[ Publié le June 14, 2011
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Depuis quelques années – les couvertures médiatiques en témoignent –, l’art du bien vivre représente une de nos préoccupations principales. Il est loin le temps où nous mangions, buvions, fumions et élevions nos petites familles sans nous poser de questions. Aujourd’hui on s’interroge sur tout : métier, mariage, grossesse, paternité, choix de carrière, réorientation, gestion du stress, divorce, remariage, familles recomposées, fin de carrière senior, dernière cigarette, retraite dynamique, prothèse capillaire, etc. Après le souci du bien vivre, celui du bien vieillir, car sur nous plane sans cesse la menace du naufrage de la vieillesse.
Bien vieillir, ça se prépare, et pour illustrer mon propos, je vais prendre l’exemple de la crème antirides. Comme me l’affirmait Chloé, ma coiffeuse, qui tient cela de sa collègue esthéticienne : « Il faut appliquer quotidiennement sa crème dès l’âge de 20 ans à titre préventif ! » C’est inéluctable, il faut prévoir son plan vieillesse dans le prolongement de ses projets retraite. En somme, il ne faut pas attendre d’avoir écrasé son premier piéton faute de visibilité (DMLA, quand tu nous tiens !) ou de devoir se faire poser une prothèse de hanche à cause d’un tapis glissant !
Bien vieillir, pour les personnes que cela concerne, c’est continuer à faire ce que l’on aime sans tenir compte du temps qui passe. Or, l’entourage perçoit souvent la vieillesse différemment. Lors d’un récent rendez-vous d’accompagnement, une adhérente me rappelait à juste titre que : « la vieillesse se traduit surtout par une inquiétude grandissante de mes enfants, de mes voisins à mon égard. Moi, je le sais que je suis dans la catégorie des vieilles personnes. Il faut être logique ! »
Voici un message tout spécialement destiné à l’entourage proche qui souvent, par inquiétude et bienveillance, va sans s’en rendre compte infantiliser la personne âgée : décider à la place de la personne âgée est souvent vecteur de conflit, d’agressivité, car il n’y a plus de dialogue. On la destitue de sa capacité à évaluer son bien-être. Mais « avec le grand-âge, on fait ce que veut son pied gauche » comme dit l’adage russe ! Et le meilleur expert à même d’évaluer ses capacités, c’est votre parent âgé lui-même.
Bien vieillir, c’est avant tout accepter cette nouvelle étape de la vie : l’entrée dans le grand âge ! La fin de vie n’est pas un acte délibératoire de mise en danger, c’est le processus normal du temps qui passe. Il est essentiel, à ce moment-là, de dialoguer avec ses proches sur leur état de bien-être et de leur faire confiance sur leurs choix.
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