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Tabac : 73 200 décès en France en 2013

[ Publié le 6 janvier 2017 ]

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Les données françaises les plus récentes montrent le poids considérable du tabagisme dans la morbi-mortalité liée aux cancers (surtout pulmonaires) et aux maladies cardiovasculaires.
Ces données et leur évolution sont très préoccupantes, en particulier chez les femmes : les décès imputables au tabac ont été multipliés par plus de deux entre 2000 et 2013.

 

En France tant chez les adultes que chez les adolescents la proportion de fumeurs quotidiens est de l'ordre de 30%. Ainsi la France fait partie des pays développés les plus consommateurs. L’Angleterre, le Canada ou la Nouvelle-Zélande par exemple ont réussi en dix ans à faire baisser la prévalence des fumeurs quotidiens en dessous de 20%.

En 2013, 73 200 décès (dont 76% d'hommes) ont été attribuables au tabac en France, soit 13.2% de l'ensemble des décès. Les trois grands pourvoyeurs de décès liés au tabac sont les cancers (62.3%, surtout le cancer pulmonaire), les maladies cardiovasculaires (22.5%) et les maladies respiratoires (15.2%). Alors que cette mortalité baisse d'à peu près 1% par an chez les hommes, elle augmente de façon dramatique de plus de deux fois chez les femmes passant en 2000 de 3.1% de la mortalité totale à 6.3% en 2013. Chez elles, la mortalité cardiovasculaire représente près de 30% des décès liés au tabagisme !

 

Réduire le nombre des fumeurs est une priorité de santé publique

La France s'est donc dotée d'un Programme national de réduction du tabagisme (PNRT) dont l'objectif est de réduire de 10% le nombre de fumeurs quotidiens d’ici à 2019 et de passer sous la barre des 20% de fumeurs d'ici à 2024. Saluons au passage le grand succès de la campagne "Moi(s) sans tabac" réalisée en novembre dernier dont le Docteur Arvers évoque les premiers résultats dans son billet « Moi(s) sans tabac 2016 : un défi relevé avec brio ».

 

Estimation des décès attribuables au tabac : la méthode

Les effets sur la santé du tabagisme sont mesurés en termes de mortalité. Les données publiées en 2010, à partir des données de mortalité de 2005, estimaient déjà le nombre total de décès attribuables au tabagisme à 78 000 soit 14% de la mortalité totale enregistrée.

Les dernières données de mortalité disponibles datent de 2013 : elles proviennent de la base nationale des causes de décès du Centre d'épidémiologie sur les causes médicales de décès (Inserm-CépiDc).
L'étude publiée dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) d'octobre 2016 s'est focalisée sur les décès enregistrés de 2000 à 2013 en ne sélectionnant que les personnes de plus de 35 ans résidant en France métropolitaine.
Les estimations des décès attribuables au tabac utilisent des méthodes statistiques qui combinent les données de mortalité, les taux de décès par cancer du poumon et les risques relatifs ajustés de décès associés au tabagisme. Ces risques relatifs proviennent d'analyses d'une grande cohorte américaine, la Cancer Prevention Study II (CPS-II), de plus d'un million de personnes suivies de 1982 à 2006.
A partir de ces données, il est possible de définir un groupe de pathologies liées au tabagisme et de déterminer pour chacune un risque relatif (RR) pour les fumeurs de décéder par rapport aux non-fumeurs.

Chez les hommes fumeurs, le RR est ainsi de :

  • 21.3 pour le cancer du poumon,
  • 10.8 pour les maladies respiratoires chroniques,
  • 8.1 pour les cancers des voies aérodigestives supérieures,
  • 5.51 pour la maladie coronaire chez les 30-44 ans et de 3.04 chez les 45-59 ans,
  • 3.12 pour les maladies cérébrovasculaires chez les 30-44 ans et de 3.12 chez les 45-59 ans.


Chez les femmes fumeuses, le RR est de :

  • 12.5 pour le cancer du poumon,
  • 12.3 pour les maladies respiratoires chroniques,
  • 6 pour les cancers des voies aérodigestives supérieures,
  • 4.61 pour les maladies cérébrovasculaires chez les 30-44 ans et de 4.61 chez les 45-59 ans,
  • 2.26 pour la maladie coronaire chez 30-44 ans, de 3.78 chez les 45-59 ans et de 2.81 pour les 60-69 ans

 

73 200 décès attribuables au tabagisme en 2013

A partir des données de la cohorte CPS-II, il est possible d'estimer la pseudo-prévalence du tabagisme qui mesure l'effet cumulé de la prévalence, de la durée et de l'intensité du tabagisme dans la population. Cette pseudo-prévalence présente une variation par âge identique pour les hommes et les femmes avec un pic pour les 55-59 ans. Elle est nettement supérieure pour les hommes. A partir de cette pseudo-prévalence, il est possible de calculer les fractions des décès attribuables au tabac par pathologie.

La fraction attribuable la plus élevée revient au cancer du poumon : respectivement pour les hommes et les femmes, le tabac serait responsable de 89% et 65% des cancers du poumon.

En deuxième position, ce sont les maladies respiratoires chroniques : respectivement pour les hommes et les femmes, le tabac serait responsable de 73% et 52% de ces maladies.

En 2013, 73 200 décès étaient attribuables au tabac soit 13.2% de l'ensemble des décès avec 55 737 décès évitables chez les hommes et 17 463 chez les femmes. Les causes de ces décès étaient :

  • un cancer dans 62.3% des cas (66% chez les hommes et 49% chez les femmes),
  • une maladie cardiovasculaire dans 22.5% des cas (20.4% chez les hommes et 29.2% chez les femmes),
  • et une maladie respiratoire dans 15.2% des cas (13.3% chez les hommes et 21.2% chez les femmes).


Entre 2000 et 2013, l'évolution des décès attribuables au tabac est différente suivant le sexe

Chez les hommes on observe une décroissance d'un peu moins de 1% en moyenne par an des décès et des fractions attribuables au tabac: de 62 411 décès en 2000 soit 23.1% de la mortalité totale à 55 737 en 2013 soit 19.9% des décès.
Chez les femmes on observe l'inverse avec un nombre de décès attribuables au tabac plus de deux fois supérieur en 2013 par rapport à 2000 : de 8 027 décès en 2000 soit 3.1% de la mortalité totale à 17 463 en 2013 soit 6.3% des décès.


Les données confirment donc des différences majeures en fonction du sexe. Chez les hommes, le tabac est responsable de 2/3 des décès imputables aux maladies respiratoires et de 20% de ceux liés aux maladies cardiovasculaires. Chez les femmes, il est responsable d'un décès sur deux lié aux maladies respiratoires et de près de 30% de ceux attribuables aux maladies cardiovasculaires.

Pour en savoir plus :





NOTRE EXPERT

Gallois

  • Hervé Gallois, cardiologue

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