Mon compte

Pas encore de compte ?  Créer un compte

> Accueil > > Blogs experts > > Blog du Professeur LALAUSeul avec soi-même...

Une réflexion sur l'équilibre alimentaire

Seul avec soi-même...

[ Publié le 2 février 2016 ]

solitude-alimentation-seniors-01022016

Je veux dédier ce thème
A tous ceux que l’on aime
Et qui, face à une table peu amène,
Sont seuls avec eux-mêmes.

 

Lucullus chez Lucullus

Je ne parle pas de Lucullus qui dîne seul chez Lucullus : de Lucullus, ce richissime aristocrate qui n’est pas invité ce soir chez tel ou tel praticien dans sa bonne ville de Rome et qui, rentrant au terme de sa journée chez lui, engueule son esclave parce que la table n’est pas dressée avec ses plus beaux atours ; parce que les mets présentés n’ont rien d’exceptionnel.
M’enfin quoi, rugit-il : « Ce soir Lucullus dîne chez Lucullus ! ». D’un air de dire : allez, ouste, mettez les petits plats dans les grands ; puis les grand plats dans les très grands !

 

Bien dans son assiette

Et voici bientôt notre Lucullus attablé pour les meilleures agapes (du foie gras aux figues, des langues de flamant rose farcies, etc.).
Il est certes seul, socialement, ce soir – au plan mondain dirait-on aujourd’hui – mais Madame son épouse n’en est pas moins là, les enfants peut-être ; et une cohorte d’esclaves viendra bien servir les plats fastueux.

 

Je parle plutôt de Pierre, Paul, Jacques…

Je parle de l’homme esseulé ; un homme souvent encore moins autonome pour bien s’alimenter, quand il devient veuf, et qu’il n’a jamais fait la cuisine.
J’évoque bien sûr aussi le cas des femmes seules. Il y a d’ailleurs plus de veuves que de veufs ; et il y a aussi le cas de toutes les femmes séparées, et dont les enfants ont déjà quitté la maison. Et quand bien même ces femmes auront généralement eu une habitude de préparer les repas du quotidien ; quel peut-être le plaisir de dresser ce soir une belle table, d’acheter des aliments raffinés, de préparer des plats dignes d’un grand restaurant, quand on est seul avec soi-même ?

 

Un conjoint sur ordonnance ?

Nous touchons là la limite absolue du conseil en nutrition : comment peut-on faire pour instaurer, ou pour restaurer, un équilibre alimentaire, quand on est seul, encore seul, et toujours seul, et que l’on doit pour autant faire attention à son poids, à son diabète, à son cœur ?
Nous ne pouvons pas prescrire un époux sur ordonnance ! (de la même façon que l’on ne peut pas donner le temps que certains n’ont pas pour déjeuner correctement ; que l’on ne peut pas donner les sous que certains n’ont plus pour s’alimenter correctement ; ou l’ambiance propice à l’équilibre alimentaire quand la vie est infernale dans le boulot ou à la maison).

 

Et alors : le poids, le diabète, la prévention cardiovasculaire ?

Comment faire malgré tout, pour s’approcher de l’équilibre alimentaire ? Chez nous, soignants, pour ne pas baisser les bras dans une conjoncture par trop pathétique ?
(un temps d’attendre pour répondre…) Je vous le dis tout de suite : je n’ai pas de « recette ».
Ce que je vais faire, c’est tenter de trouver un équilibre dans mon propos déjà, entre la prescription d’un équilibre alimentaire strict, comme si de rien n’était, mais un équilibre inapplicable au bout du compte ; et la posture d’abandon, au contraire, puisqu’à la fin des fins de journée interminable il n’y aurait plus de force morale que l’on puisse mobiliser.
Il faudrait essayer de faire contre mauvais fortune, relativement bon cœur…

 

Rédiger une ordonnance, malgré tout

Il n’y a aucune raison pour qu’une ordonnance soit le lieu de prescription exclusif de médicaments.
Des conseils, au contraire, pour l’équilibre alimentaire, peuvent très bien être prodigués. En l’occurrence, toujours sur la base des groupes d’aliments (les aliments protéinés, les féculents, les…) ; mais en l’espèce avec une facilité pour préparer, avec quelques éléments encore simples pour conférer de la saveur. Avec des conseils encore pour les achats, comme autant d’opportunité de lien social.

 

Excusez-moi du peu

Je n’ai donc pas de recette. Mais les conseils du soignant, qui s’est tout de même impliqué ; et son implication même, précisément, peuvent peut-être aider quelque les personnes seules à aider à puiser en elles-mêmes le mieux possible les ressources physiques et morales encore disponibles.

 

La racine « méd » du mot « médecin », issue de l’indo-européen, n’a-t-elle pas le (joli) sens de « remettre en ordre à partir du chaos » ?
De remédier donc, tant que faire se peut ?

NOTRE EXPERT

Photo-Dr-Lalau

  • Jean-Daniel Lalau, nutritionniste

CHOISIR

logo_3935_ColDroite



Retour à la maison ?

Notre assistante sociale vous conseille pour organiser le retour d'un proche après une hospitalisation, un séjour en maison de convalescence...

 

En savoir plus

DERNIERS COMMENTAIRES

Pas de commentaire trouvé.