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Une réflexion sur l'équilibre alimentaire

Diabète et obésité : c'est là qu'est l'os

[ Publié le 28 novembre 2017 ]

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Bien sûr je fais écho à la fameuse allitération de la Grande vadrouille, pour dire, précisément, que c’est là le « hic ».
Parce que l’on parle du diabète pour évoquer ses complications habituelles (les yeux, les reins, les nerfs ; sans oublier le cœur et les vaisseaux), parce que l’on parle de l’obésité pour évoquer de la même façon ses complications habituelles (les articulations, les poumons, le cœur ; sans oublier le surcroît de cancers) mais, en revanche, on ne parle pas beaucoup de l’os.
Et c’est là qu’est…

 

Tordre d’abord les cervicales

Oui, il convient de tordre d’abord le cou à l’idée que l’on peut faire un régime très restrictif dans l’obésité, au prétexte que plus on est fort, plus il faut  réduire les apports (comme s’il fallait, réciproquement, gaver les anorexiques au plus bas de leur poids !).
Erreur funeste : comme déjà dit moult fois dans ce blog, « bouger plus lourd cela coûte plus cher », et ce alors même que les dépenses de base sont déjà accrues dans l’obésité (du fait de l’accroissement de la masse corporelle). Et si l’on procédait malgré tout à un régime très restrictif, il y aurait alors un risque important de carence protéique, et au bout du compte de réduire la masse musculaire, et aussi… la masse osseuse.
L’os a bien une trame protéique (pour fixer le calcium) !

 

Ne pas se tordre la cheville

Je ne vais pas vous dire que le sport est dangereux. Quoique… Les obésités les plus rapidement évolutives sont notamment celles qui peuvent survenir après un accident articulaire faisant cesser une pratique sportive.
Une mauvaise chute de ski, une mauvaise chute de cheval, etc. ; cela peut être sanctionné par une intervention chirurgicale, un séjour ensuite en secteur de réadaptation, puis encore une immobilisation au moins relative. Soit une conjonction de facteurs défavorables, une conjonction de facteurs pouvant concourir à une prise de poids à la fois rapide et importante, et ce d’autant plus volontiers que l’alimentation n’est pas nécessairement aménagée, pas nécessairement réduit alors même qu’il n’y a plus de dépenses accrues avec la cessation de l’activité sportive.

 

Un genou à terre

Mais il n’y a pas que la rupture des ligaments croisés du genou avec le sport qu’il faut éviter ; il faut à tout prix éviter aussi l’arthrose des genoux. Eviter bien sûr aussi l’arthrose des hanches, des chevilles, et des lombaires ; à mesure de l’accroissement de la charge portée dans l’axe.
La situation serait alors circulaire : moins de mobilité, plus de poids ; encore plus de poids, encore moins de la mobilité ; réduction encore de la mobilité, augmentation encore du poids…
Ceci aussi, je l’ai déjà dit et redit : c’est le tournant du match.

 

Encore un os ?

Mais je ne fais pas que radoter : il y a une chose que je n’ai encore jamais dite, c’est que dans le diabète, dans l’obésité, l’os lui-même est malade.
On avance même un nouveau concept, celui de l’« arthrose métabolique ». En effet, quand on voit les mains avec des doigts déformés, on ne peut plus cette fois invoquer le rôle direct de la masse accrue (pour la majorité d’entre nous qui ne marchons pas sur les mains !).

 

Chaud devant…

Il y a donc bien quelque chose de spécifique. De fait l’obésité (et le diabète a généralement partie liée avec l’excès de poids) est caractérisée par un état inflammatoire. Un état de bas grade, certes (sans fièvre, sans élévation des marqueurs classiques de l’inflammation), mais une inflammation quand même.
Et cette inflammation est elle-même caractérisée par la présence en excès de médiateurs de l’inflammation (des cytokines, des radicaux libres, des adipokines ; autant d’éléments sécrétés par un tissu gras qui est tout sauf une motte de beurre inerte). Ces médiateurs ont un rôle délétère sur les tissus, en général, et donc sur le tissu osseux en particulier.
Dans le diabète, il faut encore ajouter le rôle néfaste sur les protéines de l’os du glucose en excès (c’est le processus dit de glycation, d’où la « fameuse » hémoglobine glyquée).

 

Cerise sur le gâteau

Et pour couronner le tout, la vitamine D (qui sert à faire absorber le calcium par l’intestin) est généralement déficitaire dans l’obésité.
Vous m’objecterez que ça, c’est classique, puisque nous sommes presque tous carencés en vitamine D. Mais chez les sujets obèses, c’est double peine puisque la vitamine D est une substance lipophile (soluble dans les graisses) et donc le tissu adipeux nécessairement augmenté (et même fortement augmenté) ne fixe pas forcément bien cette vitamine D.
C’est un peu comme un tonneau sans fond…

Bref, il faudrait que le sujet obèse soit en capacité de dire « J’aime mes genoux/Ils ne me rendent pas fou » !

NOTRE EXPERT

Photo-Dr-Lalau

  • Jean-Daniel Lalau, nutritionniste

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