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Une réflexion sur l'équilibre alimentaire

Poids et règles

[ Publié le 5 septembre 2017 ]

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Parmi les complications associées au surpoids, on cite en premier lieu les complications cardiovasculaires, le retentissement mécanique (les hanches, les genoux, etc.), le syndrome d’apnée du sommeil, et le diabète.

Une autre encore (notamment !) est à prendre en considération : le retentissement sur la fonction ovarienne.

Développons donc ce point, et abordons même plus généralement l’incidence des variations pondérales sur les règles.

 


Influence sur les premières règles

Etonnamment, le surpoids chez la pré-adolescente avance la puberté et donc l’âge des premières règles. Alors que chez le garçon, c’est juste l’inverse.

Cela peut-il se comprendre ? Pour la bonne et simple raison que l’acquisition d’un capital graisseux significatif réalise un véritable signal positif pour la puberté.

Je vais dire les choses ainsi pour m’en expliquer : la mise en route de l’activité génitale, c’est bien pour pouvoir préparer (dans quelques années !) une grossesse. Et pour qu’il y ait grossesse, il faut qu’il y ait le gage d’une réserve d’énergie suffisante pour mener la grossesse à son terme.

Pour le dire un peu trivialement, un peu comme si les fesses parlaient au cerveau (à l’hypothalamus en particulier) : c’est bon, j’ai les réserves qu’il faut, maintenant tu peux dire aux ovaires…

 

Tout s’explique…

Cette acquisition d’adiposité est précisément un facteur de survenue plus précoce des premières règles (on parle aussi de « ménarche ») chez la jeune fille africaine.

Dont on sait qu’elle a volontiers un « bon postérieur ». Mais cette disposition naturelle doit être distinguée de l’accumulation cette fois anormale de graisse dans les fesses chez certaines femmes, africaines elles aussi (en particulier de l’Est, dont chez des Pygmées), et que l’on nomme « stéatopyges », du grec steatos, qui veut dire « gras », et pygê (ou plutôt pugê) : « fesse ». Ceci à la différence de « callipyge », qui a le sens cette fois de « belles fesses ». Une Vénus, en quelque sorte !

 

Tandis que le garçon ronge son frein…

Tout en se voyant non rarement pousser des seins. Ce qui est tout de même un peu fort de café !

Eh oui, la même surcharge pondérale retarde la puberté chez le garçon, de sorte que le manque de sécrétion franche d’androgènes (de testostérone bien sûr en particulier) fait que l’action sur le sein des œstrogènes que sécrètent aussi le testicule n’est pas assez contrée (ce développement mammaire péripubertaire s’appelle une « gynécomastie », situation à distinguer de l’« adipomastie » : dans le premier cas, ce qui fait saillie sous le T-shirt, c’est de la glande ; dans le second, c’est… du gras. Mais rien n’empêche de développer les deux ensemble pour le même prix, avec donc une « adipo-gynécomastie » !).

 

Pas de chocolat, pas de…

Réciproquement, dans l’amaigrissement, chez la jeune fille qui perd du poids, qui bannit toutes les graisses par exemple – vous voyez ce que je veux dire – il n’y a pas de règles, quand elles ne sont jamais survenues. Et il n’y a plus de règles, quand la puberté s’est déjà manifestée (le terme technique est « aménorrhée » ; une aménorrhée respectivement primaire ou secondaire, respectivement selon les deux cas que je viens d’évoquer).

La nature est bien faite, quand même : s’il n’y a pas assez de réserves, s’il n’y en a plus assez, autant empêcher toute velléité de grossesse !

Il convient toutefois de rassurer à ce sujet les anorexiques, qui peuvent légitimement s’interroger sur leur fertilité plus tard (quand il viendra enfin, le prince charmant ; pour l’heure en phase de plein amaigrissement, la grossesse n’est pas du tout à l’ordre du jour ; mais alors, pas du tout) : l’amaigrissement induit comme un freinage de l’ovaire, un freinage pur et simple ; l’organe est sain sinon. Pour le dire autrement, il n’y a pas de perte de chance pour plus tard.

Quand dans l’anorexie les règles reviendront au cours de la (très lente) récupération de poids, ce sera alors un signal très fort d’évolution favorable.

 

Oligospanioménorrhée

– Vous ne pouvez pas parler français comme tout le monde ?

Je suis désolé… On a des termes techniques pour énoncer précisément les choses : « ménorrhée », c’est donc pour qualifier les règles ; « oligo », c’est pour dire « peu » ; et « spanio » enfin, c’est pour dire « espacé ».

En clair, ce terme désigne des règles qui peuvent ne durer qu’une à deux jours et qui peuvent être espacées d’un intervalle de plusieurs mois.

Une telle observation est assez fréquente dans la grande obésité (avec un IMC > 40) ; et elle aussi, en miroir de l’anorexie, doit probablement être vue comme adaptatrice, pour la raison que la grossesse qui serait menée dans une telle condition serait à risque.

 

La nature est bien faite, non ?

 

P.S. (= papier suivant) La semaine prochaine, nous verrons le sujet de « poids et poils ».

NOTRE EXPERT

Photo-Dr-Lalau

  • Jean-Daniel Lalau, nutritionniste

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