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> Accueil > > Blogs experts > > Blog du Professeur LALAUC'est décidé, demain je change !

Une réflexion sur l'équilibre alimentaire

C'est décidé, demain je change !

[ Publié le 3 janvier 2017 ]

decider-changements

- Et puis finalement, non. Ecoutant mon courage, je ne changerai pas. Puisque ce n’est pas possible. Puisque « c’est génétique ».

Génétique ? Interrogeons-nous à ce sujet. L’idée, ici, n’est aucunement de responsabiliser la personne qui voudrait s’exonérer de tout effort de changement. Elle n’est pas non plus de dire qu’il est possible, réciproquement, de tout changer, dès lors que tout ne serait pas réellement génétique. Elle est plutôt de nuancer le propos au sujet du poids de la génétique.

Car il y a génétique et… génétique.


Il a génétique…

Si, si, il y a bien de la génétique. Je dirai même : de la génétique « pure et dure ».

Si nous prenons le cas de l’obésité, il existe plusieurs situations authentiquement génétiques, des situations qui font intervenir par exemple le gène de la leptine (une hormone importante dans la régulation du poids) ou des gènes associés à un dysfonctionnement de l’hypothalamus (avec par exemple le syndrome de Prader-Willi, caractérisé par une atteinte du centre de la satiété).

Dans ces situations (que l’on qualifie « d’obésité syndromique », c’est-à-dire où l’obésité fait partie d’un tableau associant d’autres anomalies, en particulier du développement), un gène muté, un seul gène, confère la maladie. Tout comme pour la mucoviscidose : un gène, un seul gène muté, et – pas de chance – c’est la maladie.

La transmission se fait ensuite selon les lois classiques de l’hérédité (selon le caractère dominant ou récessif).

 

… et génétique

Oui, il y a bien génétique et génétique.

Je m’explique : il y a le cas de figure que l’on vient de voir, où la génétique rend compte à elle seule de la maladie, le gène muté conférant la pathologie ; et il y a aussi celui, beaucoup plus fréquent, où la génétique confère simplement une prédisposition.

Dans le premier cas, la maladie est dite monogénique (« mono » = un sel  gène) ; dans le second elle est polygénique, c’est-à-dire qu’elle fait intervenir plusieurs gènes, et cette combinaison ne confère jamais qu’une susceptibilité.

Pour le dire encore autrement, la génétique n’est jamais ici qu’un facteur de risque ; elle est une condition nécessaire, mais non suffisante. Pour qu’il y ait au bout du compte une obésité, il faut la combinaison de cette susceptibilité avec des facteurs dits d’environnement. Suivez mon regard pour le déséquilibre alimentaire, le défaut d’activité physique, le « stress »…

Prenons une métaphore pour clore ce chapitre : la génétique ici, c’est l’équivalent de la face cachée de l’iceberg.

 

Excusez-moi : je me suis trompé…

Car en fait, il y a bien génétique et génétique, mais il y a encore… la génétique.

Je m’explique : il y a bien les deux premiers cas de figure que je viens de vous présenter, et il y a encore l’hérédité culturelle.

J’évoque ici le mode de vie parfois très typé dans telle ou telle famille, dans telle ou telle culture, un mode dont on hérite aussi.

Dans ma Picardie, par exemple, on m’a souvent rapporté que dans la campagne des parents ou des grands-parents ont pu dire à leur progéniture « un sac de pommes de terre ne tient pas debout tout seul ». D’un air de dire : il faut que tu manges pour grossir un peu. Et ce mode alimentaire-là, ce rapport à l’alimentation ; ça se transmet volontiers à travers les générations.

 

Bilan des opérations 

Oui, la génétique peut être impliquée. Mais oui, aussi, elle n’explique généralement pas tout de l’obésité, du diabète, de l’hypertension artérielle, de l’hypercholestérolémie, etc. ; bref du risque de survenue d’événement vasculaire.

Cela veut dire que la maladie n’est généralement pas une fatalité. Cela veut dire que le sujet à risque peut être acteur de sa prévention. Cela veut dire de la même façon que tout un chacun peut être le relais d’une prévention efficace.

 

Justement, un article important (et publié dans une grande revue(1)) vient de montrer le bénéfice que l’on peut obtenir par des mesures générales de prévention (la lutte contre le tabagisme, la prévention de l’obésité, la promotion de l’activité physique, et celle d’une alimentation équilibrée) chez des sujets à risque génétiquement : ces mesures ont pu être associées à une réduction de moitié du risque d’événement coronarien.

Il y a de l’espoir !



(1) Genetic Risk, Adherence to a Healthy Lifestyle, and Coronary Disease. Amit V. et al.  N Engl J Med 15 déc. 2016.

NOTRE EXPERT

Photo-Dr-Lalau

  • Jean-Daniel Lalau, nutritionniste

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