Mon compte

Pas encore de compte ?  Créer un compte

Accueil > Rendez-vous experts > Comptes-rendus des chats > Diabète : le rôle de l'alimentation - 14/11/16

Rendez-vous experts

Diabète : le rôle de l'alimentation - 14/11/16

[ Publié le 14 octobre 2016 ]

diabete-rdv-expert-141116

Expert : Cécile Marie-Magdelaine, diététicienne-nutritionniste

 

picto-tchat Le régime cétogène est-il bénéfique pour une personne souffrant de diabète de type 2 ?

Cécile Marie-Magdelaine : Dans une alimentation « normale » et équilibrée, les calories sont réparties de la manière suivante : 35 à 40% de lipides, 15% maximum de protides et 50 à 55% de glucides. 

Dans le cadre d’un régime cétogène, la grande majorité des calories est apportée par des lipides : 90% des calories sous forme de lipides, 8% sous forme de protéines et seulement 2 % sous forme de glucides.

Par exemple, pour une ration à 2000 kcal, avec le régime cétogène, les apports en glucides ne doivent donc pas dépasser 40 kcal, soit 10 g de glucides (puisqu’un gramme de glucides apporte 4 kcal). De nombreux aliments, en dehors des produits sucrés, apportent des glucides : les féculents, les légumes, les fruits, les laitages (avec le lactose)… Ce régime impose donc d’en manger très peu, au risque d’installer des carences et un déséquilibre nutritionnel.

 

picto-tchat Y-a-t-il des fruits à éviter ou au contraire à privilégier dans le cas d'un diabète de type 2 ?

Cécile Marie-Magdelaine : Il n’y a aucun fruit frais à éviter ou à privilégier en cas de diabète ; par contre, les fruits plus riches en glucides doivent être mangés en quantité plus petite pour que les apports en glucides (sucre) soient adaptés.

La teneur moyenne en glucides pour les fruits est de 11g pour 100g de produit consommé.
Si on mange de la banane, qui contient 20% de glucides, on en consomme 50 à 60g et pas plus, ce qui fait un apport en glucides de 10 à 12g.


Pour le raisin, c’est la même chose, sa teneur en glucides est de 16g pour 100g de fruits ; alors il est préférable de manger seulement 70g, ce qui fait un apport de 11g de glucides.
Par contre, les fruits moins riches en glucides comme la fraise et la framboise peuvent être consommés en quantité un peu plus importante : pour 100g de fraises ou de framboises, les apports en glucides sont de 4g ; donc on peut en manger 150g avec plaisir et cela ne fait que 6g d’apports en glucides. Pensez aux framboises surgelées en hiver ; elles sont à un prix très correct.


En cas de diabète, il est fortement conseillé de consommer les fruits frais au cours d’un repas (petit déjeuner, déjeuner, dîner) et non seul en dehors des repas. Cela permet de limiter les hausses de glycémies.
Pour ce qui est des fruits séchés, comme le pruneau, le raisin sec, la figue, la datte, l’abricot sec, la banane, c’est autre chose. Ils sont classés dans « les produits sucrés » à cause de leur forte teneur en glucides ; ils contiennent entre 50 et 66% de glucides. Avec le diabète, si la personne souhaite en consommer, je conseille 2 à 3 fruits séchés (et pas plus) à manger à la place du fruit frais, dans le repas (et surtout pas hors repas).
On peut aussi tenir compte de l’index glycémique en privilégiant les fruits qui ont un index glycémique faible. Le seul souci est que les tableaux de répartition ne donnent pas tous les mêmes informations à ce sujet.

 

picto-tchat Quels sont les desserts que l'on peut consommer: compotes, glaces, salades de fruits ?

Cécile Marie-Magdelaine : Privilégiez un fruit frais, à manger « au couteau » ou en salade de fruits faite « maison » (sans ajout de sucre). En choisissant des fruits de bonne qualité, et de saison, ils auront meilleur goût. Vous pouvez faire des salades de fruits frais en ajoutant un peu de menthe fraiche ciselée, de la poudre de vanille, un peu d’orange pressée pour faire « du jus ». 

Les compotes peuvent être faites « maison » en faisant cuire des fruits sans ajouter de sucre ; parfois un petit peu d’eau s’impose pour que l’aliment ne colle pas au fond de la casserole. Vous pouvez ajouter des épices pour parfumer (poivre noir, cannelle, vanille…) ou de l’extrait d’amande amer en fin de cuisson. Si vous achetez des compotes, prenez des « sans sucre ajouté ».


Comme je le disais dans la question n°2, la cuisson et la texture influence la glycémie donc la compote augmentera plus la glycémie qu’un fruit frais. Mais parfois nous n’avons pas le choix, par exemple en cas de problème de mastication. En cas de problème de mastication, les fruits frais peuvent être légèrement mixés ou râpés juste avant consommation. La texture n’est plus la même mais ils sont toujours crus, donc avec un meilleur apport en vitamine C.


