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Interviews d'experts

"Tabac et rentrée" : trois questions au Dr Charles Brahmy

[ Publié le 8 septembre 2011 ]
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La rentrée est souvent synonyme de bonnes résolutions, notamment celle d’arrêter de fumer. Le Dr Charles Brahmy est pneumologue, allergologue et tabacologue depuis vingt-et-un ans à Paris. Membre du conseil scientifique de la Mutualité Française, il contribue régulièrement à prioritesantemutualiste.fr. Il répond à nos questions sur le sevrage tabagique.

Le gouvernement a annoncé une augmentation de 6% du prix du tabac d’ici à la fin de l’année, et 6% de plus en 2012. Ces hausses constituent-elles une motivation suffisante pour s’arrêter de fumer ?

Dr Charles Brahmy - Cette mesure est purement fiscale, et l’accompagnement au sevrage tabagique souffre toujours d’un défaut de moyens. Toutefois, si elle peut donner le coup de pouce manquant aux gens qui, jusqu’alors, ne se sentaient pas prêts à envisager un arrêt, pourquoi pas. J’observe souvent des patients qui attendent ce genre de déclic pour s’interroger sur le sevrage tabagique. Touchés au portefeuille, ils prennent conscience que fumer coûte cher, à plus d’un titre ! Et 6% de hausse, ce n’est pas rien, surtout en temps de crise.

A cela s’ajoute les bonnes résolutions de la rentrée. Vous avez profité de l’été pour vous reposer, manger léger, faire du sport. Autant d’habitudes positives que vous aurez peut-être envie de conserver au quotidien. Le sevrage tabagique participe à cette démarche.

 

Comment gérer les envies de cigarette lors du sevrage tabagique ?

Dr Charles Brahmy - Il y a vingt ans, on parlait beaucoup d’arrêt ferme. Aujourd’hui, on parle de réduction du risque : réduire sa consommation constitue une première étape vers l’arrêt. S’arrêter progressivement n’est donc plus défendu. Du reste, il n’y a pas de dogme en matière de sevrage. Cesser de fumer n’est pas tant une question de volonté que de motivation. Il faut définir ses motivations et s’appuyer sur elles pour construire son scénario d’arrêt.

Quant aux envies de reprendre une cigarette, elles peuvent être fortes au début mais s’atténuent ensuite, sans disparaître, car le cerveau se souvient des bonnes choses. Compenser par la nourriture, ou par du sport à outrance, ne les fera pas s’évaporer. Ne vous culpabilisez pas : c’est normal d’avoir envie d’une cigarette ! Comme d’avoir envie, le matin, de rester au lit au lieu d’aller travailler. Ne plus fumer est un travail qui se construit sur la durée.

 

Faut-il se faire aider pour arrêter de fumer ?

Dr Charles Brahmy - Les fumeurs hésitent moins qu’avant à se faire aider : le nombre de consultations de sevrage tabagique augmente régulièrement. Certains veulent calmer un entourage trop oppressant en s’appuyant sur une parole médicale. Pour d’autres, en particulier les femmes, il s’agit d’éviter de prendre du poids. Or, j’insiste sur ce point : à âge égal, les fumeurs ont un métabolisme – artificiellement – plus rapide que les non-fumeurs. Ils accusent donc deux à trois kilos de moins. Quand ils s’arrêtent et que leur métabolisme ralentit, ce sont ces kilos physiologiques qu’ils reprennent. Mais si la prise de poids est plus importante, le tabacologue aide à en prendre conscience et à y remédier. Je ne traite pas seulement l’arrêt de la cigarette, mais aussi les stratégies de compensation qu’on a tendance à mettre en place pour la remplacer.

Propos recueillis par Alexandra Capuano

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