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> Accueil > > Blogs experts > > Blog du Professeur LALAU« C'est de famille » (l'obésité ou le diabète)

Une réflexion sur l'équilibre alimentaire

« C'est de famille » (l'obésité ou le diabète)

[ Publié le 27 juin 2017 ]

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D’un air de dire : « Je n’y peux rien, docteur, c’est héréditaire ».

« C’est dans les gènes. »

Eh bien si ça ne vous gêne pas, je voudrais que l’on revienne sur cette « fameuse » histoire de génétique, cette histoire d’histoire (familiale).

 






Il y a hérédité…

Il y a l’hérédité, la vraie de vraie, avec la dure loi d’airain : selon les modèles (autosomique ou dominant), 1 « chance » sur 2 ou une « chance » sur 4 dans la descendance de parents atteints.

C’est le cas, par exemple, de la mucoviscidose : ça passe, ou … ça casse.

La transmission parentale d’un gène muté, d’un seul, confère ici la maladie ; c’est ce que l’on appelle une maladie héréditaire monogénique.

Cette situation existe dans l’obésité comme dans le diabète : c’est assez rare dans l’obésité, surtout au regard de la fréquence de l’obésité commune ; c’est plus fréquent dans le diabète (et du coup on parlera bien dans ce cas d’un diabète génétique, c’est-à-dire d’un diabète d’un autre registre que celui des classiques diabètes de type 1 et de type 2).

 

… et hérédité

Bien plus souvent cependant (environ 90 % des cas dans le diabète de type 2), on retrouve des cas de diabète chez les ascendants, certes, mais la transmission ne s’établit pas pour autant selon un « modèle on/off », comme ci-dessus.

Au sens strict, c’est un diabète héréditaire encore, mais il ne s’agit pas plus ici que d’une tendance. Ce n’est plus un seul gène qui confère la maladie ; c’est une combinaison cette fois. C’est ainsi que le diabète est généralement une maladie polygénique.

Et encore, ce n’est pas la combinaison de gènes impliqués tout court qui confère le diabète ; ça se passe dans une croisée : entre le terrain génétique et, comme nous disons dans notre jargon, l’environnement (non pas au sens habituel de l’écologie ; nous faisons plutôt référence au milieu extérieur).

 

Excusez-moi, je me suis trompé…

Car il y a en réalité hérédité, hérédité, et hérédité.

Car il y a l’hérédité monogénique et l’hérédité polygénique ; et il y a encore l’hérédité culturelle.

Tant certains comportements alimentaires, certaines pratiques alimentaires, sont volontiers transmis à travers les générations.

A tout le moins quand les liens familiaux ne se délitent pas…

Du coup cela complique singulièrement les choses, s’agissant de savoir s’il faut faire dans tel ou tel cas de diabète une véritable étude génétique, ou pas nécessairement ; c’est-à-dire rechercher la responsabilité de tel ou tel gène (comme cela se doit dans l’obésité dite « syndromique », là où l’atteinte génétique confère tout un tableau pathologique).

Mais pour peu que la fratrie soit grêle, l’enquête sera malaisée et l’on ne pourra guère avancer l’hypothèse de maladie réellement génétique. Sauf si les fratries des ascendants ont, elles, été fournies.

 

Là où il y a du gène…

L’idée du présent billet, ce n’est pas simplement de faire de la génétique, de la génétique « pure et dure », une génétique qu’il faudrait alors distinguer d’une héritabilité culturelle ; l’idée est plutôt de faire la promotion de ce qu’il est possible de faire pour faire bouger les lignes.

A cet égard, il faut toujours écouter ce que les patients nous rapportent. En l’occurrence, il est normal, humainement, que les sujets atteints d’obésité ou de diabète puissent penser à un héritage véritablement génétique ; quand les parents, les grands-parents, les oncles et tantes…

Mais le danger, du coup, c’est le risque de démobilisation : c’est la fatalité, on n’y peut rien…

 

Il est vrai, ce n’est pas sans gêne…

L’idée est encore moins celle d’un discours culpabilisant, involontairement certes mais culpabilisant quand même.

En effet, si l’on dit que l’obésité/le diabète n’est pas génétique, au sens de « totalement génétique », cela revient à souligner plus ou moins directement que le comportement (alimentaire) est inadapté.

Et comme la culpabilité pollue déjà considérablement le rapport à l’aliment…

 

D’un autre côté, la bonne nouvelle, c’est que si les choses ne sont pas figées – dans la carte génétique – eh bien, c’est qu’il y a alors possibilité de réduire le poids, de réduire le taux d’hémoglobine glyquée.

Parce que de tout ce que nous disons, le plus important c’est la dimension pronostique : oui, ou non, y a-t-il une possibilité d’amélioration ? Et avec quelle formule thérapeutique, selon les mécanismes de l’affection concernée ?

NOTRE EXPERT

Photo-Dr-Lalau

  • Jean-Daniel Lalau, nutritionniste

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