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> Accueil > > Blogs experts > > Blog d'Hervé GalloisMaladies cardiovasculaires et facteurs de risque en France : état des lieux

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Maladies cardiovasculaires et facteurs de risque en France : état des lieux

[ Publié le 13 septembre 2017 ]

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Voici les données les plus récentes concernant les maladies cardiovasculaires et leurs facteurs de risque dans notre pays, données présentées « L'état de santé de la population en France. Rapport 2017 ».

En 2014, 221 108 personnes ont été hospitalisées pour maladie coronaire, 165 093 pour insuffisance cardiaque, 163 251 pour maladie cérébrovasculaire et 128 237 pour maladie veineuse thomboembolique.

En 2013, 70 213 sont décédées d'insuffisance cardiaque, 33 923 personnes de maladie coronaire, 32 424 de maladie cérébrovasculaire et 15 501 de maladie veineuse thomboembolique.

Entre 2000 et 2013, la mortalité liée à la maladie coronaire a chuté de 45%, celle liée à aux accidents vasculaires cérébraux de 37%, celle liée à l'insuffisance cardiaque de 36% et celle liée à l'embolie pulmonaire de 36%.

En 2014, 12,2 millions de personnes sont traitées pour une hypertension artérielle, 7,4 millions pour une hypercholestérolémie, et 3 millions pour un diabète.
La moitié des adultes est en surpoids ou obèse et un sur six est obèse.
19% des adultes consomment régulièrement de l'alcool, 10% tous les jours et 38% ont des comportements d'alcoolisation ponctuelle importante. L'alcool est responsable de 49 000 décès par an.
Près de 30% des adultes fument tous les jours. Le tabac est la première cause de décès prématuré évitable, il est responsable de plus de 75 000 décès par an.
Le poids des maladies cardiovasculaires en terme de santé publique est donc considérable !

 

La maladie coronaire

En 2014, 221 108 patients ont été hospitalisés en France pour cardiopathie ischémique (maladie des artères coronaires) dont 28% pour infarctus du myocarde. 70% sont des hommes. Les taux standardisés sont de 350,5/100 000, taux presque 4 fois plus élevé chez les hommes que chez les femmes.

Entre 2002 et 2014, alors qu'on observe une diminution globale du taux d'hospitalisation pour cardiopathie ischémique de 13%, il faut noter une augmentation de 26% du taux d'infarctus du myocarde chez les femmes de moins de 65 ans et une stabilisation de ce taux chez les hommes de même âge (- 1.4%).

Cette tendance défavorable pour les femmes peut s'expliquer par l'augmentation de la prévalence du tabac, du diabète et de l'obésité chez elles.

En 2013, le nombre de décès liés à une maladie coronaire est de 33 923 majoritairement des hommes (58%). 13,2% de ces décès surviennent avant 65 ans (18,8% chez les hommes et 5,5% chez les femmes).
Le taux brut de mortalité liée à une maladie coronaire est 1,5 fois plus élevé chez les hommes que chez les femmes (5 fois plus chez les moins de 65 ans).
La létalité hospitalière liée à un infarctus du myocarde est estimée à 7,2%. Elle est 2 fois plus élevée chez les femmes (10,8% vs 5,6%) du fait d'un âge plus élevé de dix ans en moyenne.
Parmi les 27 pays de l'Union européenne de 2008 à 2010 la France enregistre le taux de mortalité par maladie coronaire le plus bas suivie du Portugal, des Pays-Bas et de l'Espagne. Entre 2000 et 2013, le taux standardisé de mortalité par cardiopathie ischémique a baissé de 43,8% chez les hommes et de 49,3% chez les femmes.
Selon l'étude internationale "Global Burden of Disease", la maladie coronaire est en 2013 la première cause d'années de vie perdues en France. C'est la deuxième cause de décès chez les hommes et les femmes.

 

Les accidents vasculaires cérébraux

En 2014, 163 251 patients ont été hospitalisés en France pour maladie cérébrovasculaire dont 68% pour accident vasculaire cérébral (71% ischémique et 25% hémorragique). 51% sont des hommes.
Le taux brut de patients hospitalisés pour AVC est de 167,3/100 000, taux 1,5 fois plus élevé chez les hommes que chez les femmes.
Entre 2002 et 2014, alors qu'on observe une légère diminution du taux standardisé d'hospitalisation pour AVC de 2,3%, il faut noter une augmentation de ce taux chez les moins de 65 ans (+19,9% chez les hommes et +20,2 chez les femmes) liée à l'augmentation de la prévalence du tabac, du diabète et de l'obésité dans cette tranche d'âge.

