Mon compte

Pas encore de compte ?  Créer un compte

> Accueil > > Blogs experts > > Blog du Professeur LALAUL'hôpital : le (sur)virage de l'ambulatoire

Une réflexion sur l'équilibre alimentaire

L'hôpital : le (sur)virage de l'ambulatoire

[ Publié le 17 mai 2017 ]

hopital-ambulatoire

Malheureusement, il est bien difficile d’échapper au cours de sa vie à une hospitalisation. Souhaitons-nous simplement qu’elle soit la plus courte possible. Mais l’on ne choisit pas…

Comme nous ne choisissons pas non plus notre politique de santé.

Par contre, ce que nous pouvons toujours choisir, c’est de nous informer. C’est de réfléchir. Et ce, notamment en tentant de nous mettre dans la peau d’un directeur d’hôpital.

 


La durée de séjour

Ce qui est intéressant, pour un directeur d’hôpital, c’est de réduire la DMS : la durée moyenne de séjour, par unité de soin.

Silence dans les rangs : on tourne ! Il faut que ça tourne !(1)

C’est ainsi que tout chef de service (au passage c’est mon cas) se voit recevoir régulièrement des chiffres d’activité, dont bien sûr ce « fameux » indicateur qu’est la DMS.

 

Qui dit mieux ?

Non, je vous prie de m’excuser, je me suis trompé. Ce qui intéresse un directeur d’hôpital, ce n’est de réduire la DMS, tout court ; c’est de réduire l’IPDMS : l’indice de performance de la durée moyenne de séjour.

Vous avez compris ? Je vous explique (mais l’idée, pas le sigle) : c’est la durée moyenne de séjour, toujours par unité de soin, mais cette fois comparativement à ce que font les autres hôpitaux de France et de Navarre.

Sans que nous connaissions, nous, les critères d’hospitalisation. Sans que nous connaissions pour autant les équivalences, ou pas, entre les centres hospitaliers universitaires (CHU) en termes de lits d’aval (par exemple les lits dédiés à l’HAD ou hospitalisation à domicile).

Tout cela est donc un peu abscons, sinon opaque.

 

Qui fait mieux ?

Mais tout cela, il faut bien en être conscient, c’est dans un système de course à l’échalote. Car il faut produire, il faut être efficace.

Pardon, je me suis encore trompé : pas être efficace, mais efficient. Ça veut dire produire mieux par unité de temps, produire mieux par tête d’agent.

Eh oui, on ne m’avait pas prévenu quand j’ai engagé mes études en médecine qu’un jour je serai chef d’entreprise (mais sans le pouvoir…) : chef d’un service produisant des actes, et à chaque fois que nous recevons un malade, nous avons une recette.

Ce n’est plus comme avant où nous engagions des dépenses, et l’hôpital recevait une dotation globale pour le faire fonctionner. De nos jours l’hôpital est producteur, touche des recettes, à quoi il retranche toutes les charges afférentes.

Dont, vous voyez venir, les charges de personnel ; soit le plus gros poste de dépense. Et de loin !

 

Qui fait moins ?

Une dernière fois pardon : ce qui est décidemment intéressant, pour un directeur d’hôpital, aujourd’hui – je dirai même : mais alors, là, tout de suite – c’est de réduire le nombre de lits.

On annonce une augmentation de notre activité (au dépens de l’assurance maladie, s’entend, et donc de la collectivité) ? Eh bien même cette douce musique n’émeut plus.

Car ce qui est intéressant, c’est le-vi-ra-ge-de-l’am-bu-la-toi-re.

L’idéal, ce n’est plus que le malade sorte avant d’être rentré ; c’est qu’il ne rentre plus tout court. C’est que tout ce que l’on faisait à l’hôpital, on ne le fasse plus à l’hôpital. Mais alors plus du tout.

Le mot d’ordre est clair : il-faut-ré-dui-re-le-nom-bre-de-lits.

(C’est-à-dire, à la fin des fins de l’hôpital, il faut réduire le nombre d’agents).

 

La quadrature du cercle

Honnêtement, n’ayons pas sans cesse mauvais esprit : que l’on ne reste pas longtemps à l’hôpital, c’est tout de même souhaitable pour… la personne hospitalisée.

Simplement, il faut que ça fonctionne. Il faut qu’il y ait des structures d’aval, il faut des lits d’hôpital à domicile, il faut un accompagnement des équipes pour opérer ainsi l’évolution ; il faut que les équipes soient aidées plutôt que mises sous pression.

Et il faut encore des agents pour éviter que le soin soit moins bon, éviter en définitive les sorties rapides soient suivies… de réentrées par les urgences.

 

Or, c’est à ce niveau-là que j’alerte : on peut donc entendre l’intérêt du « virage » de l’ambulatoire, mais dans les faits nous allons devoir accueillir une population qui a plus de recours à l’hôpital, avec la précarité galopante, et de surcroît une population vieillissante et donc de plus en plus polypathologique.

Et alors là, je vous préviens : vous êtes prévenus. Moins de lits pour des sujets plus fragiles, ça va être très, mais alors très compliqué…

 


(1)Je prie le lecteur de bien vouloir excuser le ton badin. Mais il vaut mieux le dire ainsi qu’en manifestation violente. C’était d’ailleurs bien l’esprit de mon petit dictionnaire impertinent de la médecine : Hospitalité je crie ton nom (paru chez Chronique sociale). Car il faut bien convenir que le moins bon peut jouxter le meilleur…

NOTRE EXPERT

Photo-Dr-Lalau

  • Jean-Daniel Lalau, nutritionniste

CHOISIR

logo_3935_ColDroite


Besoin d'un relais près de chez vous ?
 

Un soutien pour votre quotidien près de chez vous ? Nos conseillers santé vous donnent les coordonnées d'associations de patients.

 

En savoir plus

DERNIERS COMMENTAIRES

Pas de commentaire trouvé.