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Une réflexion sur l'équilibre alimentaire

Bonne année ! Et …

[ Publié le 10 janvier 2017 ]

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Et un confrère médecin généraliste en Picardie d’ajouter malicieusement en direction de ses patients, évidemment en situation non critique j’imagine : « et pas trop bonne santé… ».

Je trouve cette boutade assez drôle. Pas vous ? Je la colporte en tout cas volontiers dans le monde du soin qui est le mien. Ce qui me donne l’occasion d’aborder ici la dimension de l’humour dans la relation de soin, et plus généralement le mode de communication dans cette relation.



C’est déjà dur d’être malade…

Nous, soignants, sommes des êtres humains, des êtres de chair et de sang vivant en contact permanent avec des êtres qui souffrent dans leur chair. Nous ne sommes pas obligés pour autant de nous prendre au sérieux, la maladie est déjà bien là pour obscurcir les perspectives.

Aussi j’ose transposer la boutade de Reiser : « C’est déjà dur d’être pauvres, si en plus il faut se priver ! », en l’adaptant au sujet malade dans la relation de soin : « C’est déjà dur d’être malade, si en plus il faut qu’on soit reçu par une tête de croque-mort ! »

 

Mais peut-on rire de tout ?

Non, ne rions pas de tout. La maladie, tout de même, c’est sérieux.

Il n’empêche. J’aime rapporter cette scène qui s’est déroulée à l’occasion d’une consultation de la douleur. La consultante présente une affection neurologique progressivement paralysante et des douleurs de neuropathie très éprouvantes. Seulement, parce que la paralysie n’est pas encore évidente pour celui qui ne sait pas bien voir, et parce que cette personne en impose par sa brillance professionnelle et sa réussite sociale ; qu’elle soit réellement atteinte d’un problème « sérieux » fait l’objet d’une certaine suspicion autour d’elle. La proposition « spontanée » d’une « amie » de l’accompagner à cette consultation témoigne peut-être du doute de la réalité du problème neurologique. La traversée du centre anti-cancéreux pour atteindre la consultation antidouleur donne cependant déjà du crédit aux « difficultés ».

Toujours est-il qu’au fil de la consultation, consultante et médecin abordent ensemble cette douleur aussi d’être malade quand ce n’est pas encore aisément repérable pour l’entourage, et quand on jouit d’un certain prestige social et professionnel. Le médecin a alors eu l’idée lumineuse de proposer un jeu de rôles : « Si vous le voulez bien, nous allons faire un jeu de rôles pour préparer notre sortie de ce cabinet. Je dirai qu’il faut absolument vous protéger, que ce que vous présentez est extrêmement sérieux ! Je ferais donc des recommandations. Tout cela bien sûr pour que votre « amie » les entende bien. D’accord, nous y allons ? » 

Et cette préparation s’est déroulée dans la meilleure humeur, avec même des éclats de rire.

 

Mais le rire, c’est sérieux !

Une chose sérieuse avec laquelle il ne faut pas plaisanter, ajoute finement Raymond Devos. D’ailleurs, le rire et l’humour sont – ou devraient être – sérieux dès la formation même.

En effet, si, de nos jours, la formation n’est plus nécessairement un temps de plaisir, il n’est pas sans saveur de rappeler que les mots « saveur, justement, et savoir » ont la même origine étymologique avec le mot sapere latin, qui a le sens de « avoir de la saveur » (avec une influence de sapiens, qui veut dire « sage » ; d’où : « être perspicace », « comprendre », et aussi « savoir »). Quand on pense encore, toujours en se référant à l’étymologie, que « école » vient du grec scholé (grec) qui a aussi le sens de… loisir, et qui a été traduit en latin par ludus (qui a donné « ludique ») !  

 

Le moral de cette histoire

C’est que l’humour peut intégrer la relation de soin. Pour autant, s’agissant de l’histoire que j’ai rapportée, l’humour faisait partie d’une authentique séquence thérapeutique ; ce qui n’est pas la même chose que fonctionner entre soignant et soigné comme « copains comme cochons ».

Ce disant, je ne cherche pas à mettre une distance, encore moins une verticalité (le médecin « droit dans ses bottes ») ; je réfléchis plutôt à ce qui peut faire fonctionner cette relation de soin. Eh bien ça se passe dans l’asymétrie, et seulement dans l’asymétrie : l’un (le soignant) est investi (par le malade) comme « sachant » (avec son savoir de la biologie et de la pathologie) et est en situation de responsabilité (pour le diagnostic et le traitement) ; l’autre est malade donc, en situation difficile mais non d’infériorité, mais il a, lui, l’expérience de la maladie.

 

La bonne distance : où il est encore et toujours question d’équilibre…

NOTRE EXPERT

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  • Jean-Daniel Lalau, nutritionniste

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