[ Publié le March 15, 2012
]
Ce matin, j’ai eu un entretien
avec une adhérente en état de choc. Elle m’a demandé : « À quoi sert
le personnel d’un hôpital si les patients peuvent s’enfuir sans que personne ne
les retienne ? »
En effet, son époux de 86 ans,
atteint d’une démence vasculaire, a parcouru le kilomètre qui sépare l’hôpital
de chez lui, par moins 8 degrés, en pyjama, à 8 h 30. Il lui a fallu marcher
deux heures avant de se présenter dans l’embrasure de la porte-fenêtre de son salon,
à la grande frayeur de son épouse.
« Il s’en est tiré avec un
bon refroidissement, mais cela aurait pu être pire », d’après son médecin
traitant.
Madame est abasourdie par la
situation. Le médecin du service, qui a été contacté immédiatement, a fait preuve
d’une grande écoute avec la famille, mais qu’aurait-il pu vraiment faire dans
pareil cas :
- attacher le patient à son lit ?
- mettre des barreaux aux fenêtres et aux portes ?
- assommer son patient avec une camisole chimique ?
Les hôpitaux ne sont pas des
prisons. Ce sont des lieux de libre accès aux soins. Lorsqu’il n’y a pas de
mise en danger de sa propre vie ou celle d’autrui, il ne peut y avoir
d’injonction.
Nous sommes tous concernés par
cette situation de mise à l’abri de nos proches malades dans le respect de leur
libre arbitre. Cela concerne leur droit à choisir le traitement et le lieu où
il est délivré, malgré leur fragilité. Cette situation n’est pas simple, car
elle floute parfois les frontières entre la nécessite de mettre en place un cadre
rassurant en restant vigilant et le tout sécuritaire arbitraire.
Ce témoignage rejoint le drame de
la semaine dernière qui a recensé la mort de deux retraités atteints de la
maladie d’Alzheimer, et retrouvés morts de froid au petit matin après une malheureuse
« escapade » de leur domicile.
Est-ce réellement la faute de
quelqu’un ?