Les glaces, les sorbets, sont des « produits sucrés », donc à manger avec modération, dans les repas festifs par exemple. Si vous êtes la personne qui « fait le repas », au moment de l’achat je vous conseille de regarder les étiquettes pour choisir le produit le moins riche en glucides. Si par exemple, pour les fêtes, vous souhaitez acheter une bûche glacée au chocolat ou à la vanille, alors regardez et comparez pour 100g de produit fini, en choisissant celle qui en contient le moins.

 

picto-tchat Peut-on remplacer le sucre par du miel, notamment au petit déjeuner ?

Cécile Marie-Magdelaine : Le sucre blanc a un index glycémique élevé, alors que certains miels (ceux qui contiennent plus de fructose que de glucose), comme le miel d’acacia, ont un index glycémique plus faible. Par contre, les miels plus riches en glucose qu’en fructose vont avoir un index glycémique élevé. Il semble que les miels les plus riches en fructose soient les miels liquides… ce qui permet donc de les reconnaitre facilement.


Il est donc préférable de consommer un tout petit peu de miel que du sucre blanc… mais cela reste des apports en glucides simples de toute manière, qu’il faut donc limiter au possible.


Une cuillère à café de miel (soit environ 15g) apporte environ 12g de glucides (le miel c’est 81% de glucides) et une cuillère à café de sucre blanc (soit environ 5g) apporte environ 5g de glucides (le sucre blanc c’est 100% de glucides). Bilan des courses, il vaut mieux privilégier ½ cuillère à café de miel d’acacia qu’une cuillère à café de sucre blanc mais cela reste des apports en glucides qu’il faut intégrer à sa ration journalière.

 

picto-tchat Peut-on consommer de l'alcool quand on est diabétique ? Doit-on éviter les alcools forts ?

Cécile Marie-Magdelaine : Les conseils quant à la consommation d’alcool pour les personnes diabétiques sont les mêmes que pour l’ensemble de la population générale : une consommation limitée. Mais un diabétique doit prendre en compte d’autres effets secondaires : la modification de sa glycémie.


L’alcool a un effet hypoglycémiant (il abaisse la glycémie) ; il ne faut donc pas consommer de boisson alcoolisée sans manger un petit quelque chose en même temps ; par exemple un petit toast (pain) avec une fine tranche de fromage ou de jambon cru, du tzatziki, de la rillette de poisson, du fromage blanc et des rondelles de légumes… Quand on est diabétique, boire de l’alcool sans manger est fortement déconseillé. Si le diabétique consomme de l’alcool sans rien manger, il y a un risque d’hypoglycémie, et le risque est d’autant plus élevé si la personne concernée est sous insuline.


D’autre part, certaines boissons alcoolisées comme la bière contiennent des glucides (sucres) ; un verre (30 cl) apporte entre 6 et 15g de glucides, en fonction du type de bière consommée (y compris la bière dite « sans alcool »).
Les alcools forts contiennent plus d’alcool mais sont « normalement » consommées en quantité plus petite. Toutes les boissons suivantes apportent environ 10g d’alcool pur :

  • 25 cl de bière ou de cidre à 5°
  • 10 cl de vin ou de champagne à 12°
  • une dose de 7 cl d’apéritif à 18° type Porto ou Vermouth
  • une dose de 2,5 cl de boisson anisée (type Pastis) ou de whisky ou encore de digestif à 45° chacun. 

 

Et enfin, la consommation d’alcool favorise la prise de poids (1g d’alcool pur = 7 kcal) et il est conseillé aux diabétiquex de ne pas être en excès de poids. Encore une bonne raison de limiter la consommation d’alcool.

 

picto-tchat La préparation des aliments ainsi que la cuisson influent-elle sur la glycémie ?

Cécile Marie-Magdelaine : Une seule réponse : OUI. Pour faire simple, plus un aliment est cuit, plus il est mixé, plus il fait augmenter la glycémie. 

Par exemple, une carotte consommée crue râpée, ou cuite en morceaux, ou encore cuite en purée influencera la glycémie de 3 façons différentes. C’est pour cela qu’il est conseillé de consommer les pâtes « al dente » : elles augmentent moins la glycémie que des pâtes très cuites.


Il en est de même pour les fruits : une pomme consommée crue augmentera moins la glycémie que la même pomme consommée en compote (elle aura été cuite et mixée). Si possible, il est donc intéressant de privilégier la consommation des fruits crus, plutôt qu’en compote, même si elle est « sans sucre ajouté ».


Si vous peinez à équilibrer les glycémies, ou si vous faites des hypoglycémies la nuit, je vous conseille de réduire la consommation de féculents en purée ou trop cuits, et de fruits en compote. On va donc limiter la purée de pomme de terre et consommer de préférence les pommes de terre cuites entière ou en morceaux. On arrête le riz et les pâtes trop cuits et on consomme des pâtes « al dente » et du riz juste cuit ; on privilégie les fruits frais plutôt que les compotes (même sans sucre ajouté).


