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> Accueil > > Blogs experts > > Blog d'Hervé GalloisMort subite de l'adulte : le point sur les nouveautés

Pour garder le rythme...

Mort subite de l'adulte : le point sur les nouveautés

[ Publié le 20 décembre 2017 ]

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Les résultats de deux études sur la mort subite ont été présentés lors du congrès de l'American Heart Association (AHA).

La première montre que l'activité sexuelle est impliquée dans 0,7 % des cas de morts subites (94% d'hommes) et qu’une réanimation cardiopulmonaire (RCP) n’a été entreprise que dans un tiers des cas, expliquant un faible taux de survie.

La seconde étude montre qu'en cas d’arrêt cardiaque survenant dans un lieu public, les hommes ont plus de chances que les femmes d'avoir une RCP.

 

En France, au 11 décembre 2017, le registre électronique des arrêts cardiaques (RéAC) a recensé 82 133 arrêts cardiaques. Il nous apporte trois informations importantes : 

  • 73% des arrêts cardiaques ont lieu à domicile,
  • dans 63% des cas il y a présence de témoins
  • et au-delà de 10 minutes sans massage cardiaque, les chances de survie sont quasiment nulles.

 

Devant un arrêt cardiaque, rappelons les trois gestes qui sauvent : 

1) appeler le 15 (le SAMU), le 18 (les pompiers) ou le 112 (les urgences européennes),

2) pratiquer un massage cardiaque externe continu jusqu'à l'arrivée des secours,

3) si disponible, mettre en place un défibrillateur automatique externe.


Activité sexuelle et mort subite : stop aux idées fausses !

L’étude présentée lors du congrès annuel de l'AHA a été réalisée dans l'Oregon entre 2002 et 2015. Elle a enregistré 4557 morts subites d'adultes.

Dans cette série prospective, 34 cas soit 0,7% sont survenus pendant ou dans l'heure suivant une relation sexuelle. La mort subite est survenue pendant l’acte sexuel dans 55 % des cas et dans les minutes qui ont suivi dans 45 % des cas.

La vaste majorité des victimes étaient des hommes : 32 cas sur 34 (94 % vs 68 % pour les arrêts d’autres causes).

Chez les hommes, les arrêts cardiaques liés à l’activité sexuelle ont représenté 1 % de l’ensemble des morts subites contre 0,1% pour les femmes.

Les personnes victimes d’arrêts cardiaques liés à l’activité sexuelle avaient en moyenne cinq ans de moins que ceux victimes d’arrêts pour d’autres causes (60 vs 65 ans) et étaient plus souvent afro-américains (18,8 % vs 7,8 %).


Ces données sont plutôt rassurantes et vont dans le sens des premières recommandations de l’AHA sur le sujet « activité sexuelle et maladies cardiovasculaires » publiées en 2012 et qui considéraient l'activité sexuelle au même titre qu'une activité physique quotidienne.

 

Rappelons qu'une activité sexuelle "normale" est équivalente à la montée de deux étages. Le corollaire est qu'une personne "cardiaque" (stabilisée) qui ne présente aucun symptôme cardiologique (douleur précordiale, essoufflement anormal, palpitations, malaise...) en montant deux étages peut avoir des relations sexuelles habituelles sans risque. Et si elle veut mettre du "piment", il faut rajouter la montée d’un étage sans symptôme !


Les mécanismes par lesquels l’activité sexuelle peut être responsable d'une mort subite sont : l'effort physique, les stress, certains médicaments, des stimulants, des drogues (cocaïne) ou l’alcool.

L'un des facteurs de risque les plus importants de mort subite liée à l’activité sexuelle est une pathologie cardiovasculaire associée : sur les 34 patients décédés d’arrêts cardiaques lors d'une activité sexuelle, 29 avaient des antécédents de maladie coronarienne, 26 % une insuffisance cardiaque symptomatique et la majorité prenait des traitements cardiovasculaires.

Ce type de mort subite étaient plus souvent associés à une tachycardie ou une fibrillation ventriculaire par rapport aux autres causes d’arrêts cardiaques (76 % vs 45 %).

 

Dans cette série, il faut noter qu’une RCP n’a été entreprise que dans un tiers des cas des morts subites liées aux relations sexuelles, expliquant un faible taux de survie, alors que la plupart des troubles du rythme étaient "choquables", c'est à dire réversible par un choc électrique délivré par un défibrillateur. 

Seuls 19,4 % des patients étaient en vie à la sortie de l’hôpital après une mort subite liée à une relation sexuelle, alors qu'il y avait par définition un témoin (le partenaire sexuel) lors de l’événement. Il faut donc continuer à éduquer la population sur l’importance de la réalisation de la RCP par le témoin de l’arrêt cardiaque, quelles que soient les circonstances.