En 2013, le nombre de décès liés à une maladie cérébro-vasculaire est de 32 424 (97% pour AVC) majoritairement des femmes (59%). Le taux standardisé de mortalité par AVC des hommes est supérieur à celui des femmes (51,8 vs 40,9 / 100 000).
En 2012, parmi les 28 pays européens, la France a le taux de mortalité cérébro-vasculaire le plus bas, ellle est suivie par les Pays-Bas, l'Espagne et l'Allemagne. Entre 2000 et 2013, le taux standardisé de mortalité par AVC a baissé de 37,1% quel que soit le sexe.

Selon l'étude internationale "Global Burden of Disease", les AVC sont en 2013 la troisième cause d'années de vie perdues en France. Les AVC représentent la première cause de décès chez les femmes (la troisième chez les hommes), la première cause de handicap moteur non traumatique et la deuxième cause de démence derrière la maladie d'Alzheimer.

 

L'insuffisance cardiaque

En 2014, 165 093 patients ont été hospitalisés en France pour insuffisance cardiaque dont 51% de femmes et 43,4% personnes âgées de 85 ans et plus. Entre 2002 et 2014, le taux standardisé de patients hospitalisés pour insuffisance cardiaque évolue peu (- 5%). Chez les moins de 65 ans, ce taux diminue de 13,5%.

En 2013, le nombre de décès liés à une insuffisance cardiaque est de 70 213 majoritairement des femmes (55,4%) et dans 64,6% des personnes d'au moins 85 ans. Le taux standardisé sur l'âge de mortalité est plus élevé chez les hommes que chez les femmes (127,7 vs 82,8).
Entre 2000 et 2013, le taux standardisé de mortalité diminue de 36% quel que soit le sexe mais la mortalité hospitalière reste élevée (7,8% en 2012).
En France la prévalence de l'insuffisance cardiaque est estimée à 2,3% de la population adulte.

 

La maladie veineuse thromboembolique (MVTE)

En 2014, 128 237 personnes ont été hospitalisées pour une MVTE dont 53% sont des femmes et près de 35% avaient moins de 65 ans. Le taux standardisé de personnes hospitalisées est de 198,6 pour 100 000 pour la MTVE et de 93,5 pour 100 000 pour l'embolie pulmonaire (forme la plus grave de MVTE).
Ce taux est supérieur chez les hommes par rapport aux femmes. Les femmes enceintes et en post-partum ont 4 fois plus de risque de MVTE que les femmes non enceintes du même âge.
Entre 2002 et 2014, le taux standardisé de personnes hospitalisées pour embolie pulmonaire est resté stable avec une diminution de l'ordre de 10% chez les 65 ans et plus et une augmentation chez les moins de 65 ans (surtout chez les hommes : +48%).
En 2013, le nombre de décès liés à une MVTE est de 15 501 majoritairement chez des sujets âgés de 65 ans et plus (84%) et des femmes (56%). Le taux de mortalité augmente avec l'âge (351 / 100 000 chez les 85 ans ou plus). Le taux de mortalité standardisé sur l'âge est plus élevé chez les hommes (26,3) que chez les femmes (20,7).
Entre 2000 et 2013, le taux standardisé de mortalité liée à l'embolie pulmonaire diminue de 36%.
Cette diminution est moins marquée chez les moins de 65 ans (-19%) que chez les 65 ans et plus (- 39%).

 

