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Les fondamentaux de l'activité physique chez les enfants et les adolescents 

Quels sont les déterminants qui influencent la pratique régulière de l'activité physique chez l'enfant et l'adolescent ?

[ Publié le 10 avril 2014 ]

De nombreux facteurs favorisent ou non l’adoption d’une pratique régulière de l’activité physique. Il est donc indispensable d’identifier et proposer des solutions adaptées.

famille

 

Les facteurs qui conditionnent la pratique d’activité physique de façon globale

Aujourd’hui, notre société est structurée de telle sorte que la majorité des individus n’ont pas besoin d’être physiquement actifs au cours d’une journée habituelle. De plus, un pan important de l’offre de loisirs favorise les comportements inactifs. Il apparaît ainsi que les facteurs individuels qui conditionnent la pratique d’activité physique ne peuvent plus être considérés de façon isolée mais doivent être intégrés dans un réseau complexe de facteurs intrapersonnels, interpersonnels et environnementaux. Plus spécifiquement, la nécessité de prendre en considération le contexte social, culturel, physique et organisationnel — la niche écologique — dans lequel l’enfant ou l’adolescent évolue est aujourd’hui largement reconnue.

 

Facteurs qui influencent la pratique de l’activité physique, d’après Booth :

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Sources :
Rostan F., Simon C., Ulmer Z. dir. Promouvoir l’activité physique des jeunes. Élaborer et développer un projet de type Icaps. Saint-Denis : Inpes, coll. Santé en action, 2011 : 188 pages

 

Les facteurs individuels ou intrapersonnels 

De nombreux facteurs individuels innés ou acquis influencent la pratique d’activité physique : des facteurs génétiques et biologiques, le sexe, l’âge, les compétences physiques mais aussi différents facteurs intellectuels, émotionnels ou sociologiques. Les facteurs psychologiques sont représentés par les croyances, le vécu et la confiance des individus en leur capacité à réaliser une activité physique ou à rechercher le soutien et les moyens pour y parvenir. Ils concernent aussi les bénéfices perçus : plaisir et convivialité plutôt que connaissance des effets sur la santé. Il est intéressant de noter que le plaisir associé à la pratique d’APS pendant l’enfance et l’adolescence est un élément prédictif du niveau de pratique du futur adulte. La diminution des APS pendant l’adolescence, notamment celle des filles, est multifactorielle : attrait pour d’autres activités, changements physiques, émotionnels et sociaux, augmentation de la conscience de soi, accentuation des différences entre filles et garçons, etc.

 

Les facteurs interpersonnels et sociaux 

La famille et de façon plus large l’entourage social (amis, enseignants, éducateurs, personnel de santé…) peuvent influencer la pratique d’APS par leur attitude et la transmission de valeurs ou, plus directement, par une incitation à la pratique voire leur participation aux activités. Les parents jouent bien sûr un rôle en tant que modèle sociétal mais aussi par leur capacité à moduler ou à contrôler les comportements de leurs enfants : encouragement à être actifs, inscription à des activités, accompagnement, contrôle du temps passé devant un écran... L’aspect convivial des activités, la rencontre avec des amis sont des motifs souvent cités pour la pratique d’APS de loisirs et sa poursuite à l’adolescence.

 

L’environnement et la société : le micro-environnement et le macro-environnement 

Le micro-environnement fait référence au milieu de vie immédiat de l’individu. À ce niveau, les déterminants de l’activité physique peuvent être structurels ou institutionnels et organisationnels. La disponibilité et l’accessibilité des lieux de pratique (espaces verts, zone de loisirs, chemins piétonniers, etc.) et des équipements sportifs, l’offre de loisirs encadrés, les politiques de transport urbain sont autant de facteurs susceptibles d’influencer les pratiques familiales et celles des jeunes. L’accessibilité doit être entendue ici dans ses différentes composantes : géographiques, économiques, sociales et culturelles. On identifie ainsi l’accessibilité spatiale, temporelle, financière, organisationnelle (telle que les heures d’ouverture) mais aussi l’acceptabilité (offre de compétition vs loisirs par exemple) [16]. Le temps, l’éloignement et l’accessibilité sont les freins les plus souvent cités par les parents et les jeunes eux-mêmes, notamment en zone rurale. La relation inverse entre le niveau socio-économique et la pratique d’APS des jeunes fait intervenir différents facteurs : hiérarchie de valeurs différente, moindre connaissance des bénéfices de l’exercice, ressources financières limitant l’accès aux équipements, milieux de vie moins favorables à la pratique d’APS ou moins sécurisés (violence urbaine, trafic routier).

