Mon compte

Pas encore de compte ?  Créer un compte

> Accueil > > Blogs experts > > Blog ma santé au quotidienVaccination : point de vue du pharmacien

Ma santé au quotidien

Vaccination : point de vue du pharmacien

[ Publié le 26 avril 2016 ]

vaccination-pharmacien

Depuis quelques années, la peur de se faire vacciner émerge chez certains patients. Ils oublient l'essentiel : les vaccins sauvent des vies. Je sais qu'actuellement il y a de nombreux débats : pour, contre, avec ou sans… Je vous propose de découvrir ma position en tant que pharmacien d'officine.

 

Suis-je vaccinée ?

Oui, je me fais vacciner. Tous mes vaccins sont à jour, les obligatoires et les recommandés. Je me vaccine pour me protéger, mais aussi pour protéger mes proches, et enfin pour protéger mes patients.

Par exemple, chaque année, au mois de septembre, je m'offre une jolie seringue de vaccin anti-grippe que la voisine, infirmière de son métier, m'administre gentiment dans son salon. Je sais qu'ainsi cet hiver, je n'aurai pas la grippe, je ne la ramènerai donc pas à la maison auprès de mes enfants, et enfin, je ne contaminerai pas les patients fragiles de mon officine (les personnes âgées, les asthmatiques, les immunodéprimés…).

 

Est-ce que je fais vacciner mes enfants ?

Oui, mes filles ont les vaccins obligatoires et les recommandés.

Entre-autre, je les ai fait vacciner contre la tuberculose, la méningite, l'hépatite B, et le papillomavirus. Ainsi, je ne m'inquiète pas de vivre en Ile-de-France où le taux de tuberculose est élevé. Je suis sereine quand j'entends parler de l'épidémie de méningite à Lyon. Je sais que mes filles devront mettre des préservatifs pour se protéger du SIDA, mais qu'elles seront au moins protégées contre le virus de l'hépatite B qui peut conduire à des cancers du foie, et contre les génotypes les plus agressifs qui donnent des cancers du col de l'utérus.

 

A quoi sert un vaccin ?

La vaccination permet une protection individuelle mais aussi collective. On se protège soi, mais on protège aussi les autres.

 

  • Protection collective :

En vaccinant à grande échelle, on peut faire disparaître une maladie. Si la vaccination s'arrêtait, certaines maladies pourraient réapparaître en France.

Par exemple, la variole faisait partie des six maladies infectieuses les plus meurtrières. Grâce aux campagnes de vaccination, menée par l'OMS, la variole a été éradiquée en 1980.

De même on espère éradiquer la poliomyélite (elle est responsable de paralysies dramatiques), mais à ce jour il existe encore des foyers actifs dans le monde. Il n'y a aucun traitement, et la poliomyélite ne connaît pas les frontières. Le vaccin est donc toujours obligatoire.

 

  • Protection de son entourage :

En vaccinant les proches, on va protéger le nouveau-né, l'immunodéprimé, la femme enceinte parfois, pour qui la vaccination n'est pas possible.

 

Par exemple, la stratégie du cocooning est pratiquée pour protéger les nouveau-nés non encore protégés par la vaccination et à risque de coqueluche grave. On va faire une injection de rappel si besoin aux adolescents de la famille, mais aussi aux parents, aux grands-parents.

 

  • Protection individuelle :

Les vaccins vont protéger la personne vaccinée des complications graves de la maladie.

Par exemple, le ROR protège des oreillons, de la rubéole et de la rougeole. La couverture vaccinale ayant été insuffisante, il y a eu une épidémie entre 2008 et 2012 avec 24000 cas. Parmi ces malades, 1500 ont développés une pneumopathie grave, et 32 des complications neurologiques.

 

La crainte des effets secondaires des vaccins a remplacé la peur de la maladie.

La balance bénéfice/risque est en faveur de la vaccination. Cela veut dire par exemple qu'il y a plus de risques à avoir la rougeole que de risques à se vacciner contre la rougeole. Cependant les croyances, les médias, la perte de confiance, internet font que l'on se méfie des vaccins et non plus des maladies. 

