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Une réflexion sur l'équilibre alimentaire

Télémédecine : l'acte nouveau est arrivé

[ Publié le 23 janvier 2018 ]

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La télémédecine est devenue une réalité (merci de ne pas me faire parler de « télé-réalité », tout au moins au sens commun de la formulation, car on pourrait tout de même la qualifier de « réalité de loin »).

Il est temps en tout cas de se pencher sur ce nouvel exercice. Car il s’agit sans doute d’un changement majeur dans la pratique médicale.

Une pratique déjà inscrite dans la loi  « Hôpital, patients, santé, territoires (HSPT) » de juillet 2009.

 

Ces quelques mots…

Tout d’abord un point de définition : la télémédecine est une pratique médicale qui met en rapport par l’intermédiaire des nouvelles technologies de communication des professionnels de santé (dont un professionnel médical) et d’autres professionnels de santé (dont un professionnel médical) et/ou un patient.

Il s’agit d’un terme générique qui peut recouvrir plusieurs actes, des actes par définition réalisés à distance, dont :

  • la téléconsultation : un médecin donne une consultation à distance ;
  • la télé-expertise : un médecin sollicite l’avis d’un confrère « expert » ;
  • la télésurveillance médicale : un médecin surveille et interprète les données médicales (et notamment de biologie et d’imagerie médicale) d’un patient ;
  • la téléassistance médicale : un médecin assiste un autre professionnel de santé dans la réalisation d’un acte.

 

C’est le progrès !

C’est le progrès, évidemment. Si au lieu de faire la queue en consultation, a fortiori aux urgences, on pouvait déjà communiquer la photo de sa lésion dermatologique ; si, ensuite, l’infirmière à domicile peut communiquer au dermatologue les données de l’évolution de la lésion traitée.

Si tout sujet diabétique peut communiquer à son diabétologue l’évolution de ces glycémies, le diabétologue recevant par ailleurs les données de la biologie (la « fameuse » hémoglobine glyquée), de l’examen du fond d’œil…

Si… Etc.

C’est le progrès pour tous :

  • pour les patients, qui ne sont plus toujours obligés de se déplacer pour bénéficier d’un avis médical ;
  • pour les soignants, qui pourraient très bien communiquer leur avis de façon économique (le diabète au logis !) ;
  • pour les hôpitaux, lesquels cherchent à tout crin à impulser un virage fort vers l’ambulatoire ;
  • et enfin pour les prestataires, pour ceux qui proposent les outils de communication et les services d’aide, et qui se bousculent déjà au portillon.

 

C’est le progrès… d’avant-hier !

En effet, la télémédecine existe depuis le millénaire précédent.

Non, je ne parle pas du morse ou des sémaphores ; je parle de la régulation médicale opérée par les médecins des centres 15, par les médecins du SAMU, lesquels reçoivent au téléphone de nombreux appels depuis les années 70 (depuis un demi-siècle !).

Et si je joue sur les mots, je peux dire que j’exerce personnellement la télémédecine quand je reçois un enfant à la place d’un parent malade et qui ne peut pas se déplacer ou qui présente des troubles cognitifs. Quelque part, j’agis à distance, vis-à-vis du sujet malade qui n’est pas présent physiquement en consultation.

 

Loin des yeux, loin du corps ?

On ne peut même pas dire cela. Car les moyens déployés avec la télémédecine permettent de voir à distance.

Par contre, loin du corps, oui, par la force des choses. Et à ce sujet, il convient d’être vigilant. Car la télémédecine fait courir le risque d’une amplification d’un mouvement en cours : le corps est moins de moins en moins investi, le corps est de moins en moins examiné (confère les nombreux examens d’imagerie médicale demandés en lieu et place d’un bon examen clinique).

En deux mots plutôt qu’en cent : le corps tend à perdre sa réalité.

 

Des effets secondaires

Merci, là aussi, de ne pas me faire dire ce que je n’ai pas dit. Ce n’est pas parce que je viens de mettre en exergue des conséquences possiblement négatives que j’annule secondairement les avantages présentés en premier lieu : thèse, puis antithèse, puis… prothèse, car tout serait cassé ?

Je dis plutôt ceci : le réel, le seul, le vrai ; c’est le global. Il faut donc être particulièrement attentif à ne pas fonctionner avec des œillères, à ne pas considérer que les vertus du « progrès » ; notre responsabilité consiste à prendre en considération tous les aspects à la fois.

Par exemple, qui peut dire aujourd’hui que le téléphone portable n’a que des avantages ?

De toutes les façons, ce n’est pas la télémédecine qui « est bien » ou qui « n’est pas bien », la télémédecine en tant que telle, c’est ce qu’on en fait !

C’est le « rapport à » que nous nous devons de considérer. Encore une fois, en responsabilité (collective).

NOTRE EXPERT

Photo-Dr-Lalau

  • Jean-Daniel Lalau, nutritionniste

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