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Une réflexion sur l'équilibre alimentaire

Poids et poils

[ Publié le 14 septembre 2017 ]

poids-poils

Nous avons vu la semaine dernière l’incidence des variations pondérales sur les règles.

Voyons maintenant leurs conséquences sur la pilosité.

Et – vous me permettrez, mais c’est bien pour mettre en avant la difficulté – ce n’est pas poilant du tout.

 





Ces quelques maux…

Commençons d’abord par donner quelques mots, quelques éléments de langage.

Il convient, en effet, de distinguer deux choses :

  • L’hyperpilosité. Elle concerne la pilosité dite « ambosexelle », celle que l’on rencontre et chez l’homme et chez la femme, au niveau des bras et des jambes en particulier. En deux mots : de même siège, donc de même nature (dans les 2 sexes) ; mais bien sûr pas de même intensité : elle est plus apparente chez l’homme. Quand cette pilosité est encore accentuée chez la femme, c’est alors une… hyperpilosité. Elle est génétiquement programmée ;
  • L’hirsutisme. Les choses se gâtent… Cette fois, il s’agit de l’apparition de poils dans des territoires anormaux. Pour le dire comme cela, là où il n’est pas normal d’avoir des poils chez la femme : sur la face au niveau du menton et de la branche montante des maxillaires ; autour des aréoles mammaires et entre les seins ; en sous-ombilical, avec un losange constitué d’un triangle inversé atteignant l’ombilic surajouté au triangle pubien normal ; en haut des fesses.

Pour être complet, nous pourrions encore citer le lanugo. Vous savez, ce fin duvet qui couvre le corps du bébé. Eh bien, il réapparaît chez l’anorexique, du fait de la carence en œstrogènes.

 

Et il y a hirsutisme et hirsutisme

En effet, on peut rencontrer trois cas de figure, selon les mécanismes suivants :

  • Un excès d’hormones mâles, et notamment de testostérone ;
  • Un défaut d’hormones féminines, ce qui revient à un excès, cette fois relatif, en hormones mâles ;
  • Un excès de rien du tout ; les hormones sont normales, merci pour elles, mais il y a quand même ce fichu hirsutisme parce que les hormones font plus d’effet sur le follicule pileux. Il s’agit donc cette fois d’une hypersensibilité aux hormones mâles.

 

Et votre sujet SVP

J’y viens ! Mon sujet, justement, c’est la femme, la femme qui a pris du poids.

Et là encore, on a deux grands cas de figure (on a en définitive un vrai problème en gigogne !) :

  • Nous avons vu que dans la grande obésité, il y a des troubles des règles, mais aussi souvent un problème de pilosité excessive, d’hirsutisme. Il y a en effet des anomalies hormonales, subtiles, mais conjuguées, et aboutissant à un certain déficit en œstrogènes et à un peu d’excès d’hormones mâles ;
  • Il existe en outre un syndrome (= ensemble de signes), dit « syndrome des ovaires polykystiques » (= SOPK), avec un excès cette fois patent d’hormones mâles (= hyperandrogénie) d’origine ovarienne. A ceci s’associent donc d’autres signes : une résistance à l’insuline, laquelle peut faire le lit d’un diabète ; des règles peu fréquentes, peu abondantes, et irrégulières ; des petits kystes à l’échographie ; des troubles de la fertilité ; un hirsutisme ; et souvent… un surpoids ou une obésité.

 

Entre les deux…

Le rôle du médecin, c’est d’abord et avant tout d’établir un diagnostic. Mais en l’occurrence, nous avons vu que les signes cliniques des deux dernières situations se chevauchent ; et il se trouve que le syndrome des OPK est extrêmement fréquent, et que l’obésité est… est extrêmement fréquente.

La question-clé est donc de savoir si l’hirsutisme est simplement associé à l’obésité, ou si elle est liée, dans le cadre d’un SOPK.

La distinction pourra alors être faite par des dosages hormonaux (notamment par celui de l’hormone dite « anti-müllérienne », dont le taux est élevé dans le SOPK), l’échographie (si possible par voie endo-vaginale), et enfin… par l’évolution, après réduction du poids.

 

Et le traitement ?

La réduction du poids est donc importante. Dans le SOPK, un traitement anti-androgénique est efficace (l’Androcur®), mais… il peut faire prendre du poids (et il faut aussi lui associer des œstrogènes).

Il faut donc souvent combiner un traitement local. Mais pas de rasage ! Il faut aller voir un dermatologue, pour une épilation électrique.

 

P.S. Pour cette épilation, il vaut mieux demander un devis avant. Des fois que certains fassent payer au poil… L’idée n’est pas de dégraisser le porte-monnaie ! 

NOTRE EXPERT

Photo-Dr-Lalau

  • Jean-Daniel Lalau, nutritionniste

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