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Une réflexion sur l'équilibre alimentaire

Le sucre, notre meilleur ennemi ?

[ Publié le 30 janvier 2018 ]

sucre

Non, je ne regarderai pas le film « Sugarland » : je n’aime pas les films d’horreur.

Surtout que c’est un film qui n’a jamais de fin. N’attendez pas « The end » pour être enfin soulagé, le sucre frappera encore. C’est un serial killer…

Curieuse inversion en tout cas, inversion historique même : jusqu’à récemment, ce sont les lipides qui ont été honnis : chasse au gras, promotion du yaourt à 0,0%.

Mais – évolution des temps donc – c’est le sucre qui est maintenant sur la sellette.

Le sucre vous guette

Car même si vous ne le voyez pas, lui (et les industriels…) vous guette.

Et il y en a partout : dans le sucre (de cuisine), ça vous le saviez ; dans les sodas, vous le saviez aussi (mais saviez-vous : l’équivalent de 33 morceaux de sucre de 5 g. pour un magnum ?) ; mais encore dans de nombreux produits laitiers, les fruits en sirop, le ketchup, des sauces vinaigrettes, des barres de céréales, le thé glacé, les smoothies, etc.

 

Conclusion des courses : à bas le sucre ?

C’est là où je veux en venir.

Est-ce à dire : 0 sucre ? (Et j’ai bien vu de mes yeux vu une diapositive lors d’un congrès international dédié à la prévention cardiovasculaire concluant la présentation avec un « No sugar » en grosses lettres).

 

Aujourd’hui on dépasse – en moyenne bien sûr – l’apport recommandé en glucides simples d’un facteur 2, à environ
100 g. (par jour) contre 50 recommandés. Aussi convient-il de ne pas confondre l’absolu et le relatif ; réduire l’excès de sucre, et le supprimer tout court, comme s’il était un agent toxique en soi.

Ce n’est assurément pas la même chose.

 

Le risque du danger

Aux professionnels de santé donc de ne pas relayer la représentation commune de l’agent maléfique selon laquelle le sucre est dangereux, et il est dès lors à éradiquer.

Cela ne marche pas comme ça : il ne faut pas confondre danger, selon une logique binaire (oui/non), et risque (selon une approche graduée).

Pour quantifier le niveau de risque, il existe bien une échelle de Richter ! Logique que les cardiologues et autre « préventologues » ont bien reprise à leur compte en proposant une approche intégrée des « facteurs de risque (de maladies cardiovasculaires), en évaluant le « risque cardiovasculaire absolu ».

 

- Vous êtes venu(e) en voiture ?

La question est sotte et grenue pour les consultants qui viennent de loin. Mais elle a une visée pédagogique :

- (réponse) Euh, oui…

- Vous n’êtes pas obligé(e) !

- ???

- Vous pouvez très bien pousser en voiture ! Mais c’est plus fatiguant…

 

Ceci pour interpeller sur cette  nécessité qu’il faut bien un apport énergétique. Notamment le matin, pour démarrer la journée. Et pour continuer à filer la métaphore de l’automobile, il faut bien des sucres starters (même si les nutritionnistes sont moins intransigeants que par le passé, en n’imposant plus le petit-déjeuner. Ne plus imposer est une chose et établir une recommandation en est une autre !).

 

Une calorie peut-elle en cacher une autre ?

Il y aurait évidemment beaucoup de choses à dire sur les sucres, sur les effets nocifs d’une consommation excessive, en prenant en compte : la teneur en calories (nettement moindre que celles des lipides), l’effet sur l’appétit, le devenir des calories ingérées (le stockage des glucides est moins aisé que celui des lipides), l’effet hédonique (« J’ai trempé mon doigt dans la confiture », nous dit le poète René de Obaldia), l’effet cariogène, etc.

 

Il y a une chose importante à prendre en considération sur un plan métabolique encore : les sucres simples sont de puissants agents sécréteurs d’insuline ; et l’insuline est une puissante hormone de mise en réserve.

 

C’est assez subtil au bout du compte : les glucides en eux-mêmes sont aisément dégradés (oxydés) par l’organisme, et c’est ainsi que l’on ne stockerait pas les calories d’origine glucidique ; dans le même temps ils font secréter de l’insuline, laquelle est bien une « hormone de réserve ».

 

Des sucres donc, oui,

Mais des sucres lents ou avec des fibres, pardi !

NOTRE EXPERT

Photo-Dr-Lalau

  • Jean-Daniel Lalau, nutritionniste

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