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Une réflexion sur l'équilibre alimentaire

L'obésité. Ou l'épidémio-logique

[ Publié le 1 août 2017 ]

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Il y a les chiffres, et puis ce que l’on en fait.

Regardons cette scène.


La scène se déroule…

Je l’ai connu dans ma région : des réunions organisées avec des instances régionales à propos de tel ou tel problème de santé. On fait signe d’abord à l’OR2S (enfin quoi… : l’Observatoire régional de la santé et du social), et bientôt les chiffres vont défiler, les cartes se déployer, les indicateurs surgir…

 

En l’occurrence, imaginez que selon un schéma tout-à-fait identique on vous présente des données relatives à l’obésité à l’échelle mondiale. Rien moins que dans 195 pays, et avec une évaluation des conséquences sur la santé sur une période de 25 ans.

Ça en imposerait, non ?

 

Des chiffres de poids

Dans un article publié récemment dans notre meilleure revue – le New England Journal of Medicine(1) – il est donc fait état d’une analyse impressionnante : une étude de données concernant 68,5 millions de personnes dans le monde, pour apprécier la prévalence du surpoids et de l’obésité, chez l’enfant et chez l’adulte, entre 1980 et 2015. Etude doublée d’une autre : celle de l’évaluation des conséquences sur la santé du surpoids et de l’obésité, cette fois dans l’intervalle de temps de 1990 à 2015.

 

The GBD

Pardon ? The GBD ! Le « Global Burden Disease », que l’on peut traduire par “charge mondiale de la morbidité”, en l’occurrence liée à l’obésité.

En fait, le « GBD » est tout simplement ce que l’on fait de best sur l’obésité over the world. La morbi-mortalité en l’occurrence est évaluée par la mortalité (ça, vous l’aviez deviné) et un critère composite faisant la somme des années avec une morbidité (en clair : avec un handicap) et des années de vie perdues en raison précisément du surpoids/obésité.

Cela a été réalisé à partir des différentes études accessibles dans la littérature scientifique et relatives à l’IMC, au surpoids, et à l’obésité.

 

Diapo suivante s’il vous plaît

C’est maintenant que les chiffres vont véritablement défiler (et l’orateur aura repris son souffle par plusieurs fois) :

  • En 2015, on estime qu’il y avait près de 108 millions d’enfants et de 604 millions d’adultes obèses dans le monde ;
  • L’obésité est plus fréquente chez la femme que chez l’homme ;
  • Le pic de fréquence de l’obésité est observé entre 60 et 64 ans chez la femme, et entre 50 et 54 ans chez l’homme ;
  • La prévalence de l’obésité a doublé dans plus de 70 pays depuis 1980 ;
  • Dans de nombre pays, la prévalence de l’obésité a augmenté plus chez l’enfant que chez l’adulte ;
  • En 2015, on considère qu’un excès de poids a contribué au décès de 4 millions de personnes, dont près de 40 % avec un IMC inférieur à 30 (et donc non obèses) ;
  • Cette mortalité est attribuée pour plus de 2/3 aux maladies cardiovasculaires, le diabète venant en second lieu ;
  • Seule consolation, cette mortalité cardiovasculaire a pu décroître dans la période de 1990 à 2015.

 

Et maintenant ?

En général, ce qui se passe, après ce genre d’exposé, c’est un effet de saisissement : ah, finalement, cela fait tant ! Et tant ! Un saisissement suivi d’un certain abattement. Sous le poids des chiffres…

Et puis, l’effort a été tel pour réaliser cette étude, l’attention a été telle dans l’auditoire pour s’en approprier les résultats, que ça se passe ensuite comme un soufflet qui se dégonfle.

Vulgairement : plus de jus, zéro de tension.

 

Comme si l’épidémiologie avait été une fin en soi.

En fait, la question, la vraie question, la seule question, est : mais comment va-t-on faire maintenant pour endiguer cette fichue épidémie d’obésité ?

Une politique interventionniste ? Une éducation dès l’école ? Une… ?

 

Place à la prévention maintenant !


(1)Health effects of overweight and obesity in 195 countries over 25 years. The GBD Obesity Collaborators. N. Engl. J. Med., 6 juillet 2017.

NOTRE EXPERT

Photo-Dr-Lalau

  • Jean-Daniel Lalau, nutritionniste

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