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Ma santé au quotidien

Bruit de cours : comme les autres

[ Publié le 12 octobre 2015 ]

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Le mieux pour comprendre la vie d'une personne qui a un handicap c'est de la rencontrer, d'échanger avec elle et d'être confronté concrètement à des activités de son quotidien.

C'est ce que je me suis dit lorsque j'ai voulu sensibiliser les élèves sur le  handicap.

J'ai donc cherché et contacté une association qui s'occupe de l'amélioration de la qualité de vie de ces personnes. J'ai visité leur appartement témoin rencontré les responsables et parlé de mon projet en insistant sur la création d'ateliers de mise en situation. Ils ont contacté différentes associations d'handicapés qui ont toutes répondu présentes et nous avons monté ensemble ce projet pour toutes les classes de cinquième cette première année.

 

Après lui en avoir fait l'exposé le chef d'établissement a donné son accord, les enseignants en ont été informés ainsi que les élèves et leurs parents.

 

Les plannings faits pour chaque cinquième, les salles réservées, les intervenants sollicités, tout est prêt pour recevoir ces jeunes élèves pendant toute une après midi chaque mardi de ce mois.

 

L'arrivée de Gilles sur son fauteuil roulant, ne laisse aucun élève indiffèrent. Je vois leur regard sur lui et je devine leurs questions. Mais que vient faire en fauteuil roulant cet homme au port de tête fier, au sourire collé sur le visage et au regard bleu azur ?

 

Puis c'est René qui les croise dans la cour avec sa canne blanche, qui telle une baguette spéciale ouvre les groupes formés pour lui permettre le passage.

 

Malika, elle, traverse la cour en pleine récréation dans un immense silence…Personne ne remarque son handicap. Son langage va les fasciner et son atelier les attirer comme un nouveau jeu….Il en sera de même pour l'atelier de Marianne, éducatrice dans un centre pour autistes. Elle va, par une approche originale, essayer de leur faire comprendre ce que peut ressentir un enfant autiste. 

 

Les élèves s'installent dans un grand calme et je trouve leur attitude extrêmement respectueuse. Nous en avons parlé auparavant et je suis touchée par leur comportement, eux d'habitude si excités lorsqu'ils entrent en classe. Je les sens comme s'ils étaient en attente…de savoir…

 

Les intervenants se présentent un par un, expliquent leur handicap, leur vie, leur adaptation puis laissent les élèves leur poser des questions. Cela va de la question la plus personnelle surtout sur le ressenti à la plus pratique "peut on vous demander si vous avez besoin d'aide dans la rue, car on n'ose pas…". Avec énormément de tact.

 

Gilles a répondu à toutes leurs questions: "oui il se souvient quand il se tenait debout, oui cela lui arrive dans ses rêves de marcher, oui il est marié, oui il a un enfant et une vie de famille comme eux, oui il travaille". René, lui, leur demande de l'interpeller par son prénom afin de se diriger vers eux au son de leur voix et de répondre à leurs  interrogations. Devant son aisance pour se déplacer ces jeunes personnes en oublient qu'il ne voit pas. Il leur apprend qu'il a été champion de cécifoot et leur explique comment on peut jouer au football entre non-voyants avec une balle sonore. Quand il leur explique comment il mémorise un trajet, en comptant ses pas sur certains endroits ou en se dirigeant grâce aux odeurs sur d'autres, les élèves par leur spontanéité lui expriment leur admiration.

 

Après ¾ d'heure de présentation, débat et vision d'un court métrage, les élèves répartis par groupe rejoignent les ateliers préparés.

 

Dans le premier atelier ils ont un parcours à faire en fauteuil roulant, avec des difficultés de maniement et de passages d'obstacles. Dans le second ils doivent se diriger, yeux bandés, avec une canne blanche pour appréhender un parcours qu'ils ont au préalable pu étudier sans bandeau. Puis ils tentent d'échanger quelques passes avec le ballon sonore. Le troisième groupe doit déchiffrer ce qui est dit en lisant sur les lèvres, casque sur les oreilles et s'essaye ensuite au langage des signes. Ils vont y apprendre leur prénom et quelques expressions. Je suis curieuse de voir l'atelier de Marianne. Elle leur demande de recopier une phrase du tableau et en même temps elle tire sur la manche de leur vêtement les gênant dans leur écriture .Tout cela dans une ambiance de musique cacophonique et une lumière vive dans les yeux, comme pourrait le ressentir un enfant autiste. Effectivement le recopiage est loin de celui escompté, et seuls des traits en tous sens sont le résultat du travail qu'ils ont essayé de faire avec beaucoup d'effort ….

 

Une fois tous les groupes passés par les différents ateliers un débriefing est fait.

 

Les élèves n'en reviennent pas des difficultés qu'ils ont eu à manier, apprendre, s'adapter alors que eux, disent-ils, n'ont pas de handicap. Avec leurs mots d'enfants et réflexions de futurs adultes certains ont fait remarquer que ce sont les personnes handicapées qui doivent s'adapter à notre société.

 

Aujourd'hui c'est une première approche une première sensibilisation sur le handicap, un autre regard sur l'autre, qui est différent certes, mais comme les autres….

 

Car ils en conviennent, lorsque nous nous regardons nous sommes tous différents.

 

Ces rencontres les ont amenés à se rapprocher des personnes handicapées à s'intéresser à eux, à leur handicap et à toute l'ingéniosité d'adaptation que cela représente et à connaître leur courage.

 

Epilogue :

Les élèves ont été si intéressés par le cécifoot qu'une rencontre est programmée par leur professeur de sport et René.

Ceux des autres classes ont demandé à avoir cette sensibilisation et à participer aux ateliers. Ce qui est aussi prévu pour la rentrée prochaine.

 

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