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> Accueil > > Blogs experts > > Blog du Professeur LALAUAlimentation et froid : tenir le choc (thermique) !

Une réflexion sur l'équilibre alimentaire

Alimentation et froid : tenir le choc (thermique) !

[ Publié le 13 février 2018 ]

alimentation-soupe

Si ! A la différence des animaux, l’homme est homéotherme, c’est à dire que notre organisme conserve – sauf infection hivernale ! – une température corporelle constante. Et ça, ça coûte de l’énergie. Toutefois, pas plus l’hiver que l’été.

Par contre quand il fait vraiment froid, notre organisme met en route des mécanismes de protection en augmentant la chaleur corporelle ; en termes techniques : en stimulant la thermogenèse. Car il ne s’agit pas de plonger en hypothermie ! Il ne s’agit pas de rentrer en hibernation : de façon générale, nous travaillons tout autant l’hiver que l’été !

 

Faut-il augmenter l’apport énergétique quand il fait froid ?

Si votre bureau est correctement chauffé ; si votre domicile est bien chauffé, non.

Par contre, si vous grelotez, oui. Car si les frissons ont un intérêt thermique – les contractions musculaires produisent de la chaleur – cela n’en a pas moins un coût énergétique.

Et si vous pratiquez une activité physique ; alors là, assurément oui. Car travailler physiquement au froid, c’est ce qu’il y a de plus coûteux énergétiquement (pourquoi croyez-vous que les fromages à pâte cuite, les plus riches, proviennent des alpages ?).

 

Par contre il y a une chose qui est sure : ce n’est pas le moment de « faire un régime », de se mettre en restriction énergétique. Il faut garder le l’énergie disponible pour affronter les infections hivernales !

 

Chaud devant…

L’idée, donc, est de repérer les moyens d’augmenter la thermogenèse.

A ce sujet, nous avons bien sûr les boissons chaudes :

  • la soupe : après l’effort, le réconfort ! Après une sortie dans le froid, une bonne soupe bien chaude est une bonne source de réconfort ;
  • le café : il s’avère efficace pour activer la thermogenèse, même à petite dose. Une consommation répétée dans une journée peut augmenter la dépense d’énergie totale de plus de 10 %. Cerise sur le dessert, avec le café : cet effet s’accompagne d’une augmentation de l’utilisation des graisses, précisément pour fournir de l’énergie délivrée ;
  • le thé vert : il contient des substances de la famille des polyphénols qui augmentent la dépense énergétique, à l’instar de la caféine, mais de façon moindre toutefois.

 

Et s’agissant des nutriments et des aliments aussi :

  • les protéines : ce sont les macronutriments qui ont l’effet thermique le plus élevé (comparativement aux glucides et aux lipides). Ceci donc dans les viandes, les poissons, les laitages, les œufs ; et aussi les protéines végétales (le soja, les légumineuses, etc.) ;
  • les oméga-3 : les poissons dits « gras » ne traversent-ils pas les mers froides ? L’intérêt de telles substances est que l’énergie disponible est rapidement mobilisable en cas de demande énergétique ;
  • l’huile vierge de noix de coco : à l’'inverse des oméga-3, les graisses saturées sont préférentiellement stockées plutôt qu’utilisées pour fournir de l'énergie. Il faudrait donc plutôt les réduire (à partir des viandes grasses, des fromages, etc.). Cependant, il existe un autre type de graisses saturées peu courantes dans l’alimentation capables de fournir de l’énergie rapidement. Il s’agit des triglycérides à chaînes moyennes (TCM), que l’on trouve notamment dans l’huile vierge de noix de coco.

 

Sans oublier, pour agrémenter votre ordinaire :

  • le piment : je vous fais grâce des voies neuronales impliquées ; je vous dis simplement que si vous faites un bon chili (un chili con carne), n’hésitez pas à corser le goût avec du piment !
  • Le gingembre et le poivre noir : ces deux produits contiennent des éléments de la même famille que la capsaïcine du piment.

 

Une petite fringale ?

Oui, un coup de barre ?

Eh bien, prenez une collation !

Et à ce titre, prenez volontiers des fruits secs (des noix, des noisettes, des amandes, des raisins et des abricots secs, des bananes et des figues séchées). Ces aliments sont riches en tout : en énergie, en acides gras essentiels, et en minéraux, comme le magnésium et le fer. Idéal pour une pause !

 

C’est bon-bon pour le moral !

Le chocolat noir apporte aussi de l’énergie et magnésium du fait de sa forte teneur en cacao (variable certes selon le chocolat, de 70 % à 99 %). Non seulement c’est ainsi un « aliment anti-froid », mais c’est aussi un produit qui est « bon pour le moral ». Source cette fois d’énergie cette fois psychique !

 

Lutter aussi contre les conséquences du froid

Dans le même temps, il faut se doter d’éléments nutritionnels pour se défendre le mieux contre les infections. Les substances anti-oxydantes (les vitamines, et notamment la vitamine C et la vitamine E ; et les minéraux : et notamment le magnésium, le fer, le zinc, et le sélénium) s’avèrent à ce titre utiles.

 

P.S. Bien sûr, couvrez-vous bien les mains avec des gants, les pieds avec des chaussettes chaudes. Mais aussi le cou avec une écharpe et la tête avec un chapeau ou un bonnet : on perd 30 à 40% de la chaleur corporelle rien que par la tête. Plus précisément, on perd près du tiers de la chaleur sur 10 cm de longueur, en regard de l’axe carotidien : c’est le seul cas de figure, en effet, pour l’organisme où un gros vaisseau est exposé quasi à l’air libre. Un pont thermique, en quelque sorte !

NOTRE EXPERT

Photo-Dr-Lalau

  • Jean-Daniel Lalau, nutritionniste

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