 

Arrêt cardiaque : les hommes plus souvent réanimés par des témoins que les femmes

Lors du congrès l'AHA de 2017, une seconde étude a analysé les données du registre américain "Ressucitation Outcomes Consortium" (ROC). Celui-ci regroupe les morts subites non traumatiques survenues à l’extérieur de l’hôpital entre 2011 et 2015.

L’étude a recensé 19 331 patients âgés en moyenne de 64 ans dont 63 % d’hommes.

La RCP a été effectuée dans 37% des cas. Globalement, la réalisation d'une RCP augmente de 64% la survie à la sortie de l'hôpital.

 

Quand la mort subite survient à domicile, cette RCP est réalisée chez 35% des femmes et 36% des hommes. Mais quand celle-ci survient dans un lieu public ce sont 45 % des hommes et seulement 39 % des femmes qui sont réanimés par des témoins et la survie est ainsi améliorée de 23 % pour les hommes.

 

Cette meilleure survie des hommes peut être expliquée par le fait que les gestes de RCP effectués chez les hommes sont plus efficaces et plus soutenus. Les sauveteurs non professionnels pourraient limiter l’intensité de leurs gestes par peur de faire mal ou d’avoir à être en contact avec la poitrine des femmes, ce qui pourrait être considéré à tort comme un geste sexué.

 

Dans ce registre, le nombre de personnes prises en charge avec les gestes de RCP reste faible. Ils sont compatibles avec les chiffres connus aux Etats-Unis, où seul un tiers des arrêts cardiaques est réanimé. Même si 90 % des patients décèdent, la RCP permet de doubler, voire tripler la survie !

 

Pour améliorer la prise en charge des morts subites, des campagnes d’éducation ciblée devront être mises en place et pourraient, entre autres, reposer sur la généralisation de l’entrainement sur mannequins des deux sexes pour que les personnes formées comprennent qu’appuyer sur le sternum d’une personne dans le cadre d’une RCP n’est pas un geste sexué.

 

Le registre électronique des arrêts cardiaques (Réac) vise l’exhaustivité

Le Registre électronique des arrêts cardiaques (Réac) est le premier registre national de données épidémiologiques et cliniques de l’arrêt cardiaque en France. C'est le plus grand d’Europe.

Il procède à un recueil exhaustif des arrêts cardiaques pris en charge sur l’ensemble du territoire français grâce à la participation volontaire des SAMU/SMUR.

 

Les objectifs de ce registre sont de permettre aux médecins d’évaluer et d’améliorer leurs pratiques professionnelles, d'optimiser les conditions de prise en charge des victimes d’arrêt cardiaque et d'améliorer les chances de survie des patients.

 

Après une phase de lancement en juillet 2011, le registre fait aujourd’hui collaborer plus de 286 SMUR et 94 SAMU, soit plus de 90% des centres d’urgences français.

Au 11 décembre 2017, RéAC avait recensé 82 133 arrêts cardiaques. Il est accessible presque en temps réel : sur le site "registreac.org" on peut consulter les statistique nationales. 

 

De ce registre, à ce jour, trois informations importantes sur la mort subite en France peuvent être tirées : 

  • 73% des arrêts cardiaques ont lieu à domicile,
  • dans 63% des cas il y a présence de témoins
  • et au-delà de 10 minutes sans massage cardiaque, les chances de survie sont quasiment nulles.

 

Du 01/12/2016 au 30/11/2017 ont été enregistrés en France 11 962 arrêts cardiaques :

  • 10 681 (89%) ont été réanimés,
  • 66% sont des hommes,
  • 90% ont une cause médicale (vs 10% traumatique), 
  • 12% ont eu lieu dans la rue,
  • une RCP immédiate a été réalisée dans 52% des cas,
  • la présence d'un défibrillateur a été notée dans 84% des cas mais son utilisation dans seulement 4% des cas,
  • une reprise de l'activité cardiaque avec admission à l'hôpital a été observée chez 7551 cas (soit 71% des réanimés), 1451 (19%) sont arrivés vivant à l'hôpital et 403 (5%) sont sortis vivants de l'hôpital.

 

Rappelons que la mort subite c'est la perte de conscience brutale associée à un arrêt respiratoire (ou à une respiration très anormale qu'on appelle le gasp).

 

Les témoins de cet accident dramatique doivent effectuer trois gestes simples:

1) appeler le 15 (le SAMU), le 18 (les pompiers) ou le 112 (les urgences européennes),

2) pratiquer le massage cardiaque externe qui doit être continu jusqu'à l'arrivée des secours et

3) si disponible, mettre en place le plus rapidement possible un défibrillateur automatique externe.

 

 

Pour en savoir plus :



NOTRE EXPERT

Gallois

  • Hervé Gallois, cardiologue

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