Mon compte

Pas encore de compte ?  Créer un compte

> Accueil > > Blogs experts > > Blog d'Hervé GalloisSportif occasionnel : faut-il faire une épreuve d'effort cardiologique ?

Pour garder le rythme...

Sportif occasionnel : faut-il faire une épreuve d'effort cardiologique ?

[ Publié le 21 décembre 2016 ]

sportif-occasionnel

L'épreuve d'effort cardiologique est indiquée chez le sportif occasionnel à partir de la cinquantaine ou à tout âge :

puce s’il présente des facteurs de risque cardiovasculaire,

puce s’il reprend un sport après une longue interruption,

puce ou s’il pratique un sport à "haut risque".

 



Cette épreuve d'effort est fortement recommandée chez le sportif occasionnel qui désire faire de la compétition, sauf s'il a moins de 45 ans, qu'il n’a aucun facteur de risque cardiovasculaire et qu'il fait un entraînement physique régulier adapté à son sport.

 

Qui est le sportif occasionnel ?

C'est celui qui pratique un sport le weekend et rien pendant la semaine de travail. C'est donc un sédentaire qui se défoule le weekend. Les sports les plus pratiqués le weekend, sont le jogging, le vélo, le VTT, le tennis et les sports de raquette, le football et les autres sports collectifs, la natation et plus récemment la marche nordique qui a souvent des adeptes d'un certain âge. 

Souvent ce sportif occasionnel fait son sport depuis "toujours". Et jeune, il en faisait toute la semaine (avec un entraînement adéquate) et avec l'âge et du fait d'un travail très souvent sédentaire la semaine (voiture, transports en commun, métro/boulot/dodo), il ne va garder que le meilleur : le match de football (au moins deux heures), la partie de tennis (au moins deux heures), la randonnée en vélo (au moins quatre heures), la randonnée en VTT (au moins 4 heures), le golf (au moins quatre heures) etc.

Le sportif occasionnel se donne à fond dans son sport : son sport est réalisé avec une forte intensité et souvent dans des durées supérieures à 2 heures

 

L'épreuve d'effort cardiologique en pratique

C'est un examen suivant un protocole, qui consiste à réaliser un effort soit sur tapis, soit sur vélo, dans des conditions de sécurité maximale (présence d’un cardiologue et d’une infirmière rompus aux gestes d'urgences, chariot d'urgence avec défibrillateur dans la salle). Pendant tout l'effort, au repos, à l'effort maximal et en récupération sont analysés au minimum, la capacité fonctionnelle maximale (en vélo ce sont des watts et au tapis on parle de METS), les signes cliniques d'intolérance (gène précordiale, essoufflement anormal, palpitations, malaise), l'électrocardiogramme de manière continue (l'électricité du cœur) et le profil tensionnel avec mesures de la pression artérielle à chaque palier de l'effort. Peuvent être complétés pendant cette épreuve la mesure de la consommation d'oxygène (on parle de VO2) et l'analyse des parois et de la fonction cardiaque par échocardiographie (c'est l'échocardiographie d'effort) ou par scintigraphie myocardique.

L'épreuve d'effort cardiologique du sportif doit être maximale c'est à dire qu'on demande à la personne de faire le maximum qu'elle puisse faire lors d'un effort. Pour le sportif qui court ou qui marche il faudra une épreuve d'effort sur tapis, et pour le sportif qui fait du vélo ou du VTT il faudra une épreuve d'effort sur vélo.

En effet les muscles pour faire du vélo et pour courir sont différents. Et l'effort maximal est un effort qui entraîne un épuisement c'est à dire qu'il doit être limité par le cœur et pas par les muscles périphériques. Chez le sportif une épreuve d'effort sous maximale peut être faussement rassurante !

Ce que recherche le cardiologue, ce sont des signes en faveur d'une maladie coronaire latente (on parle de signes d'ischémie myocardique) et/ou des troubles électriques qu'on appelle troubles du rythme (certains sont bénins d'autres peuvent être mortels). Et ce que devrait rechercher le sportif c'est sa fréquence cardiaque d'entraînement qui correspond au niveau idéal individuel de fonctionnement de son cœur : on parle de fréquence "seuil". En dessous de cette fréquence, il y a peu de danger,  au-dessus de cette fréquence, attention il peut y aovir danger. Le sportif doit aussi connaître sa fréquence cardiaque maximale : le cœur est alors au maximum de sa capacité. Il est « dans le rouge ! ».

