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Ma santé au quotidien

Le patient de la semaine : enfants et médicaments

[ Publié le 20 mai 2016 ]

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Dring ! Dring ! Le téléphone sonne. C'est une grand-mère qui a exceptionnellement la garde de son petit-fils Théo parce qu’il a une otite. Elle est paniquée : sa fille a oublié la pipette de l'antibiotique. Le jeune bébé hurle derrière, il a mal, il a faim. Elle n'imagine pas ressortir avec le bébé jusqu'à la pharmacie, et veut absolument utiliser une vieille pipette qui traîne chez elle d'un ancien traitement non identifié. Je m'assure qu'elle ne le fera pas, et la rassure : dans 10 minutes, nous serons chez elle avec une boite toute neuve d'antibiotique et sa pipette adaptée. Ce n'était pas une véritable urgence, l'antibiotique aurait pu attendre, mais ainsi ma jeune grand-mère n'a pas fait d'erreur médicamenteuse, et a pu vivre sereinement sa journée avec son petit garçon.

 

Pourquoi les médicaments mal administrés peuvent être dangereux pour un enfant ?

Ce qu'il faut comprendre, c'est qu'un enfant est plus vulnérable qu'un adulte en cas de surdosage, ou de mauvais usage d'un médicament. En effet, il a un poids plus léger, mais également il a un rein, un foie, un cerveau, des organes moins matures. Les réponses à un médicament pourront donc être différentes de celles d'un adulte, et certains médicaments seront plus longs à être éliminés de l'organisme. Ainsi, un enfant de 11 ans qui a un poids d'adulte ne prendra pas de médicament réservé à l'adulte sauf sur avis médical.

 

Les bonnes pratiques avant d'administrer un médicament à un enfant

Il faut toujours :

  • Utiliser des formes pédiatriques adaptées aux enfants (sauf sur avis du médecin ou du pharmacien),
  • respecter la posologie, et les intervalles entre deux prises : ne pas forcer la dose dans l’espoir que l'enfant guérisse plus vite,
  • respecter l'âge minimum (attention très variable d'un médicament à un autre !),
  • bien lire la notice et les précautions d’usage (solution à reconstituer, gélules à ouvrir...),
  • bien comprendre la dose de médicament à administrer (cuillère-mesure, dose, goutte…),
  • demander l'avis d'un professionnel de santé en cas d'automédication. Il connaîtra les contre-indications et les associations à éviter.

A retenir : au moindre doute, demandez conseil à votre pharmacien. Il n'y a jamais de question idiote en matière de santé ! Une erreur médicamenteuse ne doit pas être prise à la légère.

 

 

Conseils pour limiter les intoxications médicamenteuses

Un simple collyre, un patch de nicotine usagé, ou un comprimé de somnifère à la portée de votre enfant peuvent le mettre en danger. 38 % des intoxications accidentelles sont des intoxications médicamenteuses. Il y a donc des précautions à respecter :

  • Conservez les médicaments hors de portée des enfants, en hauteur, dans une armoire fermée. Ne laissez pas traîner le paracétamol dans la huche à pain, ou votre pilule sur la table de nuit. Rangez les médicaments après chaque utilisation, même si cela est contraignant, même si les prises sont rapprochées.
  • Rapportez les médicaments non utilisés à la pharmacie.
  • Ne transvasez pas les médicaments dans d'autres contenants.
  • Ne présentez jamais les médicaments comme des bonbons à votre enfant.
  • Demandez à vos invités de mettre leurs traitements hors de portée (sacs à main et trousses de toilette accessibles aux enfants peuvent être des trésors à explorer)
  • Sensibilisez les grands-parents aux dangers des médicaments. En effet, ils gardent souvent leurs petits-enfants, et suivent très souvent des traitements médicamenteux.

 

Comment bien donner ses médicaments à un enfant ?

  • Ne pas lui faire boire le sirop au goulot : la quantité ingérée serait impossible à évaluer.
  • Ne pas utiliser une cuillère à café (leur volume varie) : préférer la cuillère doseuse, ou la mesurette.
  • Utiliser la pipette « dose-poids » fournie avec le médicament et aucune autre. Ne pas échanger les pipettes entre deux médicaments différents : le risque de surdosage serait réel.

Prendre soin de ne pas égarer la pipette du traitement, elle lui est propre !

 

  • Comprendre l'unité inscrite sur la  pipette pour bien l'utiliser. En effet, selon la spécialité, il peut s'agir de dose-poids, mais aussi de milligrammes, ou de millilitres. Pour cela, bien lire la notice.
  • Donner les gouttes à boire au bébé, en position demi-assise, quand celui-ci est bien éveillé, en le laissant téter la pipette pour éviter les risques de fausse route.
  • Ne pas faire avaler de comprimés ou de gélules avant 6 ans. Il faut ouvrir les gélules et verser leur contenu dans une compote ou un petit-suisse. De même, on écrasera le comprimé avant de le proposer à l’enfant.
  • Pas de bain de bouche avant 6 ans : l'enfant risque de l'avaler.
  • Pas de sirop contre la toux avant deux ans (trop d'effets secondaires, risque de surencombrement bronchique), sauf pour quelques spécialités particulières ou sur avis médical.
  • Attention aux dosettes : il est facile de les confondre et d’utiliser par exemple des dosettes d'antiseptique pour nettoyer les yeux de bébé ! Il faut donc bien identifier les dosettes, et les laisser dans leur emballage pour éviter les erreurs.
  • Vérifier toujours l'âge minimum requis sur la notice. L'intitulé « enfant » n'est pas précis. Il peut signifier âge minimum 2 ans, ou 30 mois, 3 ou 6 ans, voire 12 ans.
  • Respecter les quantités prescrites et les intervalles, même pour des crèmes, des collyres ou des gouttes nasales.
  • L'absorption cutanée, nasale et oculaire est augmentée chez l'enfant : il peut y avoir un passage systémique du principe actif, et donc des effets secondaires potentiellement graves. Pour information, la couche culotte crée un milieu occlusif qui augmente l'absorption des médicaments à travers la peau.  D'autre part, on peut comprimer le coin de l’œil pour limiter le passage dans le sang quand on instille un collyre mydriatique.
  • Être prudent avec les huiles essentielles. Elles sont puissantes, les limites d'âge et les précautions d'emploi doivent être respectées.
  • Précisez au pharmacien les antécédents de votre enfant (asthme, allergie, convulsion...), lire les contre-indications (par exemple, ni anti-inflammatoire, ni aspirine en cas de suspicion de varicelle).

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