repose sur  une approche globale du patient, en conjuguant soins et insertion, afin de faciliter, autant que possible, sa réadaptation sociale et professionnelle. Dès sa première semaine d’hospitalisation, le patient est amené à réfléchir sur ses conditions de vie après sa sortie. Il est accompagné, notamment, par une équipe pluridisciplinaire dédiée à l’insertion  et composée d’assistantes sociales, d’ergothérapeutes, de psychologues. Nous continuons l’accompagnement du patient jusqu’à un an après sa sortie, en lien avec les interlocuteurs externes.

 

A quels obstacles se heurte-t-on après la sortie de l’hôpital ?

Pascale Stephan – La première difficulté est d’ordre psychologique : il est très difficile de renoncer à sa vie "d’avant", d’accepter son handicap et de tenir compte de ses nouvelles  capacités et incapacités fonctionnelles dans son quotidien. Le retour chez soi implique une mise en accessibilité, c’est-à-dire une adaptation du lieu de vie. Ainsi, si vous habitiez au 5e étage sans ascenseur et que vous vous retrouvez tétraplégique, il faudra déménager. De plus, une aide à domicile sera peut-être nécessaire : il faut la trouver, ainsi que son financement. Par ailleurs, il faudra souvent adapter l’emploi ou en changer, voire en faire son deuil si le retour au travail est impossible. Enfin, favoriser l’autonomie pour un retour à une vie la plus normale possible n’est pas facile ! Par exemple, vous souhaitez aller voir Intouchables, un film d’Eric Toledano et Olivier Nakache sur le handicap, mais le seul cinéma de votre ville n’a ni ascenseur, ni rampe d’accès ! Il reste encore du chemin à faire dans ce domaine.

 

Quels sont les recours possibles pour faciliter l’insertion des personnes handicapées ?

Pascale Stephan – C’est un véritable parcours du combattant d’obtenir les informations et ressources nécessaires aux aménagements de sa vie quotidienne, professionnelle et sociale. Les maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) ont été créées afin de centraliser les demandes et de faciliter les échanges entre tous les interlocuteurs qui interviennent sur le champ du handicap. En fonction de l’âge, du vécu et de la situation personnelle, les besoins ne sont pas les mêmes. C’est pourquoi les plans de compensation du handicap sont personnalisés. Ils font ensuite l’objet d’un passage en commission départementale des droits et de l’autonomie pour  l’obtention d’un financement, notamment par l’ouverture du droit à la  prestation de compensation  du handicap. Enfin, quand il existe des aidants familiaux, ils sont incontournables ! Il faut les associer à ces démarches. Nous pouvons conseiller, informer, orienter, accompagner. Mais au final, c’est le patient et son entourage qui prennent les décisions les concernant

Propos recueillis par Alexandra Capuano

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