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Quoi de neuf dans l'hypertension artérielle (HTA) ?

[ Publié le 10 décembre 2012 ]

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Depuis le décret funeste du 24 juin 2011(au Journal officiel le 26 juin 2011) qui a mis fin à l'ALD (Affection de Longue Durée) n°12, toute personne atteinte d'une HTA sévère (définie comme traitée par au moins trois médicaments antihypertenseurs) ne peut plus avoir de remboursement à 100 % venant de la Sécurité sociale pour des soins relatifs à cette maladie. Je dis bien maladie, parce que la raison invoquée de ce décret considérait que l'HTA n'était qu'un simple facteur de risque et pas une maladie chronique ! L'objectif de ce décret était de faire des économies : de l'ordre de 20 millions d'euros pour 2011ou 2012 (?), en considérant qu'un hypertendu sévère coûte en moyenne 3000 euros par an (dont seulement 15 % liés aux médicaments antihypertenseurs).


Or, l'hypertension artérielle est une maladie vasculaire, une maladie des artères où les chiffres tensionnels élevés ne sont que des révélateurs. La définition médicale actuelle de l'HTA sévère correspond soit à des niveaux de pression artérielle très élevés au-delà de 180/110 mmHg, soit à une HTA rebelle à une bithérapie bien conduite, soit à une HTA avec atteinte des organes cibles, le cœur,  le rein, le cerveau, les yeux et les grosses artères, atteinte qui peut être infraclinique : on parle d'hypertrophie ventriculaire gauche pour l'atteinte cardiaque, de microalbuminurie pour l'atteinte rénale et d'augmentation de la rigidité artérielle pour les grosses artères que l'on peut évaluer en écho-doppler des artères carotides (épaisseur intima/média) et par la mesure de la vitesse de l'onde de pouls (plus elle est élevée plus les artères sont rigides).

 

Quelques chiffres concernant l'HTA :

 L'HTA est le premier facteur de risque mondial de mortalité cardiovasculaire responsable de 13 % des décès annuels. En France, ce sont 15 à 16 millions de personnes qui sont hypertendues. 20 % d'hypertendus ne sont pas traités, et seulement 50 % des hypertendus traités sont contrôlés. L'HTA est le premier motif de consultation en médecine générale. Et environ 50 000 personnes par an présentent une HTA sévère suivant la définition précédente.

 

 

Quelles sont les conséquences actuelles du décret mettant fin à l'ALD12 ?

Où sont les économies réalisées ? En effet, pour compenser le retrait de cette ALD, beaucoup de patients hypertendus ont probablement été transférés dans d'autres ALD : diabète, insuffisance cardiaque ou maladie coronaire par exemple. Mais l'hypertendu qui a fait un accident ischémique transitoire ne peut pas avoir l'ALD AVC du fait que son accident vasculaire n'entraîne pas d'invalidité. De même, l'hypertendu ayant une angioplastie coronaire (sans infarctus du myocarde) ne peut pas accéder à l'ALD pour ses médicaments antihypertenseurs s'il a une fonction ventriculaire gauche préservée. Bref, des économies à court terme de bouts de chandelle ! À moyen et à long terme, le fait de ne pas prendre le traitement antihypertenseur chez ces patients va entraîner une augmentation du nombre d'accidents cardiovasculaires, et donc un surcoût majeur.

 

Est-ce une mesure juste pour l'ensemble des patients ? Certainement pas : tous les hypertendus sévères ayant fait une demande d'ALD 12 jusqu'au 26 juin 2011 sont couverts, et leur ALD peut être reconduite tous les cinq ans, alors que ceux qui sont hypertendus sévères après le 26 juin n'ont que leurs yeux pour pleurer, à moins qu'ils aient une mutuelle qui puisse les couvrir au prorata. L’accès aux soins de cette maladie n'est donc plus le même pour tous. Malheureusement, ce type d'HTA touche principalement nos jeunes retraités, et actuellement une mutuelle représente à peu près 10 % de leur revenu. Et chez certains de ces patients à faible revenu, il leur faut choisir entre s'alimenter ou prendre leurs médicaments !


C'est donc un problème national majeur qui met en très grande difficulté à court terme un certain nombre de patients. Le Comité Français de Lutte contre l'HTA (CFLHTA) , la Société Française d'Hypertension Artérielle (SFHTA), et une association de patients ont fait un recours au Conseil d'État pour supprimer ce décret. Il faudra attendre pour espérer que l'HTA sévère, maladie hypertensive sévère, reprenne son statut d'ALD, gage d'une prise en charge optimale pour tous. 

NOTRE EXPERT

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  • Hervé Gallois, cardiologue

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