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Les questions sociales vues sous un autre angle

Handicap : les lieux publics seront-ils accessibles un jour ?

[ Publié le 30 avril 2017 ]

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La loi Handicap de février 2005 avait pour ambition que chacun trouve sa place grâce à des dispositifs compensant le handicap mais aussi grâce à une meilleure accessibilité des lieux publics. Plus de dix ans ont passé et les objectifs ne sont malheureusement pas encore atteints.

 

Le 11 février 2005 est adoptée la loi pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées.

 


Cette loi sous-entend que les personnes handicapées doivent être considérées au même titre que chaque individu. Leur situation de handicap est reconnue et des propositions de compensations sont mises en place afin de permettre aux personnes handicapées de sortir de leur sphère privée pour « se mêler » à l'espace public. C'est le principe d'accès à tout pour tous.

 

Lever les tabous

« Loi handicap, mettons la en place pour que chacun trouve sa place » vante le guide de la loi du handicap. Beau slogan.

Finie la discrimination, notre pays évolue vers un monde de partage et de solidarité !

Un trisomique côtoie votre enfant sur les bancs de l'école, un tétraplégique est assis à vos côtés dans l'avion pour le Maroc (hé oui ils voyagent aussi !), un myopathe emprunte les transports en commun avec son fauteuil roulant électrique, de jeunes paralysés cérébraux font les soldes au printemps, un non-voyant s’installe à la table voisine au restaurant, etc.

 

Cette mixité sociale et cet objectif grandiose relève-t-il aujourd’hui du mythe ou de la réalité ?

 

 

Une loi difficile à appliquer malgré des simplifications

Les bâtiments et les transports publics devaient être accessibles aux personnes handicapées en 2015.

 

Dès juin 2014, le gouvernement a proposé des alternatives :

  • Adoption de mesures de simplifications : par exemple, dans les chambres d'hôtel non adaptées, il n'est plus exigé de pouvoir faire le tour du lit en fauteuil roulant, mais uniquement qu'elles soient « visitables ». Dans les commerces, l'utilisation de rampes amovibles est autorisée. Dans les restaurants, les sanitaires accessibles peuvent être séparés des autres. Etc.

 

  • Création de l'Ad'Ap ou Agenda de l'accessibilité programmée : tout gestionnaire d'établissement recevant du public devait évaluer en 2015 les travaux à réaliser pour rendre ses locaux accessibles et s'engager à les réaliser dans un délai de 1 à 3 ans, sauf dérogations qui ne devaient concerner que 20% des établissements.

 

On ne peut que constater la bonne volonté du gouvernement à faciliter la mise en œuvre de cette loi par ces mesures simplifiées.

 

 

Le bilan de la loi sur le handicap

Au 1er mai 2016, le gouvernement publiait un premier bilan :

  • 300 000 Établissement Recevant du Public (ERP) sont conformes aux normes d'accessibilité sur le million existant, soit 30% ;
  • 500 000 ERP sont entrés dans le dispositif Ad'Ap, dont 100 000 ont obtenus des dérogations du fait de leurs situations exceptionnelles ;
  • 200 000 des ERP seraient réfractaires (soit 20%) et ne seraient pas encore engagés dans le dispositif.

 

Nous sommes en droit de nous demander pourquoi 20% des établissements sont réfractaires au changement. Sont-ils réellement impossibles à réadapter ? N'ont-ils pas reçu l'information ? Ou pire,  est-ce un choix conscient de leur part ?  Peut-être sont-ils aussi soumis à des injonctions contradictoires, tiraillés entre le règlement qui leur est imposé et leur éthique personnelle.

 

Témoignage : un choix cornélien

Alex a 47 ans et il circule en fauteuil roulant électrique car il est atteint d'une myopathie. Il vit dans une commune voisine de la mienne. Il a porté plainte pour discrimination contre le réseau de transport en commun. Suite à un accident de bus, en août dernier, les chauffeurs n'ont plus le droit de quitter leur poste de conduite et donc ne peuvent plus déployer manuellement la rampe pour handicapés. Dommage, les bus de sa ligne ne sont pas équipés de rampes actionnables à distance. Alex attendait son bus, il a fait signe de la main et le chauffeur a refusé de s'arrêter. Il respectait le règlement. D'autres chauffeurs défendent Alex et son « besoin légitime de mobilité » et enfreignent le règlement en descendant du bus pour actionner la rampe, restant fidèles à leur éthique personnelle.

 

Alors je vous le demande : à quand une liberté de déplacement qui ne dépend pas du chauffeur ?

 

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