 

Les indications formelles de l'épreuve d'effort cardiologique chez le sportif occasionnel asymptomatique :

  • Elle devrait être systématique après 45 ans chez l'homme et après 55 ans chez la femme
  • Elle est indiquée quel que soit l'âge chez celui (ou celle) qui présente soit un tabagisme actif comme seul facteur de risque cardiovasculaire, soit au moins deux autres facteurs de risque cardiovasculaire : cholestérol (le HDL bas et/ou le LDL cholestérol élevé, hypertriglycéridémie), diabète, obésité abdominale, hypertension artérielle, sédentarité, mauvaise hygiène alimentaire (absence de fruits et légumes), stress... Sans oublier le facteur de risque familial (mort subite, infarctus ou AVC chez un ou des parents du premier degré "jeunes"), le sexe masculin et l'âge.
  • Elle est indiquée chez l'individu quel que soit l'âge qui reprend un sport de façon intensive après une longue interruption.
  • Elle est aussi indiquée quel que soit l'âge chez la personne qui pratique des sports dits à haut risque (soit à traumatismes, soit à malaises syncopaux) : sports de combat (avec KO), escalade et alpinisme, sports d'automobile (et de moto), sports aéronautiques, sports de plongée sous-marine, canoë kayak, cyclisme, aviron, décathlon, patin de vitesse ... 

 

Les indications fortement recommandées de l'épreuve d'effort cardiologique chez le sportif du dimanche asymptomatique:

Tout sportif du dimanche qui désire faire de la compétition telle qu'un marathon devrait pour sa préparation réaliser une épreuve d'effort cardiologique pour évaluer le risque cardiaque, et pour obtenir sa fréquence cardiaque "seuil" d'entraînement ainsi que sa fréquence cardiaque maximale.

 

Chez ce dernier l'épreuve d'effort n'est pas utile s'il a moins de 45 ans, qu'il n’a aucun facteur de risque cardiovasculaire et qu'il réalise un entraînement régulier bien conduit et adapté à son sport.

 

Bien entendu, tout sportif (ou pas) quel que soit son niveau d'intensité, de fréquence et de durée d'activités sportives, qui présente à l'effort une gêne précordiale ou un essoufflement anormal, ou qui présente à l'effort ou après l'effort une sensation de palpitations ou de malaise doit arrêter son sport, consulter son médecin traitant et un cardiologue et réaliser une épreuve d'effort cardiologique à la recherche d'une maladie coronaire et/ou d'un trouble du rythme.

Rappelons que le risque "cardiaque" lié au sport dépend de l'individu (apport génétique, niveau d'entraînement, cardiaque ignoré ou pas), de la brutalité, de l'intensité et de la durée de l'effort: plus vous serez entraîné moins vous aurez de risque "cardiaque" et inversement moins vous vous entraînerez plus vous augmenterez le risque "cardiaque"!

Pour le cœur, l'idéal au long cours c'est un entraînement régulier (une heure par jour) d'intensité modérée (à la fréquence "seuil"). 

 

Pour en savoir plus:

NOTRE EXPERT

Gallois

  • Hervé Gallois, cardiologue

S'INFORMER

vignette-200x100-la-mammographie-en-8-chiffres-cles

CHOISIR

« Se brosser les dents, c’est important ! »

DERNIERS COMMENTAIRES

Soizou47 - le 28/04/2017 dans "Cholestérol : les nouvelles recommandations de pré..."
Ca alors ! M.Mme Akira... Cela signifierait que les études qui démontrent l'utilité de tous ces médicaments, ces
akira - le 28/04/2017 dans "Cholestérol : les nouvelles recommandations de pré..."
Quand aux recommendations de la HAS, elle se basent sur les conclusions de la societe francaise de cardiologie dont
akira - le 28/04/2017 dans "Cholestérol : les nouvelles recommandations de pré..."
Bonjour, Vous dites vous baser sur d'etudes scientifiques. Pourriez vous etre plus precis ? A quelles etudes faites
minoque35 - le 28/04/2017 dans "Cholestérol : les nouvelles recommandations de pré..."
Merci Dr Gallois d'avoir pris le temps de répondre très cordialement ! Vous n'êtes pas sans savoir qu'il existe depuis