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Ma santé au quotidien

L'accès aux soins et à la santé… pour tous !

[ Publié le 25 novembre 2013 ]

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Cela pourrait être un slogan. Mais qui en est la cible ? De qui parle-t-on ? Existe-t-il des personnes totalement exclues du soin « par défaut » dans un pays moderne et solidaire, souvent cité comme modèle social dans le monde ?

 

Défaut de quoi ?

Défaut d’accessibilité architecturale, pourtant présente dans les textes depuis 1991 et reprise dans la loi du 11 février 2005, avec une action importante des collectivités et de l’État pour atteindre cet objectif d’ici 2015. La voirie et les transports, c’est en route, qu’en est-il des cabinets médicaux et paramédicaux de ville ? Des entreprises ? Des commerces ?

Un jeune de 25 ans présentant des problèmes moteurs et neuromoteurs trouve-t-il facilement un cabinet dentaire accessible avec un poste de soin pensé pour des personnes avec des gestes incontrôlés ou en fauteuil tout simplement ? Cette prévention du cancer du sein ou du col de l’utérus est-elle accessible à des femmes paraplégiques ?

 

Défaut de connaissance des pathologies des personnes handicapées et de leurs conséquences dans la vie quotidienne : alors comment faire ?

Tout professionnel de santé peut-il — ou doit-il — être expert sur toutes les situations de handicap : moteur, sensoriel, psychique, intellectuel ?

Défaut de financement ? Le nerf de la guerre me direz-vous… Mais ne réduisons pas cette question à cet unique aspect en nous dédouanant totalement de la nécessité de prendre en compte les facteurs environnementaux comme un frein à l’exercice de la citoyenneté des uns et des autres.

 

Défaut de protection sociale qui touche aussi parfois les personnes en situation de handicap : comment accéder aux soins quand on n’a pas de mutuelle ?

Certains disent que l’inclusion des personnes handicapées permet en quelque sorte de mesurer la modernité d’un pays. Il existe même des indicateurs, je crois, qui classent les pays sur une échelle de progrès social et viennent pondérer les critères du produit intérieur brut. Il est vrai que le social n’existe pas sans l’économique. Mais ne peut-on pas dire que les personnes avec des besoins de services, l’innovation dans les nouvelles technologies inspirée par la question de la dépendance, le développement du numérique créent aussi de la richesse économique et de l’emploi ? Notre télécommande utilisée par tous aujourd’hui pour allumer notre téléviseur n’a-t-elle pas été créée initialement pour des personnes handicapées ? Et la domotique entre dans la vie quotidienne de tout un chacun.

Évoquer les personnes handicapées est complexe, car ce n’est pas un « groupe social » au sens sociologique du terme, ce sont des hommes, des femmes de tous âges, toutes catégories sociales, parfois plus fragiles, plus vulnérables, parfois totalement autonomes et acteurs de leur santé.

  

Seulement un rapport de plus sur le handicap ?

Et pourtant, voici un nouveau rapport « Un droit citoyen pour la personne handicapée, un parcours de soins et de santé sans rupture d’accompagnement » rendu au gouvernement en avril dernier par Pascal Jacob, président de l’association I = MC2, avec la collaboration d’Adrien Jousserandot, lui-même confronté au handicap au quotidien et co-réalisateur du film Si tu savais.

 

Un rapport de plus, me direz-vous. Certainement, mais avec des propositions très concrètes au détour de 245 pages qui pourraient donner « le vertige » au lecteur tant la tâche semble complexe sur ce qu’il reste à construire malgré la loi du 11 février 2005.

 

Je m’arrêterai sur la proposition de créer un référent du parcours de santé.

 

Le référent du parcours de santé

Même si l’idée est séduisante, sa mise en œuvre reste complexe. Quid du rôle du médecin référent ? Cherche-t-on à avoir des professionnels experts dans le champ de la mise en accessibilité ou dans le champ de la connaissance des pathologies et de leurs conséquences sur la santé ? Sommes-nous dans le champ des pathologies chroniques évolutives ? Dans le champ du polyhandicap ? Quid des personnes vulnérables dont l’état de santé nécessite une mise sous curatelle ou tutelle avec une obligation par le représentant légal de se préoccuper du parcours de soins ? Quid des établissements spécialisés dans les soins de suite et réadaptation comme établissement de référence sur les pathologies reconnues par les agences régionales de santé avec des développements de nouveaux modes d’intervention par des équipes mobiles avec des prestations au domicile des personnes en coordination avec la médecine de ville ?
Quid des services médico-sociaux comme les Services d’accompagnement médico-social des adultes handicapées (SAMSAH) chargés par les Maisons Départementales des Personnes Handicapées (MDPH) d’accompagner les personnes dans la coordination et l’accès aux soins ?

 

Nous voilà retombés dans l’éternelle question du droit commun et spécialisé ! Doit-on rendre accessible les soins à tous partout en France pour un libre choix des praticiens par tous ou mettons-nous en place des praticiens référencés (par qui ?) Sur un territoire pour répondre à ce constat de « non-accès aux soins pour les personnes en situation de handicap » ?

 

Ce que j’en pense

Il me semble que nous sommes dans un système hybride en marche (à plus ou moins long terme) vers le droit commun, mais qui nécessite une étape intermédiaire avec une offre spécialisée d’accompagnement des personnes en situation de handicap, demandeuses soit d’une information sur l’accessibilité de lieux de soins (diagnostic territorial à mettre en œuvre en levant la question de la concurrence ?), soit d’un accompagnement « physique » pour des soins le nécessitant.

 

Alors oui, préoccupons-nous du bon déroulement du parcours de soins ! Oui, il faut sensibiliser tout praticien à mieux connaître le handicap, oui il faut repérer des typologies de parcours en identifiant le bon référent au bon moment.
Mais continuons déjà individuellement les uns et les autres dans nos pratiques professionnelles au quotidien à rechercher des solutions concrètes et accessibles pour les patients les plus démunis et en rupture de soins.

 

Cherchons à décloisonner sur un territoire les établissements, services pour trouver la réponse à un besoin identifié ! Qui peut déclencher une demande ? Avant tout, la personne elle-même ou sa famille, son représentant légal, mais aussi un Centre communal d’action sociale (CCAS), un service social, un médecin de ville, une infirmière libérale, une Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH), une association de personnes handicapée, un élu.

 

Mutualisons les bonnes pratiques de dispositifs expérimentaux développés dans des établissements et services spécialisés par type de handicap en interface avec le milieu ordinaire de vie et praticiens libéraux.

 

Adaptons nos accompagnements en prenant en compte la globalité de la personne et non pas uniquement le curatif ou le social sans se préoccuper de la question de la qualité de vie de la personne et de ses aspirations dans le plein exercice de sa citoyenneté.

 

Pour aller plus loin, je vous propose les lectures suivantes :

 

 

CHOISIR

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