Les facteurs de risque cardiovasculaire

  • Hypertension artérielle : en 2014 la prévalence des personnes traitées par médicament antihypertenseur en France est de 18,6% soit 12,2 millions de patients. Cette prévalence augmente avec l'âge : de 3,1% chez les 25-44 ans à 58,9% chez les 65-84 ans et 75,7% au-delà de 85 ans.
  • Hypercholestérolémie : en 2014, la prévalence des personnes traitées par médicament hypolipémiant est de 11,3% soit plus de 7,4 millions de patients. Après standardisation sur l'âge, cette prévalence est supérieure chez les hommes (13,6%) par rapport aux femmes (10%).
  • Diabète : la prévalence du diabète traité pharmacologiquement a augmenté. Elle est passée de 4,4% en 2010 à 4,7% en 2013, soit environ 3 millions de personnes. Entre 2011 et 2013, le taux de prévalence du diabète gestationnel a augmenté, passant de 6,4% à 8,6%.
    En 2013 plus de 17 000 diabétiques ont été hospitalisés pour un AVC, plus de 11 700 pour un infarctus du myocarde, plus de 7 700 pour une amputation d'un membre inférieur et plus de 20 000 pour une plaie du pied.
    Le taux d'incidence de l'insuffisance rénale chronique est de 142 / 100 000.
    Entre 2007 et 2012, la surmortalité des diabétiques par rapport à la population générale est de 34% chez les hommes et de 51% chez les femmes.
  • Surpoids et obésité : actuellement la moitié des adultes est en surpoids ou obèse et un adulte sur six est obèse. En 2014-2015, 18,1% des élèves scolarisés en CM2 sont en surpoids et 3,6% sont obèses. En 2012-2013, 11,9% des élèves de maternelle sont en surpoids et 3,5% obèses.
  • Nutrition et sédentarité : entre six et huit adultes sur dix pratiquent au moins l'équivalent de 30 minutes de marche rapide par jour au moins cinq fois par semaine. En 2014, un tiers des personnes déclare pratiquer une activité physique régulière au moins cinq fois par semaine.
    52,3% déclarent la pratique habituelle d'une activité sportive (au moins un jour pendant au moins 10 minutes). La majorité de la population (adultes et enfants) passe plus de 3 heures par jour devant un écran (télévision ou ordinateur), en dehors des temps de travail ou scolaire.
    Seulement 40% de la population a une consommation en fruits et légumes conforme aux recommandations du Programme national nutrition santé (PNNS). Seule la moitié des enfants consomme chaque jour des fruits et des légumes.
  • Alcool : en 2014, en moyenne chaque français de 15 ans ou plus boit 2,6 verres standards (chaque verre contenant 10 grammes d'alcool pur) par jour. Chez les adultes 19% consomment régulièrement de l'alcool et 10% tous les jours.
    Entre 2010 et 2014, le pourcentage de personnes ayant des comportements d'alcoolisation ponctuelle importante (au moins six verres en une même occasion) est passé de 36 à 38% chez les 18-75 ans et de 52 à 57% parmi les 18-25 ans.
    49 000 décès sont attribuables chaque année à la consommation d'alcool.
  • Tabac : en 2014, 32,9% des hommes et 24,6% des femmes de 18 à 75 ans déclarent fumer quotidiennement soit une prévalence globale de 28,6% (et de 34,3% pour les fumeurs actuels). L'usage quotidien du tabac chez les jeunes de 17 ans est de 32,4%. 
    27,5% de la population française âgée de 18 à 75 ans déclarent que quelqu'un fume à domicile. Quant à la cigarette électronique, 24,9% déclarent l'avoir essayé, 6% l'utilisent actuellement et 3% quotidiennement.
    Le tabac est la première cause de décès prématurée évitable, il est responsable de plus de 75 000 décès par an.
  • Drogues illicites : le cannabis est consommée dans l'année par 4,6 millions de personnes dont 1,4 millions au moins 10 fois dans le mois. La cocaïne touche 450 000 personnes par an, l'ecstasy 400 000.
    En 2014, l'usage régulier de cannabis à 17 ans concerne 9,2% des jeunes (12,5% chez les garçons et 5,8% chez les filles). L'expérimentation d'au moins une autre substance illicite à 17 ans concerne 8,8% des jeunes. 147 000 personnes bénéficient d'un remboursement pour un médicament de substitution aux opiacés.

 

Que retenir de tous ces chiffres ? Que le poids des maladies cardiovasculaires en terme de santé publique est majeur, que les progrès en terme de prise en charge tant en prévention qu'en thérapeutique sont tout aussi majeurs.
Mais aussi qu'il ne faut surtout pas baisser la garde. Les résultats spectaculaires sur la réduction de la mortalité ne doivent pas cacher une réalité très inquiétante avec l'augmentation des taux d'hospitalisation pour maladie coronaire et pour AVC chez les moins de 65 ans et en particulier chez les femmes.
C’est la conséquence d'une augmentation des comportements à risque : tabagisme, surpoids et obésité, sédentarité et diabète.

Prévenir vaut mieux que guérir reste toujours et encore d'actualité !


 

Pour en savoir plus :

Santé publique France, Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees). L'état de santé de la population en France. Rapport 2017



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Gallois

  • Hervé Gallois, cardiologue

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