Mon compte

Pas encore de compte ?  Créer un compte

> Accueil > > Blogs experts > > Blog d'Hervé GalloisVive le café : c'est bon pour la survie !

Pour garder le rythme...

Vive le café : c'est bon pour la survie !

[ Publié le 26 juillet 2017 ]

cafe-survie

Deux nouvelles grandes études prospectives confirment que la consommation de café est associée à un bénéfice sur la mortalité globale. Ce bénéfice est observé dans des populations européennes, et au sein de différents groupes ethniques dans une étude américaine.

Sans recommander le café pour prévenir les affections chroniques ou réduire la mortalité, il est de plus en plus évident que la consommation modérée de café, de 3 à 5 tasses par jour, n’est pas associée à des effets indésirables, et peut même faire partie d’un régime alimentaire sain.

 

Etat des lieux

Le café est la boisson la plus consommée dans le monde avec une estimation de 2,25 milliard de tasses bues par jour dans le monde. L’effet bénéfique du café a déjà été démontré par de nombreuses études. Une consommation élevée de café a été associée à des niveaux plus faibles d'inflammation, d'insulinorésistance et de risque de diabète. 

 

De larges cohortes américaines démontrent qu'une forte consommation de café est associée à une moindre mortalité toutes causes confondues. Par rapport aux abstinents, les forts consommateurs de café ont une diminution du risque de décès cardiovasculaire sans effet sur les décès d'origine cancéreuse.

Il y a peu de données sur les effets de la consommation de café et le risque de décès d'autres causes (digestives et respiratoires). 

 

Mais qu'en est-il du mode de préparation du café, et de ses effets dans des populations européennes et non occidentales telles que les populations américaines minoritaires (afro-américaines, nippo-américaines, latines, natives d'Hawai...)? 

 

L'étude EPIC a été réalisée chez près d'un demi-million d’Européens

La cohorte prospective EPIC (European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition) est menée par une équipe internationale. Elle est pilotée par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de Lyon. Elle porte sur 451.743 sujets (dont plus de 320.000 femmes), résidant dans 10 pays européens (dont la France), et chez lesquels la mortalité globale et les causes de mortalité ont été recherchées sur une période de plus de 16 ans. Sur un suivi moyen de 16,4 ans, 41.693 décès ont été enregistrés. 

 

La consommation d'au moins trois tasses de café (consommation médiane de 855 ml par jour) est associée à une diminution de 12% de la mortalité totale chez les hommes et de 7% chez les femmes par rapport à ceux qui ne boivent pas de café. 

Le risque de décès lié à une maladie digestive chute de 59% chez les hommes et de 40% chez les femmes à partir de 3 tasses de café par jour par rapport aux personnes buvant moins d’une tasse par jour. 

 

Une relation inverse est également observée entre la consommation de café et la mortalité cardiovasculaire, mais uniquement chez les femmes avec une diminution de 12% du risque de décès cardiovasculaires.

Cette association est plus importante pour les décès liés aux accidents vasculaires cérébraux (AVC) avec une diminution de 30% de ce risque. Une tendance analogue (non significative) est retrouvée chez les hommes. 

Par contre, chez les femmes il est observé un effet négatif de la consommation de café avec un sur-risque de décès lié au cancer de l’ovaire de 31%

Le bénéfice associé au café décaféiné semble identique.

 

Dans cette cohorte, une étude des biomarqueurs de la fonction hépatique, de l'inflammation et de la santé métabolique montre que la consommation élevée de café est associée à des taux sanguins plus faibles de la phosphatase alcaline, des transaminases, de la gamma-glutamyltransférase et chez les femmes de la C-réactive protéine, de la lipoprotéine (a) et de l'hémoglobine glyquée. 

 

La cohorte multiethnique MEC réalisée auprès de 200 000 personnes

La cohorte multiéthnique MEC (Multiethnic Cohort) regroupe 185.855 sujets afro-américains, latino-américains, hawaïens, américains d’origine japonaise et blancs qui ont été suivi de manière prospective. La mortalité globale et les causes de mortalité ont été analysées en fonction de la consommation de café. Le suivi est de 16,2 ans, durant lesquels 58.397 décès ont été observés.

Pour la mortalité globale, une relation dose-effet inverse apparaît dans un modèle ajusté. Par rapport à l'absence de consommation de café, la consommation d'une tasse par jour diminue de 12% le risque de décès.

Pour 2 à 3 tasses par jour, la diminution du risque est de 18% et pour au moins 4 tasses par jour, la diminution du risque est aussi de 18%

Ce bénéfice est retrouvé dans tous les groupes ethniques analysés, à l’exception des sujets natifs d’Hawaï (tendance non significative).

En ce qui concerne les causes de mortalité, des associations inverses sont retrouvées entre la consommation de café et les décès liés aux maladies cardiovasculaires, aux cancers, aux maladies respiratoires chroniques, aux AVC, au diabète et aux maladies rénales.

Comme dans EPIC, les effets du café caféiné ou décaféiné semblent similaires. Ces associations inverses sont aussi retrouvées chez les "jamais fumeurs", les jeunes participants (< 55 ans) et ceux qui n'avaient déclaré aucune maladie chronique.  

 

De ces deux nouvelles études de cohortes prospectives réalisées dans des populations différentes de celles des américains, on peut considérer que la consommation de café a très peu d'effets délétères sur la santé globale et dans l'ensemble de la population mondiale.

Dans un éditorial associé aux deux publications, des experts soulignent l’importance de la question, tant la consommation de café est répandue dans le monde. Ils soulignent également que la relation inverse entre consommation de café et mortalité, retrouvée dans les deux études, menées dans des populations différentes, conforte la notion d’un bénéfice déjà avancée dans un certain nombre de travaux.

Il est de plus en plus évident qu’une consommation modérée de café, de 3 à 5 tasses par jour n’est pas associé à des effets indésirables, et peut même faire partie d’un régime alimentaire sain.

Reste la question de l’origine du bénéfice : caféine elle-même et aussi d'autres composants susceptibles d’effets biologiques à trouver. 

 

Pour en savoir plus :

NOTRE EXPERT

Gallois

  • Hervé Gallois, cardiologue

S'INFORMER

vignette-200x100-la-mammographie-en-8-chiffres-cles

CHOISIR

logo_3935_ColDroite


Besoin d'un relais près de chez vous ?
 

Un soutien pour votre quotidien près de chez vous ? Nos conseillers santé vous donnent les coordonnées d'associations de patients.

 

En savoir plus

DERNIERS COMMENTAIRES

minoque35 - le 01/06/2017 dans "Cholestérol : les nouvelles recommandations de pré..."
Merci Soizou47 pour le petit colibri que je suis et je crois bien savoir que nos vols de colibris se croisent ici ou
Soizou47 - le 22/05/2017 dans "Cholestérol : les nouvelles recommandations de pré..."
@Minoque35 Vous n'êtes qu'un petit colibris, certes, Madame Minoque... mais vous savez combien c'est utile, un petit
Soizou47 - le 28/04/2017 dans "Cholestérol : les nouvelles recommandations de pré..."
Ca alors ! M.Mme Akira... Cela signifierait que les études qui démontrent l'utilité de tous ces médicaments, ces
akira - le 28/04/2017 dans "Cholestérol : les nouvelles recommandations de pré..."
Quand aux recommendations de la HAS, elle se basent sur les conclusions de la societe francaise de cardiologie dont