[ Publié le June 9, 2011
]
Un peu d’histoire
J’ai commencé à fumer en mai 68, comme la plupart de mes copains et copines. Un vent de revendication égalitaire entre les hommes et les femmes souffle : il y a de la révolution dans l’air, mais aussi dans la fumée !
Quarante-trois ans plus tard, le constat est douloureux : si les hommes fument moins, le tabagisme des femmes est en pleine progression avec les conséquences que l’on connaît.
Quelques chiffres
33 % des hommes fument, contre 26 % de femmes. En 2005, le rapport de mortalité attribué au tabagisme est de 1 femme pour 10 hommes. En 2025, en données prospectives, il sera de 1 femme pour 2 hommes (1). Aux États-Unis, la mortalité par cancer broncho-pulmonaire dépasse celle par cancer du sein. De plus, on connaît bien le risque cardio-vasculaire que représente l’association de la pilule et du tabac.
Pendant la grossesse, seules 40 % des femmes arrêtent de fumer dès le premier trimestre, 25% fument jusqu’au troisième trimestre et 11% fument durant toute la grossesse. Après l’accouchement, 70 % des femmes refument dans les trois premiers mois (1).
Les effets du tabagisme chez la femme enceinte sont précisément décrits dans le livre du Professeur Michel Delcroix, gynécologue obstétricien (2).
Et si vous arrêtiez de fumer ?
Si vraiment « La femme est l’avenir de l’homme » comme l’a écrit Louis Aragon, alors se pose la question de l’arrêt du tabac. Il n’y a pas de spécificité typiquement féminine dans la démarche de sevrage. La relation dans l’aide et l’accompagnement est la même pour les hommes et les femmes.
La grossesse n’est pas la seule motivation pour arrêter de fumer, alors ne faisons pas de manière systématique de lien de cause à effet entre grossesse et décision de sevrage. Sur le plan thérapeutique, la grossesse représente une contre-indication à la prescription de certains traitements (Champix® et Zyban®) ; en revanche, les substituts nicotiniques sont autorisés.
Et le poids dans tout ça ?
Il est connu qu’arrêter de fumer entraîne habituellement une prise de poids de l’ordre 2 à 3 kilos, et ceci touche plus volontiers les hommes que les femmes (eh oui !). Je le concède, ces quelques petits kilos peuvent gâcher la plaisir d’être en maillot de bain en été. Certaines vont refumer malgré une tentative de régime et repartiront pour un nouveau sevrage tabagique en hiver. D’autres accepteront ces 2 kilos : à leurs yeux, la victoire sur le tabac est plus importante. À celles-ci, je conseille de se faire aider et de persévérer sur la voie du sevrage.
(1) Baromètre santé 2005 INPES
(2) Professeur Delcroix, La grossesse et le tabac, 2004 éditions Que sais-je PUF
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