[ Publié le March 5, 2012
]
Dernièrement, nous nous sommes
engagés dans un débat passionné, entre collègues, au sujet des rapports que
nous entretenons avec notre mutuelle en tant que consommateurs. Les propos
tenus n’étaient pas différents de ceux que j’entends régulièrement lors de mes
permanences téléphoniques : « Nous payons, mais nous n’avons rien
demandé pendant longtemps. Alors maintenant, nous demandons sans scrupules »,
ou bien : « Nous payons très cher et nous ne comprenons pas pourquoi
la mutuelle ne nous aide pas. »
Peut-être est-il bon de rappeler
ici qu’il ne faut pas faire l’amalgame entre le fait d’attendre de sa mutuelle
un remboursement :
- pour des soins médicaux (dont le coût brut réel nous
échappe trop souvent),
- pour des soins de confort.
Les mutuelles ont pour objectif
d’assurer une égalité d’accès aux soins de qualité pour la population, en
complément des remboursements de la Sécurité sociale. Mais combien de temps, et
à quel prix, tiendra-t-elle devant le désengagement du gouvernement dans le
financement des soins de santé de ces dernières années, à travers notamment des
vagues successives de déremboursement et de mise en place de franchise ?
À cette difficulté s’ajoute le
besoin incompressible de certains à consommer jusqu’au bout leurs garanties,
qu’elles quelles soient.
C’est bien là le constat le plus
alarmant. On assiste à l’effondrement du principe de solidarité de la part
d’une partie de la population qui aujourd’hui aborde le soin comme un besoin de
consommation agressif : « Je paye, donc la mutuelle me
doit ! ».
La mutuelle n’est pas un
actionnaire débonnaire qui attend son bilan comptable annuel pour encaisser ses
intérêts ! La mutuelle ne fait pas de bénéfice personnel. Si elle est
excédentaire, elle réinjecte les fonds dans des actions de prévention de la
santé ou des fonds de soutien.
La population mute, ses besoins
avec. La santé est un enjeu majeur de développement.
Des choix de conduite citoyenne s’imposent
à nous dès à présent, sans lesquels nous nous dirigerons inexorablement vers un
système assurantiel privé, excluant la majorité d’entre nous de l’accès au soin
qui ne sera plus un droit mais un privilège accessible uniquement à une
minorité de personnes aisées.