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La vie secrète d'un médecin ordinaire

Je n'irai plus aux urgences ! Épisode 3 : faux départs

[ Publié le 13 octobre 2017 ]

vignette_faux_departs

Je regarde par la fenêtre, les pensées au ralenti. Dehors, il pleut tranquillement. Devant la porte vitrée, plantes à pois et plantes sensitives cherchent la lumière. Je leur donne un peu d’eau pour les faire patienter. L’appartement est en désordre. Il porte les stigmates d’un temps dédié à la rédaction de ma thèse...

 

Il est 8h30 lorsque je termine mon petit-déjeuner. Demain, je serai dans l’avion pour New-York. L’idée me réjouit.



Les thèses ont été envoyées hier au jury après un faux départ qui m’a valu quelques sueurs froides. Je venais à peine de les poster lorsque je me suis aperçue avec effroi qu’il manquait l’article princeps dans le corps de texte. Abandonnant mon chocolat chaud « home made » tout juste commandé au troquet du coin, j’ai couru vers la poste et suis allée négocier leur libération conditionnelle.

C’est comme ça que j’ai pu récupérer in extremis les manuscrits et les ramener à l’imprimeur, qui les a redécoupés au massicot, a rajouté les vingt pages manquantes et a refait les couvertures. Après quoi je les ai ramenés à la poste, juste avant la fin de leur permission. Cette fois-ci, les thèses sont bien parties et la balle est dans le camp des rapporteurs.

Il est 9h. La sonnette retentit. Je suis toujours en pyjama.

Faux departs 1

J’ouvre à la nana de la poste qui me remet un colis. Chouette, la valise roulette tombe à pic !

Il est 12h45. Je rejoins Clara pour déjeuner. En discutant avec elle, je comprends que je n’ai pas le bon papier d’autorisation d’entrée sur le sol américain. Après un café gourmand rapidement expédié, je fonce à l’appartement. Au bout d’une heure de clics intempestifs sur internet, je parviens à me dépêtrer de la situation.

Il est 15h. Je file à l’hôpital récupérer le poster que je dois présenter au congrès de Baltimore sur ma thématique de recherche. J’arrive avec une demi-heure de retard au service communication et j’embarque l’affiche illico presto.

Il est 16h quand j’arrive à l’appart. Je regarde l’affiche qui me parait bien grande. Après une recherche frénétique dans les placards, je mets la main sur un mètre ruban qui m’ôte enfin le doute: ouf, le document ne dépasse pas les dimensions autorisées !

 

C’est comme ça que mon cœur s’est remis à battre ce matin, après quelques semaines de sidération, de flottement, de temps suspendu. Après ces quelques semaines à la traine sur ma propre vie, incrédule sur mon propre sort. Demain, je serai dans l’avion pour New-York…

Faux departs 2