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Une réflexion sur l'équilibre alimentaire

Boire un petit coup c'est agréable

[ Publié le 6 juin 2017 ]

alcool-boisson-addiction

Et boire un deuxième petit coup c’est doux…
Mais boire un troisième petit coup, bonjour les dégâts ?
Mon dernier billet avait trait au barbecue, et il est sûr que le plaisir d’être ensemble, l’apéro, les verres de rosé qui vont se succéder ; tout cela ferait au bout du compte une consommation d’alcool significative.
Alors, il faut que je vous dise qu’un rapport vient de paraître, préconisant de revoir à la baisse les repères de consommation d’alcool.
Rassurez-vous, cependant : ce n’est pas adieu veau, vache, cochon sur le gril. C’est plutôt une attention sur les méfaits possibles d’une consommation d’alcool à la fois significative et régulière.

Mesdames, Messieurs, la Cour…

Il y a un an, exactement, les verres déjà avaient tremblé : la Cour des comptes avait dressé un rapport assez sévère sur les politiques de lutte contre les consommations d’alcool jugées nocives.

Ce rapport avait mis en avant plusieurs points faibles et, au total, une faiblesse tout court de la politique de prévention relative à la consommation d’alcool : l’absence de consensus sur la consommation souhaitable, et donc sur la consommation excessive ; la mauvaise coordination des réponses sanitaires ; le recours plutôt inefficace aux leviers permettant de modifier les comportements ; enfin, l’insuffisance des efforts faits pour la recherche à ce sujet.

Bref, une alerte, laquelle a conduit à la constitution d’un groupe d’experts à la suite de la saisine de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca) et aussi de la Direction générale de la santé (DGS) ; et ce avec une commande claire : renouveler le discours public sur l’alcool.

 

Un tour de table

Le groupe a comporté huit experts, sous la présidence du professeur Pierre Ducimetière (non, je vous en prie…), spécialiste d’épidémiologie à l’Inserm (la recherche médicale) ; ce bel ensemble sous l’égide de Santé Publique France et de l’Institut national du cancer (Inca).

Avec sur la table, notamment, les recommandations qui avaient été faites dans le cadre du Plan national nutrition-santé 211-2015 et qui, à l’époque, préconisait de ne pas dépasser 3 verres d’alcool par jour chez les hommes, et 2 chez les femmes ; celles de l’OMS ; et celles  encore de l’Inca (2009), des dernières pour le coup sévères : de l’eau blanche, et rien que de l’eau blanche.

Si, si : « en matière de prévention des cancers, la consommation d’alcool est déconseillée, quel que soit le type d’alcool ».

Vous imaginez la réaction des lobbies du vin. Du rouge vif !

 

Avertissement à la population

Au terme de leurs travaux (d’octobre 2016 à février 2017), les experts ainsi réunis ont proposé aux pouvoirs publics – le 4 mai dernier – les recommandations suivantes :

  • informer la population sur les risques sanitaires associés à la consommation d’alcool, et ce pour une consommation considérée jusqu’alors comme modérée ou même faible ;
  • de ne pas consommer plus de 10 verres (standards !) par semaine ;
  • de ne pas consommer plus de 2 verres par jour (la parité est respectée : même tarif hommes et femmes) ;
  • enfin, d’avoir des jours dans la semaine sans consommation.

 

L’abus d’alcool est…

Eh bien non, justement ; cette phrase : « l’abus d’alcool est dangereux pour la santé » doit être remplacée, dixit le groupe d’experts, par : « tout consommation d’alcool comporte des risques pour votre santé ».

Ce n’est plus le verre à moitié vide, à moitié plein. C’est : « la coupe est pleine », point final.

Le groupe dit aussi que les nouveaux repères doivent être « largement connus et accompagnés de marketing social de grande ampleur et d’un soutien des professionnels de santé ».

Et à l’instar des cigarettes, le groupe préconise le renforcement de la taxation des boissons alcoolisées.

Vous aurez cela ci-joint, à consommer sans modération…

 

Je ne m’en dis pas moins, in petto :

  • je tente de me/nous rassurer : ça devrait aller quand même le faire pour le barbecue du samedi soir ou du dimanche midi ;
  • s’agissant des décideurs politiques, la conduite sans alcool au volant, ça doit être plus facile à respecter quand on est puissant et qu’on a un chauffeur ;
  • réciproquement, dans une conjoncture de crise, ce doit être parfois difficile, bien difficile, de ne pas lever le coude pour oublier (et à cet égard, la carte sanitaire de ma région des Hauts-de-France nous met souvent dans le gros rouge, pas seulement le rosé clair).

 

Par contre, non : je ne parlerai pas des pots de vin…

NOTRE EXPERT

Photo-Dr-Lalau

  • Jean-Daniel Lalau, nutritionniste

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