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> Accueil > > Blogs experts > > Blog de Cécile Marie MAGDELAINEManger en pleine conscience : j'utilise mes cinq sens

La diététique au coeur des pratiques alimentaires

Manger en pleine conscience : j'utilise mes cinq sens

[ Publié le 9 novembre 2017 ]

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Manger en « pleine conscience » n’est surtout pas un régime de plus. La « pleine conscience » est « le fait d’être dans le moment présent, sans porter de jugement ». Cette pratique permet de porter plus d’attention à son corps. Le fait de manger en pleine conscience nous amène à nous concentrer sur nos sens, nos sensations, nos émotions.

 « Il s’agit d’être plus conscient ». Donc pas d’interdit, pas de restriction, pas de privation : on profite pleinement du moment présent.

 

 

La semaine dernière, lorsque je vous invitais à vous demander « pourquoi je mange ?», c’était un premier pas vers cette écoute sans jugement. Je voulais vous amener à vous questionner, sans vous juger.

Aujourd’hui je vous invite à prendre conscience de l’importance de nos cinq sens lorsque l’on mange.

 

La vue

Le premier sens à être sollicité quand nous mangeons, c’est la vue. On déguste d’abord avec les yeux. Par exemple, ne dit-on pas souvent :

- « ça a l’air bon ! » ou « c’est appétissant ! » devant une assiette bien présentée, avec de belles couleurs.

- « ça a l’air chaud » devant un plat fumant,

- « ça a l’air mauvais » devant un plat que l’on ne reconnait pas (par exemple pour des aliments en texture moulinée).

« Ça à l’air » : ce sont nos yeux qui parlent puisque l’on n’a pas encore gouté au plat. Et pourtant on lui donne déjà des adjectifs en lien avec le goût.

 

L’ouïe

Le bruit du pain qui croustille ou la pomme qui craque quand on la coupe nous donnent des indications sur la texture de l’aliment. On pense que l’on va bien se régaler avec un pain qui croustille alors qu’un pain qui ne fait aucun bruit présage d’une texture molle et  peu agréable à manger.

Les bruits des aliments nous donnent donc aussi une idée de ce que nous ressentiront en bouche en les dégustant.

 

Le toucher

Si je touche une pomme toute fripée parce qu’elle est déshydratée, cela ne présage rien de bien gourmand. Si je touche différents pains, le toucher m’indique quel sera le plus croustillant et donc le plus agréable à manger, le meilleur.

Pourquoi touchons-nous les fruits et légumes avant de les acheter ? Parce que cela nous permet de juger leur degré de maturité. Le toucher nous indique donc qu’une tomate ou une pêche pas encore mûre sera moins bonne qu’une tomate ou une pêche bien mûre.

 

L’odorat

L’odorat nous permet de percevoir les arômes. Il suffit de voir comment cette perception est modifiée et atténuée lorsque nous sommes enrhumés. Nous avons l’impression que les aliments n’ont pas de goût. Les personnes qui ont perdu l’odorat perdent souvent le plaisir de manger. Ils trouvent que les aliments n’ont aucun goût.

Le fumet du bœuf bourguignon qui mijote, l’odeur de la tarte qui cuit, le parfum des pommes et des champignons : les odeurs nous donnent le la sur les goûts à venir. L’odorat peut aussi être un signal d’alarme : un aliment qui sent mauvais ne sera pas consommé, car il sera supposé avarié.

Petite expérience olfactive : je vous invite à sentir un aliment, les yeux fermés. La perception est différente de la même expérience les yeux ouverts. Nous nous concentrons plus sur l’odorat et la vue ne vient donc pas influencer notre découverte olfactive.

 

Le goût

Dans la définition que nous faisons familièrement du goût, nous avons tendance à faire un joli mélange. 

En fait ce que nous définissons comme « le goût » est une combinaison de la perception des saveurs, des arômes et des sensations trigéminales.

Je m’explique.

Nous percevons différentes saveurs : sucré, salé, acide, amer. Les japonais ajoutent en la saveur « umami »

(qui signifie « goûteux » ), cette saveur est due au glutamate de sodium qu’ils utilisent souvent.

Par exemple, le citron a une saveur acide et un bonbon a une saveur sucrée.

Puis, grâce au système olfactif (l’odorat), nous percevons les arômes : on peut trouver des arômes de fraise, de banane, de cassis, etc. 

Enfin nous avons les sensations trigéminales qui nous permettent de dire si un aliment est froid ou chaud, s’il est piquant, etc.

Ce que nous définissons familièrement comme un goût est en fait une « flaveur ». Les flaveurs sont l’ensemble des perceptions des saveurs, des arômes et des perceptions trigéminales.

C’est donc un système complexe auquel vient s’ajouter le rôle de la salive. .

Vous comprenez à présent pourquoi nous ne trouvons pas tous le même goût à un même aliment.

Merci au passage à l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) pour leurs informations sur le goût ! 

 

Faisons une expérience

  • Prenez un aliment que vous aimez beaucoup, que vous consommez régulièrement. Pour moi ce sera un carré de chocolat.
  • Installez-vous confortablement : sur une chaise, un fauteuil ou au fond d’un canapé par exemple ;
  • Examinez votre morceau de chocolat : est ce qu’il a l’air appétissant ? Rien qu’avec la vue, comment vous parait-il ? Pouvez-vous imaginer le goût, la texture qu’il aura ?
  • Pour « écouter » l’aliment, cassez le morceau de chocolat : vous paraît-il craquant ou pas ?
  • Si je touche mon aliment il saura également me donner des indications sur ses caractéristiques : la douceur, le moelleux, la résistance, etc. ;
  • Sentez maintenant votre morceau de chocolat : est-ce que les odeurs qu’il dégage vous donnent des informations sur le goût que vous aurez en bouche ? Ces odeurs, à quoi vous font-elles penser ? Trouvez-vous des arômes particuliers ?
  • Et enfin le goût : dans la dégustation, les arômes et les saveurs sont intimement liés. Une fois en bouche, n’avalez pas l’aliment de suite. Laissez les arômes et les saveurs vous faire plaisir. A quoi pensez-vous ? Quel(s) « goût(s) » avez-vous en bouche ?

 

Vous pouvez également faire cette petite expérience en fermant les yeux à partir du moment où vous sollicitez l’ouïe (deuxième étape). Le fait de fermer les yeux nous permet de nous concentrer encore plus sur nos autres sens.

Un jour, on m’a fait goûter sans que je sache ce que c’était et les yeux fermés, des graines de capucine puis la fleur de capucine. C’étaient deux aliments que je n’avais jamais goûté, donc sans a priori pour moi. Je ne vous dis rien pour ne pas vous influencer et je vous invite à faire ce voyage des sens.

Faites ce jeu avec des enfants, leurs réactions sont juste « géniales ». Je me souviens de l’un d’eux qui en écoutant une banane s’est exclamé : « mais elle ne fait pas de bruit ! ». 

 

Beau voyage au pays de la dégustation en pleine conscience

 

NOTRE EXPERT

Cecile-Marie Magdelaine

  • Cécile Marie-Magdelaine, diététicienne

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