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Une réflexion sur l'équilibre alimentaire

Diabète : et 1, et 2, et 3 !

[ Publié le 4 juillet 2017 ]

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Nous avons vu la semaine dernière l’hérédité dans le diabète, et distingué ainsi le diabète de type 1 et celui de type 2 du diabète réellement génétique (le diabète monogénique).

Mais je vous demande pardon, chers lecteurs : il y a bien le diabète de type 1, celui de type 2 ; et pour compliquer les choses on parle aussi maintenant de type 3.

 




Et de 1…

C’est donc le diabète de type 1, celui que l’on a appelé un temps « DID », pour : diabète insulinodépendant.

De fait, l’insulinodépendance est totale : le pancréas est « attaqué » par des anticorps anti-pancréas, il en résulte une insulinopénie (un manque d’insuline) absolue, une insuffisance qu’il va maintenant falloir pallier par 4 injections d’insuline ad vitam : une insuline lente pour la journée entière, avec l’ajout d’une insuline rapide à chaque repas. Ou alors avec une pompe à l’insuline.

On a appelé aussi ce diabète un temps « diabète juvénile », mais c’est doublement faux aujourd’hui : le diabète de type 1 peut se voir à tout âge, même s’il est vrai que son pic de fréquence se manifeste dans l’enfance et l’adolescence. Le diabète de type 2 que l’on va voir maintenant apparaît de plus en plus tôt dans la vie – à mesure que l’obésité apparaît elle aussi de plus en plus tôt.

 

Et de 2…

C’est tout simplement le plus important !

Quand j’ai commencé mes études, on disait DT1 = 15 % (des diabètes, en général ; hormis les diabètes génétiques, et les diabètes secondaires à une maladie particulière), et DT2 = 85 %.

Aujourd’hui l’incidence du diabète de type 1 progresse quelque peu, et pour autant on dit plutôt DT1 = 10 % et DT2 = 90 %.

Cherchez l’erreur !

Mais vous avez compris : c’est parce que l’incidence du diabète de type 2 croît plus encore. Pardon : nettement plus. Pour la bonne et simple raison que le DT2 a fortement partie liée au poids, et que le surpoids et l’obésité sont, eux, véritablement explosifs.

Du fait du surpoids, l’insuline « marche moins bien » (en jargon scientifique, c’est une « insulinorésistance »), et pour peu que la sécrétion d’insuline soit déficitaire (= insulinopénie relative), présente encore à la différence du DT1 mais malgré tout déficitaire, trop devient trop : l’hyperglycémie prend alors place.

 

Et de 3 !

Et puis c’est tout ?

Non ! Trop souvent on a tendance à étiqueter DT2 par défaut tout le restant, une fois que l’on a écarté celui de type 1.

Or, entre le diabète qui apparaît à la maturité, quand on développe son surpoids, ou plus tôt de nos jours, parce qu’on développe le surpoids de plus en plus tôt (il est déjà un peu loin le temps où l’on ne développait le surpoids qu’à la quarantaine, après les milliers de kilomètres en voiture du VRP ou après les dernières grossesses), et le diabète qui apparaît vers 70-80 ans, il y a non seulement un bel espace de temps, mais aussi une différence de nature.

 

Un peu de poésie…

On distinguera donc, dans le langage poétique, le « diabète vieilli » et le « diabète sénile » : c’est-à-dire le diabète de type 2 ancien, chez un sujet qui aura pris de l’âge, avec donc parfois des dizaines d’années de diabète déjà par devers soi ; et le diabète apparaissant lui sur le tard, et qui ne relève plus des mêmes mécanismes.

Avec l’âge, en effet, se développe nécessairement – de sorte que l’on devra considérer ce phénomène comme adaptatif – une résistance à l’insuline.

Est-ce à dire que « c’est fait exprès », pour utiliser les lipides plutôt que les glucides, les premiers étant plus énergétiques ? Je ne suis pas loin de le penser.

Pour peu qu’il  y ait des facteurs pouvant faire monter la glycémie à côté (un traitement diurétique, un peu de cortisone pour une inflammation) ; pour le coup une hyperglycémie floride peut prendre place.

 

Ma grand-mère était diabétique

Du coup, cela doit nous faire nous interroger : dans l’interrogatoire, précisément, que nous menons, nous médecins, nous chercherons à faire ce distinguo entre le DT2 et celui de type 3.

Parce qu’un enfant qui grandira et qui développera plus tard un diabète aura toujours connu sa grand-mère diabétique ; il peut ne pas avoir connu, par la force des choses, sa grand-mère jeune, et pourra ainsi penser que sa grand-mère a toujours été diabétique.

D’où l’impression alors que le diabète  « est héréditaire », alors que le diabète de type 3 s’inscrit à l’opposé, puisqu’il est, lui, la rançon du vieillissement.

 

Cela dit, quel que soit le type de diabète chez le sujet âgé, faisons particulièrement attention à l’état d’hydratation de nos grands-parents préférés, car l’hyperglycémie importante induit une déshydratation, laquelle aggrave l’hyperglycémie, laquelle aggrave encore la déshydratation.

Et ainsi de suite.

Confère la surmortalité liée à la canicule en 2003.

NOTRE EXPERT

Photo-Dr-Lalau

  • Jean-Daniel Lalau, nutritionniste

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