 

Le macro-environnement fait, lui, référence à l’ensemble des croyances, idéologies, valeurs et façons de vivre observées à l’échelle d’une région, d’un pays ou d’une culture, agissant en toile de fond, ainsi qu’aux facteurs politiques et sociétaux. Des stratégies ciblant l’environnement sont nécessaires pour une efficacité à long terme.


Le rôle primordial de la famille mérite d’être souligné

famille

La promotion d’un mode de vie physiquement actif doit être l’affaire de tous (famille, éducateurs physiques, écoles, centres médico-sportifs, collectivités, professionnels de la santé…). La culture familiale, les habitudes de vie, les contraintes quotidiennes sont tous des facteurs qui influencent la pratique régulière d’activité physique de l’enfant et de l’adolescent.  Les parents ont donc un rôle primordial à jouer quant au développement d’une bonne santé physique, mentale et sociale de leur enfant : ils influencent la future pratique d’activité physique de leur enfant. Ainsi, une pratique régulière d’activité physique des parents augmente les probabilités d’une pratique chez leurs enfants.

 

Plus important encore, il existe un « continuum » entre la pratique d’une activité physique juvénile et sa pratique une fois à l’âge adulte. Une pratique régulière d’activités physiques durant l’enfance et l’adolescence augmente donc la probabilité de pratiquer une activité physique régulière à l’âge adulte.

 

Il est important d’intégrer la dimension familiale (enfant, parent, grand-parents…) car elle permet d’accroître outre l’activité physique, les échanges intergénérationnels et l’attention aux besoins de chaque génération. Dans ce cadre, il est conseillé aux parents et aux grands-parents de prendre le temps de partager des moments avec leurs enfants ou petits-enfants. L’activité physique permet de partager des moments en commun et favorise la communication. Il est recommandé que les activités réalisées fassent plaisir tant à l’enfant ou à l’adolescent qu’au parent et au grand-parent.

 

Les comportements des parents ont un effet sur la pratique de l’activité de leurs enfants. Les parents influencent les croyances et la participation des enfants à l’activité physique à différents niveaux :

  • en étant un modèle comme un entraîneur ou en participant aux activités physiques elles-mêmes ;
  • en fournissant un soutien émotionnel et des expériences positives pour la participation de leurs enfants aux activités physiques ;
  • en interprétant l’expérience de leurs enfants et en leur donnant des messages à propos de leurs habiletés et des valeurs en lien avec la participation aux activités physiques.

 

Le soutien, l’encouragement et l’investissement des parents à l’égard de leur enfant favorisent des réactions affectives et des perceptions positives chez ce dernier. Le rôle des parents est donc multidimensionnel et ne se limite pas à l’instruction de l’enfant mais également à lui apporter un soutien motivationnelle / émotionnelle en l’encourageant à être persévérant, en le félicitant et en lui donnant des conseils.

 

Les parents pourraient constituer un modèle à suivre pour leurs enfants. Par un processus d’apprentissage par observation, l’enfant adopterait les faits et gestes visibles des parents. L’enfant imiterait puis adopterait une partie du répertoire comportemental du parent.

 

Évolution du niveau d’activité physique des enfants et des adolescents au cours des dernières
décennies :

Les données de consommation alimentaire depuis 1930 indiquent une réduction substantielle des apports énergétiques sans qu’il y ait eu diminution, bien au contraire, de la masse corporelle des adolescents. Même si une sous estimation des apports ne peut être éliminée, ceci indique une diminution de la dépense énergétique totale et donc de celle liée à l’activité physique au cours de 60 dernières années.

