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Interviews d'experts

Journée mondiale de lutte contre le sida : trois questions au Pr Gilles Pialoux

[ Publié le 29 novembre 2011 ]

La Journée mondiale de lutte contre le sida, le 1er décembre, est l’occasion de se mobiliser contre cette maladie qui, en trente ans, a tué 30 millions de personnes. Au niveau individuel et collectif, la lutte passe par une prévention adéquate et un recours précoce au dépistage. Le Pr Gilles Pialoux est chef du service des maladies infectieuses et tropicales à l'hôpital Tenon, à Paris, et rédacteur en chef de vih.org. A l’occasion de cette Journée, il rappelle l'essentiel à savoir sur le sida.

Comment prévenir, ou empêcher, la contamination au VIH-sida ?

Pr Gilles Pialoux – Le préservatif demeure le socle de la prévention. A cela s’ajoutent des outils complémentaires, comme la circoncision masculine en Afrique : trois études menées en Afrique ont montré qu’elle protégeait 60% des hommes y ayant eu recours. Par ailleurs, toujours en Afrique, il a été prouvé un traitement pris au plus tôt et bien suivi permet d’abaisser de 96% le risque de contaminer son ou sa partenaire. Enfin, il est essentiel de connaître son statut sérologique. Or, malgré plus de 5 millions de tests pratiqués chaque année en France, nous estimons qu’entre 10.000 et 50.000 séropositifs ne sont pas dépistés, le plus souvent par peur ou par ignorance. Nous cherchons aussi à sensibiliser les populations dites "à risques" : les hommes homosexuels ou bisexuels, et les personnes originaires d’Afrique subsaharienne. Nous observons encore trop de diagnostics tardifs. Plus de 50% des hommes séropositifs d’origine africaine sont diagnostiqués au stade de la maladie. En revanche, les femmes ont plus souvent recours au dépistage précoce, notamment par la grossesse.

 

En quoi consiste le dépistage contre le VIH-sida, aujourd’hui en France ?

Pr Gilles Pialoux – Pour bénéficier, le cas échéant, de la meilleure prise en charge possible, il est essentiel de se faire dépister au plus tôt après une exposition. Le délai pour obtenir une réponse sûre s’est considérablement raccourci : les tests actuels sont totalement fiables entre deux et trois semaines après la prise de risque. Nous avons aussi, désormais, la possibilité de proposer des tests rapides (Trod), également deux à trois semaines après une exposition. Ils consistent à prélever une goutte de sang sur le bout du doigt, puis à la mettre en contact avec des réactifs spécifiques. Le résultat est obtenu en cinq à trente minutes.

 

Que faire après une suspicion d’exposition au VIH-sida ?

Pr Gilles Pialoux – Il faut agir vite, au mieux dans les premières heures et au plus tard dans les 48 heures suivant la prise de risque. L’idéal est de se rendre aux urgences avec son ou sa partenaire. Un médecin évalue la réalité de l’exposition et peut vérifier les statuts sérologiques grâce à des tests rapides. S’il le juge nécessaire, il prescrit un traitement antirétroviral, à prendre tous les jours pendant quatre semaines. Bien suivi, il est très efficace ! Toutefois, ce traitement n’est délivré qu’en milieu hospitalier, ce qui pose un problème d’accès : l’attente aux urgences, parfois très longue, est souvent dissuasive.

*Auteur avec Didier Lestrade de Sida 2.0 : regards croisés sur 30 ans d’une pandémie, ed. Fleuve Noir (paraîtra en janvier 2012)

Propos recueillis par Alexandra Capuano

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