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Interviews d'experts

Vaccins, en savoir plus pour mieux les utiliser : trois questions à Agnès Moinet

[ Publié le 2 novembre 2011 ]
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En France, en particulier depuis l’affaire de la grippe H1N1, les vaccins suscitent des interrogations. Se faire vacciner est pourtant essentiel, non seulement pour se protéger mais aussi pour préserver les autres. Agnès Moinet est pharmacienne. Elle s’occupe de la prévention et de la promotion de la santé à la Mutualité Française Centre. Elle fait le point sur la vaccination.

En France, les vaccins font souvent l’objet d’inquiétudes. En particulier ceux contre l’hépatite B et la grippe H1N1. Peut-on encore faire confiance à la vaccination ?

Agnès Moinet – Il y a eu plus de polémiques en France que dans les pays voisins concernant les effets secondaires supposés de certains vaccins. Notamment celui contre l’hépatite B, soupçonné de favoriser l’apparition d’une sclérose en plaques. Aujourd’hui, ce lien n’a pas été scientifiquement avéré. La campagne de vaccination de masse contre le virus grippal H1N1, en 2009, n’a pas contribué à améliorer l’image des vaccins. C’est plutôt un problème de communication. Or, il ne faut pas perdre de vue que les troubles éventuellement liés aux vaccins sont moins graves que ceux, avérés, liés aux maladies concernées. En France, seuls trois vaccins sont obligatoires : ceux contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite. Ils sont d’ailleurs administrés en même temps (DTP). Il faut avoir confiance et se maintenir à jour. Non seulement pour se protéger, mais aussi pour préserver les autres. C’est un geste citoyen.

 

L’épidémie actuelle de rougeole illustre-t-elle cette incompréhension des Français face à la vaccination ? Comment se protéger efficacement contre cette maladie ?

Agnès Moinet – La vaccination rougeole-oreillons-rubéole (ROR) n’est pas obligatoire en France mais seulement recommandée. Le taux de couverture vaccinale n’a jamais atteint les 95% recommandés pour entraver définitivement la circulation de ce virus. En ce qui concerne la rougeole, de nombreuses personnes nées après 1980 n’ont pas été vaccinées ou n’ont reçu qu’une dose. Résultat : cette maladie frappe plus durement la France que d’autres pays en Europe parce que nous sommes sous le niveau optimal de couverture vaccinale. Or, la rougeole est très contagieuse. Un seul malade peut en contaminer quinze à vingt, soit cinq fois plus que la grippe ! Si vous n’avez jamais été vacciné et que vous n’avez pas eu la rougeole dans l’enfance, vous pouvez faire procéder à une vaccination dite "de rattrapage" : deux doses à un mois d’intervalle. Ce vaccin est tout à fait sûr et efficace, vous serez protégé à vie.

 

Que faut-il faire si on ne connaît plus son statut vaccinal, ou si on a oublié un rappel ?

Agnès Moinet – Certains vaccins protègent efficacement après une seule inoculation. D’autres, comme le DTP, en nécessitent plusieurs. Chaque souche déclenche une réponse immunitaire propre à la nature du virus ou de la bactérie, et du corps humain. Si vous avez oublié un rappel, il n’est pas nécessaire de reprendre à zéro. Il suffit de repartir de là où vous en étiez. Encore faut-il le savoir, ce qui est parfois problématique pour les adultes. Le carnet de santé peut avoir été perdu, ou mal rempli. Avec l’essor d’Internet et des applications mobiles, des actions sont en cours pour vous aider à garder une trace de vos vaccinations. En cas de doute, et surtout après un risque, mieux vaut faire un rappel de DTP "pour rien" que de ne pas en faire et développer la maladie. Le tétanos, notamment, existe toujours et cette maladie peut être mortelle si vous n’êtes pas immunisé. Même en France !

Propos recueillis par Alexandra Capuano 



Mot-clef : Vaccin

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