Mon compte

Pas encore de compte ?  Créer un compte

> Accueil > > Blogs experts > > Blog d'Hervé GalloisReprendre le travail après une atteinte coronaire

Pour garder le rythme...

Reprendre le travail après une atteinte coronaire

[ Publié le 24 mai 2017 ]

travail-atteinte-coronaire

Depuis 2011, et en se référant à la charge du travail (sédentaire, travail physique léger, modéré ou lourd), la Haute Autorité de santé recommande un arrêt maladie de 28 à 60 jours pour un patient ayant présenté un infarctus du myocarde, de 42 à 90 jours pour ceux qui ont bénéficié d'un pontage et de 7 à 21 jours pour ceux qui ont bénéficié d'une dilatation coronaire hors infarctus du myocarde.
Cette durée d'arrêt de travail est à adapter en fonction de plusieurs facteurs dont le bilan cardiologique et en particulier l'épreuve d'effort qui permet d'évaluer la capacité fonctionnelle. Ce bilan est réalisé lors d'une réadaptation cardiaque complète (si pontage) ou mieux en ambulatoire (si syndrome coronaire aigu non compliqué, ou maladie coronaire stable).

 

Quelle atteinte coronaire ?

L'accident cardiaque ou infarctus du myocarde est l'atteinte coronaire la plus dramatique. En fait actuellement on peut classer les atteintes coronaires en trois types en fonction de l'urgence.

 

Le plus urgent, c'est l'infarctus du myocarde (IDM) qu'on appelle aujourd'hui syndrome coronaire aigu (SCA) avec sus décalage de ST qui est le signe électrique caricatural retrouvé à l'électrocardiogramme réalisé pendant l'accident. La prise en charge la plus précoce possible consiste à revasculariser l'artère coronaire coupable soit par un médicament thrombolytique injecté par le SAMU, soit par la dilatation coronaire plus ou moins associée à la pose d'un stent réalisée dans un centre de coronarographie ouvert 24h sur 24h. En France, en 2015, la coronarographie en urgence suivie d'une dilatation coronaire est pratiquée dans la majorité des cas.

 

Une urgence relative ou différée est représentée par le syndrome coronaire aigu sans sus décalage de ST qui représente en France plus de la moitié des cas des SCA. La coronarographie associée à la dilatation coronaire est alors réalisée dans les 12 à 48 heures après les symptômes en fonction de la présence ou non de marqueurs enzymatiques cardiaques signant la souffrance du myocarde (principalement la troponine).

 

Dans la maladie coronaire stable, les indications de la coronarographie puis de la dilatation coronaire et/ou la mise en place de stent ou de pontage aorto-coronaire sont réalisées chez des patients présentant un angor stable ou à la suite d'un bilan cardiologique retrouvant des signes d'ischémie fonctionnelle (ischémie liée à l'effort) à l'épreuve d'effort cardiologique ou lors d'une imagerie de stress (par échocardiographie, scintigraphie ou IRM). 

 

La coronarographie, la dilatation coronaire et la pose de stent sont réalisés par des cardiologues "interventionnels". Cette technique de revascularisation coronaire permet le retour au domicile du patient très précocement et logiquement une reprise du travail plus rapide.

 

Le pontage aorto-coronaire est réalisé par un chirurgien cardiaque. Il y a ouverture thoracique, et en règle, avant le retour à domicile, le patient devra faire un séjour d'au moins trois semaines en réadaptation cardiaque.

 

Quel type de travail ?

Quatre types de travail peuvent être définis en fonction de la charge de travail physique à réaliser :

  • un travail sédentaire avec une charge physique faible tel que le travail de bureau ;
  • Un travail physique léger avec un port de charge ponctuelle inférieure à 10 kg et/ou une charge répétée inférieure à 5 kg tels qu'observé dans le commerce, chez le chauffeur de taxi, chez le jardinier, etc. ;
  • Un travail physique modéré avec un port de charge ponctuelle inférieure à 25 kg et/ou une charge répétée inférieure à 10 kg observé chez le plombier, le menuisier, etc. ;
  • Un travail physique lourd avec un port de charge supérieure ou égale à 25 kg  observé dans le bâtiment, le déménagement, chez les pompiers, etc.

 

Quelle durée d'arrêt de travail ?

En 2011, la Haute Autorité de santé a proposé des durées d'arrêt de travail de référence en fonction du type d'atteinte cardiaque et du type de travail.

 

Dans le syndrome coronaire aigu (infarctus du myocarde), la durée d'arrêt de travail de référence est de :

  • 28 jours si travail sédentaire,
  • 35 jours si travail physique léger,
  • 42 jours si travail physique modéré,
  • 60 jours si travail physique lourd.