 

On peut affirmer sans risque de se tromper que le temps consacré à des occupations de loisir de type sédentaire (télévision, jeux vidéo, ordinateur, Internet…) a augmenté de façon majeure et interfère avec les habitudes de vie des jeunes, en particulier avec leur niveau d’activité physique.

 

Pour démontrer ceci, plus d’une dizaine d’études indiquent que les performances physiques des enfants et des adolescents, en particulier leur capacité aérobie, ont diminué de façon importante ces vingt dernières années. Des études indiquent qu’il existe aujourd’hui une diminution de la capacité aérobie moyenne de 0,43 % par an, soit 8,6 % en 20 ans.

 

Filles - Garçons : y a-t-il une différence ?

De façon générale, on constate une diminution des niveaux d’activités physiques chez les enfants dès la maternelle. Cette diminution s’accentue avec l’âge de façon générale.

 

La pratique d’activités physiques diminue avec l’âge certes, mais de façon plus accentuée chez les filles que chez les garçons. Dès le plus jeune âge, les garçons possèdent une pratique d’activités physiques plus élevée que celle des filles. L’écart inter-sexes augmente avec l’âge. Cette différence apparaît dès l’âge de 4 ans, se retrouve à 9-10 ans, s’accentue lors de la puberté et persiste à l’adolescence. La pratique d’activité physique chez les filles diminue donc davantage avec l’âge, et s’accompagne également d’une baisse de l’intensité de ladite activité. Cette diminution de la pratique d’activité physique des filles a été observée dans la plupart des pays européens dont la France.

 

Les enquêtes de population indiquent que 40 à 60 % des enfants et des adolescents ne pratiquent pas d’autre activité physique que celle des cours obligatoires à l’école. Ces chiffres sont en accord avec les données des fédérations sportives qui indiquent que seuls 50 % des enfants et des jeunes adhèrent à un club ou une association sportive ou de loisirs, avec une fréquentation plus importante pour les garçons. Comme mentionné précédemment, une diminution des activités physiques et sportives de loisirs est observée avec l’âge, notamment à l’adolescence. Ainsi, à 11 ans, 65 % des enfants sont inscrits dans une association sportive alors qu’à 18 ans, ils ne sont plus que 42 %.

 

Plusieurs facteurs participent à cette diminution de la pratique d’activité physique chez les jeunes. Par exemple, la diminution de la pratique régulière d’AP pendant l’adolescence, notamment celle des filles, est multifactorielle : attrait pour d’autres activités, changements physiques, émotionnels et sociaux, augmentation de la conscience de soi, accentuation des différences entre filles et garçons, etc.

 

Les motivations des adolescents pour les activités physiques sont d’abord liées au désir de se défouler, de se détendre et de s’amuser. Viennent ensuite le fait d’apprendre, de maîtriser une technique, de sortir et de s’occuper. Les trois motifs d’abandon les plus cités sont une médiocre maîtrise de la technique, le sentiment de ne pas être bon (davantage pour les garçons) et les contraintes de l’entraînement (davantage pour les filles).

 

La perception qu’ont les parents du risque d’accident est un des facteurs qui contribue à expliquer cette diminution. Un quart des parents découragent leurs enfants de 5-12 ans à pratiquer des sports à haut risque en termes d’accidents. Les garçons sont plus concernés par cette attitude parentale (35 %) que les filles (17 %). Cette différence est certainement due aux choix des garçons quant aux activités sportives plus à risque d’accident. La notion de sécurité est donc bien présente dans les facteurs qui influencent la pratique d’activités physiques. 

 

La notion de plaisir : un moteur

Quoi qu’il en soit, le principal moteur de la pratique d’activités physiques est le plaisir. Pratiquée avec plaisir, l’activité physique dépasse les effets immédiats sur la santé de l’enfant et de l’adolescent. Il est intéressant de noter que le plaisir est associé à la pratique d’activités physiques pendant l’enfance et l’adolescence et est un des éléments prédictifs du niveau de pratique du futur adulte.

 

 

Mot-clef : Activité physique

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