La glycémie sera également influencée par l’ensemble des aliments contenus dans le repas.

 

picto-tchat Peut-on remplacer le sucre par de l'aspartame ?

Cécile Marie-Magdelaine : L’aspartame et autres édulcorants risquent d’entretenir votre attirance pour le goût sucré ; il est donc préférable d’éduquer votre perception du goût sucré en réduisant progressivement la quantité de sucre que vous ajoutiez dans le café, le yaourt, le thé…

 

Par exemple, si vous mettiez deux morceaux de sucre auparavant dans votre café du matin, n’en mettez plus qu’un seul. En peu de temps, votre perception du goût sucré s’habituera et vous pourrez encore réduire la quantité… jusqu’à ne plus en mettre du tout. Petite astuce, comme il est difficile de casser un petit morceau de sucre en 2, utiliser en repère un stick de sucre en poudre du commerce ; ils font 5 g.

 

picto-tchat Y-a-t-il des aliments à bannir dans le cas d'un diabète de type 2 ?

Cécile Marie-Magdelaine : A bannir, c’est sûrement difficile à supporter humainement, mais à limiter certainement ! Quand on est diabétique, l’organisme peine à faire redescendre la glycémie après la consommation de glucides, alors il faut l’aider, notamment en consommant le moins de produits sucrés possible. La liste des produits sucrés est longue : sucre blanc et de canne, miel, confiture et gelée, bonbons, chocolat sous toutes ses formes (en barre, en bonbon…), sirop, jus, soda, gâteaux secs, pâtisseries, fruits séchés, glace, sorbet, certains fruits au sirop...


Si la personne diabétique souhaite vraiment consommer un produit sucré, il faut le faire en petit quantité pour satisfaire la gourmandise (et non la faim parce que si l’on a faim on mange autre chose) et surtout le consommer en fin de repas (et non hors repas), pour le même motif que les fruits.


Autre conseil : quand vous achetez un produit sucré, comparez la teneur en glucides d’un même produit mais dans différentes marques ; les apports peuvent être très différents d’une marque à l’autre.

 

picto-tchat Peut-on prévenir la survenue d'un diabète de type 2 grâce à l'alimentation ?

Cécile Marie-Magdelaine : 

On peut faire de la prévention maximale en ayant une alimentation équilibrée, avec un minimum d’activité physique. Le but est de limiter au possible les facteurs de risques du diabète : surpoids et obésité, sédentarité, hypertension, limiter les apports en acides gras saturés et enfin modifier son alimentation (= avoir une alimentation équilibrée) après un diabète gestationnel.


La formule parait simple ; alimentation équilibrée et activité physique sont souvent citées mais quand on regarde de près les facteurs de risques du diabète, ils sont très liés les uns aux autres. Je m’explique : une personne sédentaire (par exemple activité physique « canapé et zapette »), qui mange des aliments riches en excès (par exemple grignotage intempestif dans le même canapé) a de fort risque d’être en surpoids.

 

picto-tchat Peut-on guérir d'un diabète de type 2 grâce à l'alimentation ?

Cécile Marie-Magdelaine : 

Jusqu’à présent la réponse était NON ; on ne guérit pas du diabète grâce à l’alimentation mais un traitement et une alimentation adaptés permettent d’améliorer les glycémies et donc de limiter au possible les complications de cette maladie.
Certains patients diabétiques pensent qu’ils sont diabétiques uniquement quand ils ont une hyperglycémie et se disent « aujourd’hui je ne suis pas diabétique »… Pour une part importante des personnes atteintes de diabète, il y a une méconnaissance de la maladie et je pense que c’est aussi pour cette raison que les personnes ne prennent pas conscience de l’importance d’adapter leur alimentation. Si c’est votre cas, demandez à votre médecin, votre diabétologue, de vous expliquer simplement ce qu’est cette maladie. Ce ne sera pas du temps perdu, ni pour vous, ni pour lui, parce que vous aurez vraiment compris pourquoi votre alimentation doit être adaptée pour « soulager » votre organisme et limiter les hyperglycémies.


Pour vivre au mieux avec cette maladie, les conseils se résument à cela : de l’activité physique régulière (minimum 30mn de marche par jour), adapter l’alimentation, limiter la prise de poids, voire même perdre un peu de poids en excès et bien suivre son traitement.

Mots-clefs : Alimentation , Diabète

A propos de l'auteur

cecile-marie_magdelaine

Avec votre code Mutuelle, accédez en plus aux blogs santé réservés

S'INFORMER

CHOISIR

10 moments pour prendre
soin de soi

10-moments-pour-prendre-soin-de-soi

ECHANGER