 

Après une dilatation coronaire hors infarctus du myocarde, la durée d'arrêt de travail de référence est de :

  • 7 jours si travail sédentaire ou travail physique léger,
  • 14 jours si travail physique modéré,
  • 21 jours si travail physique lourd.

 

Après un pontage aorto-coronaire la durée d'arrêt de travail de référence est de :

  • 42 jours si travail sédentaire,
  • 56 jours si travail physique léger,
  • 70 jours si travail physique modéré,
  • 90 jours si travail physique lourd.

 

Cette durée d'arrêt de travail est à adapter en fonction de plusieurs facteurs.

La durée de l'arrêt de travail sera adaptée selon l'âge du patient, le nombre d'artères coronaires revascularisées, les comorbidités, la sévérité des symptômes résiduels (angor ou essoufflement), le niveau socio-économique, les facteurs psychologiques (stress professionnel, anxiété, dépression).

 

Deux examens cardiologiques auront aussi un impact majeur sur la reprise du travail et des activités physiques:

L'échocardiographie va montrer l'absence ou l'importance de l'atteinte cardiaque (plus ou moins bonne contraction d'une ou des parois du cœur) et va évaluer la fonction pompe qui peut être normale ou altérée avec en corollaire des conséquences sur la capacité fonctionnelle. 

 

L'épreuve d'effort réalisée sur vélo ou sur tapis va renseigner sur l'absence ou la présence de complications (angor, trouble du rythme, ischémie ...) et sur cette capacité fonctionnelle évaluée en MET (ou équivalent métabolique: 1 MET représente la consommation d'oxygène pendant le repos). Un travail sédentaire demande 3 METS ou moins, un travail physique léger entre 3 et 5 METS, un travail physique modéré entre 5 et 7 METS et un travail physique lourds 7 METS ou plus

 

Etat des lieux en France

En France, une étude réalisée entre 2011 et 2012 sur 216 patients travailleurs indépendants (artisans et commerçants) hospitalisés pour un SCA, a montré que la durée moyenne d'arrêt de travail était de 93,3 jours. Les performances cardiaques à l'effort étaient indépendantes de la durée d'arrêt de travail mais corrélées avec la probabilité de reprendre. Les patients ayant les performances les plus élevées avaient la plus forte probabilité de reprendre le travail : tous les patients dépassant le seuil de 8.6 METS ont repris le travail. Et plus la charge physique du travail est élevée, plus la durée de l'arrêt de travail augmente avec un pic à 154 jours pour les travaux physiques lourds.

 

Avant la reprise du travail surtout s'il est physique, tout patient ayant fait un syndrome coronaire aigu devrait avoir un bilan cardiologique comprenant une échocardiographie et surtout une épreuve d'effort pour évaluer leur capacité fonctionnelle. Ce bilan devrait être associé à une éducation thérapeutique concernant la prévention secondaire associant un traitement pharmacologique (BASI) et le contrôle des facteurs de risque cardiovasculaire. Un programme de réadaptation cardiaque en hospitalisation complètes (si pontage) ou mieux en ambulatoire (si SCA non compliqué, ou maladie coronaire stable) proposant exercices physiques adaptés et prise en charge diététique, antitabac et gestion du stress permet de retrouver une meilleure qualité de vie et réduit les récidives et les décès. En Ile-de-France seuls 21% de ces patients réalisent ce type de réadaptation !

 

Pour en savoir plus :




NOTRE EXPERT

Gallois

  • Hervé Gallois, cardiologue

S'INFORMER

vignette-200x100-la-mammographie-en-8-chiffres-cles

CHOISIR

« Se brosser les dents, c’est important ! »

DERNIERS COMMENTAIRES

minoque35 - le 01/06/2017 dans "Cholestérol : les nouvelles recommandations de pré..."
Merci Soizou47 pour le petit colibri que je suis et je crois bien savoir que nos vols de colibris se croisent ici ou
Soizou47 - le 22/05/2017 dans "Cholestérol : les nouvelles recommandations de pré..."
@Minoque35 Vous n'êtes qu'un petit colibris, certes, Madame Minoque... mais vous savez combien c'est utile, un petit
Soizou47 - le 28/04/2017 dans "Cholestérol : les nouvelles recommandations de pré..."
Ca alors ! M.Mme Akira... Cela signifierait que les études qui démontrent l'utilité de tous ces médicaments, ces
akira - le 28/04/2017 dans "Cholestérol : les nouvelles recommandations de pré..."
Quand aux recommendations de la HAS, elle se basent sur les conclusions de la societe francaise de cardiologie dont