 

Votre médecin traitant, votre pharmacien, sont là pour répondre à tous vos doutes. Écoutez-les eux, les professionnels de santé, n'écoutez pas les fausses informations véhiculées via les boites mails, les forums, les informations non scientifiques, les études mal menées, les bruits de couloir…

Alors, pour vous faire comprendre que OUI, il faut se faire vacciner, OUI, il faut vacciner ses enfants, imaginons une France sans vaccins où les maladies contre lesquelles ils nous protègent se seraient multipliées et leurs
complications avec :

Maladie pour laquelle à ce jour un vaccin existe

Complication grave potentielle (à titre d'exemple)

Rubéole chez une femme enceinte

Risque de malformation du fœtus

Oreillons

Méningite, surdité

Rougeole

PESS (maladie qui touche les neurones) mortelle ou lourdement handicapante

Tétanos

Mort par asphyxie

Haemophilus influenzae

Méningite avec séquelle, épiglottite avec asphyxie du nourrisson

Pneumocoque

Méningite avec séquelles, pneumonie

Hépatite B

Cirrhose, cancer du foie

 

Mon rôle au comptoir :

Je délivre régulièrement des vaccins et c'est l'occasion de plein de questions, de doutes pour mes patients. Voici les informations qu'il m'est arrivé de leur donner :

 

Cela ne fait pas mal, éventuellement une légère douleur au point d'injection le lendemain et une fièvre modérée ; donnez/prenez un peu de doliprane et tout ira bien.

 

- Non les vaccins ne donnent pas la maladie contre laquelle ils luttent.

 

- Obligatoire, recommandé ; ce ne sont que des mots, faites confiance à votre médecin.

 

- Pour protéger votre bébé, il faut le vacciner tôt, avant qu'il ne soit en contact avec la maladie. C'est pour cela qu'on le vaccine si jeune.

 

- Oui, on peut faire plusieurs vaccins en même temps. Le système immunitaire est très efficace et les combinaisons vaccinales ont fait l'objet d'études et sont bien tolérées.

 

- Le vaccin ROR (Rougeole Oreillon Rubéole) est pris en charge à 100 % par la Sécurité sociale pour augmenter la couverture vaccinale.

 

- Les vaccins sont efficaces en moyenne à 95 %, mais l'individu dont le système immunitaire aura été moins performant sera protégé par la vaccination de la population.

 

Sans adjuvants, presque tous les vaccins seraient moins efficaces. L'aluminium était utilisé dans la diphtérie déjà en 1923. A ce jour, le Haut Conseil de la Santé Publique estime que les données scientifiques disponibles ne remettent pas en cause la sécurité des vaccins.

 

- Pendant la grossesse, on va éviter les vaccins vivants atténués. Pour les vaccins inactivés, pas de soucis. La vaccination anti-grippale est même conseillée pendant la grossesse.

 

- On vaccine les bébés contre l'hépatite B alors qu'ils sont encore loin de démarrer leur activité sexuelle, parce que le taux de protection est presque de 100 % et ce taux diminue plus grand, et qu'aucun effet secondaire grave n'a été observé à cet âge-là.

 

- Vous rentrez chez vous sans traîner pour bien respecter la chaîne du froid, et vous conservez votre vaccin dans votre frigo, sans le coller contre la glace sur la paroi du fond afin qu'il ne congèle pas.

 

- Si vous avez oublié de mettre le vaccin au frigo, il faut le jeter et que je vous en délivre un nouveau.

 

- non le « vaccin » homéopathique n'est pas un vrai vaccin, il est juste fabriqué à partir du vaccin. Il n'a pas fait la preuve de son efficacité. Si vous êtes enceinte, diabétique, asthmatique, fragile…, ce n'est pas un bon choix. Faites le vrai vaccin.

 

Tous les vaccins doivent être notés dans le carnet de santé, on peut ainsi vérifier s’il y a besoin d'un rappel. N'oubliez pas de rapporter le carnet de santé régulièrement chez votre médecin.

 

- Le papier bleu de la sécurité sociale permet de bénéficier d'une prise en charge gratuite du vaccin contre la grippe. Si vous l’avez reçu, c’est que vous faites partie d'une population à risque, il est important de vous vacciner contre la grippe. Vous êtes plus fragile.

 

- Pour être protégé, il faut refaire le vaccin contre la grippe tous les ans car le virus mute un petit peu chaque année. Le vaccin est donc un petit peu différent chaque année.

 

 

Le calendrier vaccinal :

Il a été volontairement simplifié. A l'âge adulte, plus que quelques dates d'anniversaire à retenir : 25 ans, 45 ans, 65 ans. Puis tous les 10 ans : 75 ans, 85 ans etc.

Celui de l'Inpes vous guidera 

CHOISIR

logo_3935_ColDroite



Mal au ventre ? Gorge qui picote ? Nez qui coule ?

Comment se soigner en toute sécurité ?

En savoir plus

DERNIERS COMMENTAIRES

Pas de commentaire trouvé.